Traite des êtres humains, travail forcé et esclavage

La Convention européenne sur la lutte contre la traite des êtres humains définit l’« enfant victime de la traite » comme toute personne âgée de moins de 18 ans qui est recrutée, transportée, transférée, hébergée ou accueillie (avec ou sans franchissement de frontière) aux fins d’exploitation. Dans certains cas, les enfants sont attirés par des promesses de scolarisation et de voyage ; dans d’autres, leurs familles pauvres les livrent contre une récompense en espèces. La majorité des victimes sont des filles qui font l’objet d’un trafic aux fins d’exploitation sexuelle, y compris la production de matériel pédopornographique, mais cette forme de trafic touche également les garçons. Les enfants peuvent aussi être soumis à la traite aux fins de travail forcé, de servitude domestique, de mendicité forcée et d’activités criminelles forcées.
La Convention européenne des droits de l’homme interdit l’esclavage, la servitude et le travail forcé ou obligatoire (article 4). La servitude est une forme aggravée de travail obligatoire, lorsque la personne est contrainte d’effectuer un travail qu’elle n’a pas offert volontairement.
Groupes d’enfants vulnérables
Si la violence contre les enfants concerne tous les groupes d’âge et toutes les classes économiques, certains enfants sont néanmoins particulièrement vulnérables, et notamment :
- Les enfants vivant et travaillant dans la rue : Les enfants qui vivent et travaillent dans les rues sont particulièrement vulnérables à la traite et à l’exploitation. On trouve encore des enfants des rues dans les grandes villes d’Europe, et leur nombre tend même à augmenter en raison du chômage, de la pauvreté et des migrations.
- Les enfants handicapés : Bien que les enfants handicapés soient souvent la cible d’abus, y compris de violences physiques et sexuelles, les services de protection de l’enfance ne parviennent pas toujours à répondre correctement à leurs besoins.
- Les enfants placés en institution résidentielle ou de type fermé : Les enfants placés sont particulièrement vulnérables à la violence pendant leur placement. Cette vulnérabilité persiste même après que les jeunes ont quitté l’institution.
- Les enfants migrants : Les enfants migrants et demandeurs d’asile, notamment ceux qui voyagent seuls, sont aussi particulièrement vulnérables aux abus sexuels, à la traite et à l’exploitation.
- Les enfants homosexuels, bisexuels, transgenres ou intersexués : Les brimades ou le cyberharcèlement motivés par l’orientation sexuelle, l’identité/l’expression de genre ou les caractéristiques sexuelles perçues de la victime peuvent être particulièrement blessantes en raison de leur caractère répété, et sont très répandues.
Que peut-on faire ?
• Surveiller les enfants avec lesquels on travaille et signaler tout cas éventuel de violence.
• Suivre les programmes destinés à protéger les enfants de la violence et faire pression sur les autorités pour améliorer la législation en matière de protection.
• Soutenir les familles par des programmes d’éducation parentale.
• Briser le silence ; parler de la violence dont on est victime ou témoin.
• Remettre en question l’acceptation sociale de certaines formes de violence.
• Sensibiliser à la violence contre les enfants.
• Apprendre à reconnaître les signes de violence.
• Mobiliser l’école et la communauté contre les brimades.
• Apprendre aux enfants à se protéger et à signaler les abus.
• Apprendre aux enfants à gérer les conflits de manière non violente.
• S’informer sur la manière de signaler le cyberharcèlement et les discours de haine en ligne.
• S’abstenir de recourir soi-même à la violence