Retour L’Observatoire à l’honneur dans le dernier numéro de la revue L’Histoire

Un an après l’assassinat de Samuel Paty, en hommage au professeur d’histoire qu’il était, le mensuel français L’Histoire signe un numéro spécial en octobre mettant à l’honneur la figure du professeur d’histoire. Une enquête passionnante intitulée « Être prof en 2021 » permet au lecteur de se plonger dans la réalité du métier aujourd’hui et des enjeux auxquels est confronté l’enseignement de l’histoire.
L’Observatoire à l’honneur dans le dernier numéro de la revue L’Histoire

La tragédie récente nous rappelle que l’enseignement de l’histoire concentre toujours de nombreuses crispations et que cela n’est pas sans danger. L'histoire est le reflet de notre passé commun, et l'enseignement de l'histoire peut aider l'Europe à œuvrer à la construction d'une société plus ouverte et inclusive, où toutes nos histoires sont entendues de manière égale. Cette volonté d’accès à l’information, de partage des connaissances, de compréhension d’autrui, et de préservation de la paix a permis la création de l’Observatoire de l’enseignement de l’histoire en Europe. Inspiré du « Rapport Lamassoure » de 2019, largement repris par l’enquête de Cécile Leyrat, agrégée d’histoire, dans le dernier numéro de L’Histoire, l’Observatoire s'appuie sur les travaux menés depuis des décennies par le Conseil de l'Europe dans le domaine de l'enseignement de l'histoire, en offrant un nouvel éclairage sur la manière dont l'histoire est enseignée dans les pays membres. Alors que nous en apprenons davantage sur l'histoire grâce à la recherche universitaire, l’Observatoire souhaite également évaluer la manière dont ces informations sont transmises aux futures générations et comment cet apprentissage améliore la compréhension de la démocratie par les jeunes.

Aujourd’hui Président du Comité de direction de l’Observatoire de l’enseignement de l’histoire en Europe, Alain Lamassoure, interrogé par L’Histoire revient sur la genèse du projet :

« l’enquête que j’ai coordonnée il y a deux ans m’a conforté dans l’idée que la montée des nationalismes s’expliquaient en partie par les défaillances de l’histoire scolaire : baisse des horaires consacrées à la discipline, place insignifiante accordée à l’histoire de la construction européenne, retour en force des récits nationaux, absence de concertation entre Etats. »

Piero Colla est historien, professeur de sociologie politique à l’Université de Strasbourg et membre du Conseil scientifique consultatif de l’Observatoire. Dans le dossier préparé par L’Histoire, il dresse un tableau des différents enseignements historiques en Europe. Il relève que chaque pays fonctionne très différemment, autant sur le fond que sur la forme, par exemple en Italie, où « dans les lycées, l’histoire est généralement enseignée par les professeurs de philosophies ou de lettres (...) », là où la France dispose d’enseignants spécialisés et où l’Allemagne forme des enseignants bivalents en histoire et dans une autre discipline. Les méthodes, distinguées par Alain Lamassoure dans son rapport de 2019, sont tantôt factuelles, tantôt orientées vers l’acquisition de compétences transversales, « qu’elles soient scientifiques ou éthiques ».

L’auteure se pose donc légitimement la question de l’avenir de l’enseignement de l’histoire, à l’échelle nationale et européenne. Certains observateurs constatent un enseignement en « crise », où des visions s’opposent et où les débats seraient insurmontables. A ce titre, très loin de la volonté d’unifier les programmes d’enseignements historiques, l’Observatoire de l’enseignement de l’histoire en Europe se pose plutôt comme un médiateur, un facilitateur d’échanges entre les Etats. Cécile Leyrat conclut :

« […], sans prétendre trancher la question, on se contentera ici d’insister sur la dimension européenne de ces débats. »

Strasbourg 5 Octobre 2021
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