Chaque animateur doit avoir à sa disposition une réserve de techniques et de brèves activités à des fins spécifiques. Celles-ci sont souvent utiles pour motiver le groupe, faire participer les enfants, mobiliser leur attention, faire retomber les tensions ou venir à bout des résistances, gagner leur confiance et susciter leur intérêt, briser la glace ou encore tout simplement les amuser !
Voici une sélection des activités les plus appréciées et les plus efficaces. Sans oublier qu’internet est une mine de trésors !
Jeux pour briser la glace / Exercices d’échauffement et de mise en route
Pour démarrer avec un groupe et développer la solidarité entre ses membres.
Nature morte du groupe : Demandez aux enfants de ramener de chez eux un objet qui a une signification spéciale pour eux. Chaque enfant présente son objet et l’ajoute à l’exposition réalisée par le groupe.
Moi aussi ! : Expliquez aux enfants qu’ils doivent identifier ceux avec qui ils partagent certaines caractéristiques. Puis appelez certaines catégories : par exemple, mois de naissance, nombre de frères et soeurs, mode d’attache des chaussures. Lorsque les circonstances s’y prêtent, choisissez des catégories plus « sensibles » (ex. : religion, langue, couleur de peau).
Les chaises musicales : Disposez les chaises en un cercle étroit et demandez aux enfants de s’y asseoir. Tenez-vous au milieu et expliquez que vous allez donner votre nom et faire une déclaration vous concernant. À ce moment-là, les participants pour qui cette affirmation est également vraie devront changer de place (ex. : « Je m’appelle X et je suis gaucher », « Je m’appelle X et j’ai un chat » ou « Je m’appelle X et je n’aime pas manger »). À ce moment-là, vous devez tenter d’aller occuper une chaise. Le participant resté debout doit à son tour faire une déclaration le concernant. Poursuivez jusqu’à ce que tous les enfants aient pu se présenter.
Les portraits : Mettez les enfants deux par deux et donnez-leur une feuille de papier et un stylo. Expliquez-leur que chacun doit rapidement tracer le portrait de l’autre et lui poser quelques questions (ex. : nom, loisirs, fait surprenant) dont les réponses seront figurées sur le portrait. Donnez aux participants un temps très court pour cette tâche et encouragez chacun à dessiner et à écrire aussi grand que possible. Puis, demandez à chacun de montrer le portrait qu’il a dessiné et présentez l’« original » au groupe. Pour faciliter l’apprentissage des prénoms, suspendez les portraits de manière à ce que tout le monde puisse les voir.
Le travail en équipe : Répartissez les enfants en petites équipes et donnez-leur le temps de découvrir leurs points communs (ex. : culture, apparence, goût personnel, loisirs). Demandez à chaque équipe de se choisir un nom sur la base des caractéristiques communes à ses membres. Chaque équipe doit ensuite se présenter aux autres et expliquer l’origine de son nom.
Les jeux d’éveil (energisers)
Pour mobiliser ou canaliser l’énergie.
La chaîne : Demandez aux enfants de se tenir en cercle, les yeux fermés. Faites-les se déplacer, en attachant leurs mains les unes aux autres de manière à faire un noeud. Puis, demandez-leur d’ouvrir les yeux et de tenter de défaire le noeud sans se lâcher les mains.
Le feu d’artifice : Formez des petits groupes pour qu’ils miment, avec le son, différentes fusées de feu d’artifice. Certains sont des bombes qui sifflent et explosent, d’autres sont des pétards qu’ils imitent par des battements de mains, d’autres encore sont des soleils qui tournoient. Demandez à chaque groupe de s’entraîner séparément, puis à l’ensemble du groupe de présenter un grand feu d’artifice.
Assis ! : Invitez les enfants à se tenir debout en cercle, orteils contre orteils. Puis demandez-leur de s’asseoir sans perdre le contact de leurs orteils. Si leur culture s’y prête, vous pouvez aussi leur demander de se tenir les uns derrière les autres et de poser leurs mains sur les épaules du participant devant eux. Ainsi, lorsqu’il s’assoit, chacun s’assoit sur les genoux de l’enfant derrière lui. Bien sûr, aucune version de cet exercice ne se prête à des groupes avec des enfants handicapés.
La forêt tropicale : Tenez-vous au milieu du cercle des enfants et demandez-leur de mimer, au moyen de gestes et de sons, la vie de la forêt (oiseaux, insectes, bruissement des feuilles, vent dans les arbres, cris d’animaux, etc.) en claquant des doigts, en se frappant les côtes, en tapant dans leurs
mains et en imitant le cris des animaux. Cela devrait ressembler à une forêt tropicale.
Le calendrier silencieux : Demandez aux enfants de se mettre en rang dans l’ordre de leurs jours et mois de naissance, sans prononcer le moindre mot. Vous pouvez faire cet exercice avec les pointures de chaussure, le nombre d’heures hebdomadaires passées devant la télévision, ou toute autre caractéristique intéressante.
