Existe-t-il une stratégie ou une politique concernant la participation des enfants et des jeunes dans votre pays ?

Le Comité des droits de l’enfant des Nations Unies a défini les neuf principes de processus propices à la participation effective et significative des enfants. Ces processus doivent être5:

Transparents et instructifs – Les enfants doivent recevoir des informations accessibles et adaptées à leur âge sur leur droit de participer. Ces informations devraient leur expliquer comment ils pourront participer, pourquoi la possibilité leur est donnée de participer, dans quelle mesure ils pourront participer et quel pourrait être l’impact de leur participation.

Volontaires – Les enfants ont le droit de ne pas exercer leur droit à la participation. Les enfants doivent pouvoir décider s’ils souhaitent participer ou non et être informés de leur droit de se retirer à tout moment des activités auxquelles ils prennent part. Les enfants ne devraient jamais être amenés à exprimer une opinion contre leur gré.

Respectueux – Les enfants doivent être traités avec respect et avoir la possibilité d’exprimer librement leurs opinions et de donner de nouvelles idées. Le personnel encadrant doit aussi respecter et chercher à connaître le contexte familial, scolaire et culturel dans lequel vivent les enfants.

Pertinents – La participation doit s’appuyer sur les propres connaissances des enfants et porter sur des questions qui concernent leur vie et leur environnement local. Un espace doit en outre être créé pour permettre aux enfants de cerner et de traiter les problèmes qu’ils jugent eux-mêmes pertinents et importants.

Adaptés aux enfants – Des processus adaptés aux enfants devraient être utilisés de sorte que les enfants soient bien préparés à leur participation et soient en mesure de contribuer constructivement aux activités. Il faut tenir compte du degré de soutien variable dont ont besoin les enfants ; les modalités de leur participation devraient être conçues ou adaptées en fonction de l’âge et des capacités des enfants.

Inclusifs – La participation des enfants doit inclure les enfants vulnérables et aller à l’encontre des schémas discriminatoires existants. Il faut déployer des efforts particuliers pour permettre la participation des enfants et des jeunes moins favorisés, y compris ceux qui sont vulnérables ou qui ont des besoins spécifiques. Le personnel encadrant doit être sensible à la culture de tous les jeunes participants.

Appuyés par la formation – Les professionnels doivent avoir les connaissances et les compétences nécessaires pour favoriser une participation efficace des enfants. À cette fin, une formation et une préparation préalables, voire, le cas échéant, un soutien pendant les activités, peuvent s’avérer nécessaires. Les enfants peuvent concourir eux-mêmes en qualité de formateurs ou de facilitateurs à sensibiliser à la manière de promouvoir une participation efficace.

Sûrs et tenant compte des risques – Les adultes qui travaillent avec des enfants ont l’obligation de veiller sur ces derniers. Les membres du personnel doivent prendre toutes les précautions nécessaires pour réduire au minimum le risque qu’un enfant soit exposé, du fait de sa participation, à des abus, à l’exploitation ou à toute autre conséquence négative. Les enfants doivent avoir connaissance de leurdroit d’être protégés contre tout préjudice et savoir où s’adresser pour obtenir de l’aide, si nécessaire.

Responsables – À l’issue de leur participation, les enfants doivent recevoir des informations en retour concernant : la manière dont leurs opinions ont été interprétées et utilisées, l’influence qu’ils ont eue sur les résultats. Les enfants devraient, selon qu’il convient, avoir la possibilité de participer aux processus ou activités de suivi.

Possibilités de participation

Il existe de nombreuses possibilités pour les enfants de participer à la prise de décision, individuellement ou en groupe, depuis leur famille jusqu’aux décisions politiques locales ou nationales. On observe dans toute l’Europe des exemples très probants de la participation des enfants. 

La famille : La participation des enfants doit commencer à la maison, dès le plus jeune âge, les enfants jouant un rôle dans les décisions familiales. Cette participation peut servir d’exemple et contribuer au développement psychosocial de l’enfant, à l’amélioration des relations familiales et même à la
prévention de toutes les formes de violence. 

