6ème Conférence annuelle de 
l'Observatoire de l'enseignement de l'histoire en Europe (OHTE)

Histoire manipulée, démocratie en danger

8-9 octobre 2026, Strasbourg & en ligne

 

Une information fiable est essentielle au bon fonctionnement des sociétés démocratiques : elle permet aux citoyens d’accéder aux connaissances, de les évaluer et de les mobiliser pour participer à la vie publique. Pourtant, la manipulation délibérée de l’information, y compris des événements et des figures historiques, est devenue une menace de plus en plus visible. Les campagnes de désinformation, la propagande, les usages sélectifs du passé et les contenus trompeurs générés par l’intelligence artificielle déforment la compréhension du public et fragilisent profondément la culture démocratique et souvent de manière imprévisible.

Le renforcement de l’éducation aux médias et à la citoyenneté démocratique est dès lors indispensable pour contrer les usages abusifs de l’histoire dans l’espace public. Ainsi, lorsque l’éducation  vise à développer les compétences nécessaires à une culture démocratique, elle peut jouer un rôle central dans le soutien à l’engagement citoyen et à la résilience démocratique. Lorsqu’elle est dispensée conformément aux standards du Conseil de l’Europe, l’éducation en général, et l’enseignement de l’histoire en particulier, favorise l’esprit critique, l’inclusion et le dialogue entre les clivages politiques, générationnels, culturels et numériques.

Dans le prolongement du Nouveau Pacte démocratique pour l’Europe du Conseil de l’Europe, la Conférence annuelle de l’OHTE de cette année, intitulée « Histoire manipulée, démocratie en danger », se concentre sur la manière dont un enseignement de qualité de l’histoire peut contribuer à prévenir les reculs démocratiques en offrant aux élèves les outils nécessaires pour contextualiser les événements du passé. Les récentes élections en Europe ont montré à quelle vitesse l’opinion publique peut être influencée par des représentations biaisées d’événements historiques, des récits simplifiés et des messages fondés sur l’émotion. La Conférence examinera également comment ces pratiques sapent la confiance, déforment le débat politique et affaiblissent les institutions démocratiques, ainsi que les raisons pour lesquelles une action renouvelée est aujourd’hui urgente afin de garantir que l’histoire demeure une source de compréhension, plutôt que de manipulation.

Traiter de la manipulation de l’histoire nécessite dès lors des compétences spécifiques, des outils pratiques, des règles communes  et des espaces d’échange. À cette fin, la Conférence s’appuiera sur des formats éprouvés tels que les OHTE Talks et les Débats OHTE, enrichis d’une dimension intergénérationnelle, tout en introduisant de nouveaux ateliers mettant en valeur des initiatives innovantes conçues pour lutter contre la manipulation de l’histoire.

En réunissant décideurs publics, enseignants, chercheurs et jeunes, la Conférence annuelle de l’OHTE réaffirme que l’enseignement de l’histoire n’est pas une préoccupation secondaire, mais bien une garantie démocratique essentielle. « Histoire manipulée, démocratie en danger » met en lumière les risques auxquels les sociétés sont confrontées lorsque les connaissances historiques sont instrumentalisées ou dévalorisées. Veiller à ce que les citoyens disposent de la capacité d’interpréter le passé de manière critique est indispensable pour comprendre les enjeux contemporains et construire un avenir démocratique fondé sur l’exactitude, le pluralisme et le respect de la dignité humaine.

Kliment Vorochilov, Viatcheslav Molotov, Staline et Nikolaï Iejov au bord du canal de Moscou ou du canal Volga-Don, Russie, 1937, auteur inconnu, domaine public. Exemple historique de manipulation d’image : Nikolaï Iejov (chef de la police politique chargé de mener la répression et les purges à travers l’Union soviétique) a été condamné et exécuté sur ordre de Staline en 1940. Son image a ensuite été supprimée de toutes les photographies.
Neues Volk 1943 / Kalender des Rassenpolitischen Amtes der NSDAP - L’illustration représente la « race aryenne » telle qu’idéalisée dans la doctrine raciale national-socialiste, 1943, Rijksmuseum, domaine public.