La tempête : Attribuez à des petits groupes d’enfants différents sons et gestes (ex. : le vent, la pluie, les éclairs, le tonnerre). Puis racontez la tempête, qui démarre doucement et s’amplifie, en guidant les sons à la manière d’un chef d’orchestre (ex. : « Puis les éclairs brillent ! Le tonnerre rugit ! ») jusqu’à ce que le calme revienne.
Les trois tours : Demandez aux enfants de former un cercle et de choisir en silence un autre enfant. Ensuite, ils devront faire trois tours en courant autour de l’enfant de leur choix. Le désordre sera total, mais la situation sera très drôle : chacun tournera autour de quelqu’un, tandis que quelqu’un lui tournera autour.
Aux canots de sauvetage ! : Pour commencer, faites la démonstration d’un canot de sauvetage : deux personnes se prennent par les mains en formant un cercle au milieu duquel se tiennent les passagers. Puis expliquez-leur qu’ils vont partir en voyage : « Au début, la mer est calme et les passagers sont heureux du voyage. Puis, soudain, le navire heurte un rocher. Tout le monde doit embarquer sur un canot de sauvetage en groupe de trois (ou un par un, ou par quatre, etc.). » Les enfants se bousculent pour former les canots de sauvetage et embarquer le nombre approprié de passagers. Souvent, il y a des « noyades ». Demandez ensuite aux enfants de remonter sur le navire et de recommencer l’histoire : « Maintenant, le navire continue sa route tranquillement mais,
soudain, une tornade se lève. Le bateau coule ». Les enfants doivent monter dans les canots de sauvetage en groupe de deux. Poursuivez l’histoire en mettant en scène d’autres « naufrages ».
Activités d’évaluation et de réflexion
Pour clôturer une journée ou une session.
Lancement de la balle : Les enfants s’envoient une balle. Celui qui l’attrape doit dire ce qu’il a appris de l’activité ou ce qu’il pourra mettre en pratique.
• Résumé collectif : Posez une question de synthèse, comme « Que retiendrez-vous en particulier de l’activité ? » ou formulez une proposition ouverte : « Réfléchissez à une phase ou un mot qui résume ce que vous ressentez en cette fin de journée » ou « Je me demande encore si… ». Invitez les enfants à répondre chacun à leur tour.
Tableau d’affichage collectif : Chaque enfant, à tour de rôle, ajoute un mot ou une image au tableau et explique en quoi cela représente quelque chose d’important appris ou ressenti à l’occasion de l’activité.
Lâcher la colombe de la paix : L’animateur fait semblant de tenir une chose précieuse (un oiseau, par exemple ) qu’il fait passer de main en main. Chaque enfant doit dire quelques mots à cette chose. Une fois que tous se sont exprimés, ils forment un groupe serré et, ensemble, procèdent à un lâcher symbolique.
La gestion des conflits
Pour gérer les conflits qui peuvent surgir au sein du groupe ou chez les enfants, individuellement.
Il est inévitable que des sentiments et des valeurs entrent en conflit lorsque l’on aborde des questions comme les droits humains, et plus encore lorsque l’on s’engage dans des activités non formelles comme celles proposées par Repères Juniors – qui, à dessein, touchent au coeur et à l’esprit des enfants. Ces conflits peuvent surgir entre les enfants, mais également chez l’un ou l’autre d’entre eux, individuellement. Cela étant, aucun conflit n’est forcément négatif et, grâce aux compétences de l’animateur, il peut même devenir une expérience constructive. La gestion des conflits est en effet une des compétences pour la vie qu’il est important que les enfants acquièrent. Elle est de plus essentielle au développement d’une culture des droits humains dans le monde qui les entoure. Suivent quelques suggestions :
Anticipez le conflit. Lorsque vous préparez une activité, réfléchissez aux conflits qu’elle pourrait générer au sein du groupe ou chez les enfants, individuellement. Le thème, les règles ou la terminologie risquent-ils de mettre dans l’embarras le groupe ou certains enfants ?
Ne provoquez pas les conflits, mais ne restez pas non plus à l’écart lorsqu’ils se produisent.
Ne partez pas du principe que la responsabilité du conflit incombe à vous ou à quelqu’un d’autre. Les conflits sont une chose normale et inévitable au sein de n’importe quel groupe. Aidez les enfants à accepter le conflit et évitez d’en faire porter la responsabilité à quelqu’un en particulier. Concentrez-vous sur la gestion du conflit et pas sur la recherche du coupable.
N’ignorez pas les sentiments négatifs au sein du groupe. Reconnaissez leur existence et aidez les enfants à en parler.
Prenez tout le temps nécessaire au compte rendu et aux débats après chaque activité, pour que les enfants puissent exprimer ce qu’ils ressentent, tant au sujet de l’activité que des uns et des autres. C’est peut-être pour vous l’occasion idéale de modéliser la gestion des conflits.
Parlez aux enfants individuellement. Souvent, les sentiments d’un enfant sont trop personnels ou douloureux pour être évoqués au sein du groupe. Le cas échéant, créez l’opportunité de parler en privé à l’enfant des causes de son désarroi. Faites-lui savoir que vous êtes prêt à l’écouter dès qu’il le souhaitera.