Les Débats OHTE constituent un nouveau format de débat structuré conçu pour favoriser un dialogue rigoureux et intergénérationnel sur des questions essentielles à l’enseignement de l’histoire et à la vie démocratique. S’inspirant du style délibératif des débats d’Oxford, les Débats OHTE invitent des responsables politiques, des chercheurs et des étudiants des États membres du Conseil de l’Europe à se confronter à des motions exigeantes dans un échange respectueux et argumenté.

En confrontant des perspectives et des récits divergents, les Débats OHTE visent à briser les chambres d’écho, à stimuler la pensée critique et à contribuer de manière significative au nouveau Pacte démocratique du Conseil de l’Europe ainsi qu’à sa mission plus large de renouveau de la culture démocratique sur le continent.
 


 

L’équipe Pour (en faveur de la motion)

  • Albana BIKAJ, Master en histoire des pensées politiques et histoires intellectuelles, Université College London et Université Queen Mary de Londres
  • Ellie DOUSKA, Doctorante en histoire contemporaine, Université Jean Moulin Lyon III – LARHRA Lyon
  • Pietro MASSAINI, Doctorant en sciences politiques, Université de Rome La Sapienza et Université de Strasbourg

Cette équipe a soutenu que l’histoire, en tant que discipline aspirant à la vérité et à l’objectivité, est mise en danger lorsque des récits politisés déforment les faits à des fins de construction nationale ou idéologique. Ils ont souligné le risque que l’usage sélectif de l’histoire, en particulier dans les régimes autoritaires ou au service des mythes nationaux, puisse polariser les sociétés, justifier la violence et effacer des vérités essentielles, sapant ainsi la démocratie et la responsabilité civique. Ils ont cité des exemples concrets, comme la Russie stalinienne et les guerres balkaniques, pour illustrer les conséquences destructrices de la manipulation politique de l’histoire, affirmant finalement que l’intégrité historique doit être préservée pour protéger le bien-être et la liberté de la société.


L’équipe Contre (contre la motion)

  • Jonah BERGER, Doctorant en histoire, Institut universitaire européen de Florence
  • Anne DE MONTLAUR, Étudiante en master d’Histoire anglaise et américaine à l’ENS Paris-Saclay et en Politiques publiques à l’Université Paris-Panthéon-Assas
  • Andrii KARPENKO, Master en histoire, Université nationale Taras Shevchenko National de Kyiv, Ukraine

Cette équipe a soutenu que l’histoire, bien qu’elle puisse être facilement détournée, peut également servir d’instrument politique vital pour le bien. Ils ont présenté l’unification de l’Ukraine et le mouvement des droits civiques aux États-Unis comme des exemples où les récits historiques ont contribué à forger une identité collective, inspirer la résistance à l’oppression et légitimer les revendications des groupes marginalisés. Ils ont en outre affirmé que l’utilisation de l’histoire dans la gouvernance peut éclairer des actions juridiques et politiques justes, et que l’exclure du discours politique risque de faire taire des voix et des expériences importantes. En fin de compte, ils ont soutenu que l’histoire, lorsqu’elle est utilisée de manière responsable, peut favoriser l’unité, la responsabilité et le progrès au sein de sociétés confrontées à des passés difficiles.