L’école : L’école peut donner l’exemple d’une participation effective. Élaborer ensemble le règlement de l’école ou confier aux enfants le soin de décorer et de ranger les salles de classe peuvent être des premières étapes en vue de les aider à s’identifier à leur environnement scolaire. Mais les conseils
d’élèves et les parlements d’enfants ne sont des bons exercices de participation que si les enfants y ont la possibilité de prendre véritablement des décisions. Les enfants peuvent aussi intervenir dans la gestion des problèmes rencontrés à l’école, comme le harcèlement, l’exclusion et d’autres formes de violence entre pairs. Les initiatives des enfants, comme la production du journal de l’école en ligne, l’organisation d’un club, d’un festival ou d’une campagne, sont des contributions importantes à la vie démocratique de l’école6.
Les loisirs : Les programmes extrascolaires peuvent être l’occasion d’expériences qui confirment aux enfants que participer peut véritablement faire la différence. Les clubs ou les associations, les ONG dirigées par des enfants et des jeunes, les programmes de rue, les festivals et les campagnes peuvent offrir diverses possibilités de pratiquer la démocratie. Ces activités viennent généralement compléter les activités scolaires.

Les activités en ligne : L’internet offre aux enfants et aux jeunes une multitude de possibilités de participer à des débats politiques, à des enquêtes, à des campagnes et à des organisations, ou simplement de s’entraîner à faire valoir leur propre point de vue. La combinaison d’activités en ligne et hors ligne peut fournir des expériences d’apprentissage précieuses, comme la campagne #Fridays-ForFuture qui a mobilisé des millions d’enfants dans le monde entier pour manifester dans la rue et mener d’autres projets de sensibilisation à la crise climatique.

La participation à l’échelle de la communauté : Un large éventail de bonnes pratiques est disponible en ce qui concerne la participation des enfants à leur communauté, y compris les conseils locaux ou municipaux d’enfants et de jeunes ayant un statut consultatif dans la gouvernance locale. Le Conseil de l’Europe a établi que la participation des jeunes à la vie locale et régionale doit s’inscrire dans une politique globale de participation des citoyens à la vie publique. La Charte européenne révisée de la participation des jeunes à la vie locale et régionale7 contient des idées et des instruments concrets pouvant être utilisés par les jeunes et les autorités locales. 

La participation au niveau national : La mise en place d’organes consultatifs pour les enfants et les jeunes au niveau des États fédérés ou au niveau national, tels que des conseils, des parlements ou des forums d’enfants et de jeunes, est également répandue en Europe, bien que sous des formes très diverses en termes de mandat et de structure. Le droit des enfants de participer aux décisions qui les intéressent doit figurer dans la législation nationale, qui peut être soutenue au moyen d’une politique nationale visant à promouvoir la participation des enfants. 

La participation au niveau international : Les organisations internationales, y compris le Conseil de l’Europe et les Nations Unies, reconnaissent l’importance d’impliquer les enfants dans leurs travaux à chaque fois que ceux-ci sont pertinents pour ces derniers. De plus en plus d’opportunités sont créées pour que les enfants participent à l’établissement de normes ainsi qu’au suivi des conventions internationales relatives aux droits humains. Le Conseil de l’Europe a appelé les États membres à « aider les enfants et les jeunes et leurs organisations à participer au suivi de [...] la mise en œuvre des instruments pertinents du Conseil de l’Europe et d’autres normes internationales relatives aux droits des enfants »8. Le Conseil de l’Europe a une grande expérience de l’implication des enfants dans l’élaboration de normes, récemment dans la rédaction de la version adaptée aux enfants de la Recommandation sur les Lignes directrices relatives au respect, à la protection et à la réalisation des droits de l’enfant dans l’environnement numérique. Des consultations ont été menées dans huit États membres, avec la participation de plus de 200 enfants qui ont donné un excellent retour sur le processus9.

Le Comité de Lanzarote, chargé de superviser la mise en œuvre de la Convention de Lanzarote, a été le premier organe de suivi du Conseil de l’Europe à consulter des enfants.10

Avez-vous connaissance de bonnes pratiques de participation des enfants dans votre école ou organisation, au niveau communautaire, régional, national ou international ?

 

5 UN Committee on the Rights of the Child, General Comment No. 12.

6 Dürr, Karlheinz, The School: A democratic learning Programme Education for Democratic Citizenship DGIV/EDU/CIT (2003) 23final, Council of Europe, 2004.

7 Recommandation 128 (2003)3 sur Avez-vous connaissance de bonnes pratiques de participation des enfants dans votre école ou organisation, au niveau communautaire, régional, national ou international 

8 Recommandation (2012)2 du Comité des Ministres sur la participation des enfants et des jeunes de moins de 18 ans

9 Ce monde est le nôtre : l'avis des enfants sur la protection de leurs droits dans l'environnement numérique

10 Lignes directrices sur la mise en œuvre de la participation des enfants dans le 2e cycle de suivi thématique de la Convention de Lanzarote, sur « La protection des enfants contre l’exploitation et les abus sexuels facilités par les technologies de l’information et de la communication (TIC) »

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