(Lignes directrices) : adoptées par le Conseil mixte pour la jeunesse à sa 36e réunion – mars 2017 (Lignes directrices) : adoptées par le Conseil mixte pour la jeunesse à sa 36e réunion – mars 2017

"Les questions de genre" sur le site web REPERES
Lignes directrices ( anglais)

Introduction                                                          

L’objectif de ces lignes directrices est d’aider les organisateurs et les équipes pédagogiques des activités interculturelles de jeunesse du Conseil de l’Europe et de ses partenaires à assurer l’égalité de genre dans toutes les phases d’une activité ou d’un projet.

Ces lignes directrices sont le résultat du séminaire consacré aux questions d’égalité de genre, « Gender Equality Matters » (2016, CEJ de Strasbourg), et de la poursuite de la consultation et du travail avec les parties prenantes du secteur jeunesse. Elles sont l’expression de l’engagement du Conseil de l’Europe et de son secteur jeunesse à promouvoir l’égalité des genres.

Les lignes directrices doivent être appliquées par le personnel et les équipes pédagogiques impliqués dans les activités interculturelles de jeunesse organisées dans les Centres européens de la jeunesse et dans les États membres, et promues par les bénéficiaires du Fonds européen pour la jeunesse. Elles doivent être utilisées conjointement avec d’autres documents (par exemple, les normes de qualité pour les activités éducatives organisées dans les Centres européens de la jeunesse du Conseil de l’Europe) et devraient être révisées régulièrement.

 

Les lignes directrices couvrent les aspects suivants :
  • une approche fondée sur les droits de l’homme ;
  • une participation équilibrée du point de vue du genre aux activités de jeunesse et des mesures visant à assurer la participation des jeunes parents ;
  • la question de la langue employée et de la représentation dans le matériel lié aux activités éducatives ;
  • des approches éducatives sensibles au genre ;
  • des environnements sûrs et des préoccupations pratiques : hébergement, installations de travail, accès aux toilettes, etc.

Une approche du travail de jeunesse et de l’apprentissage non formel fondée sur les droits de l’homme

Le travail de jeunesse et l’apprentissage non formel tels que pratiqués et promus par le Conseil de l’Europe sont basés sur les valeurs et principes des droits de l’homme. La dignité humaine de chaque personne participant aux activités doit être respectée en toute circonstance. Les droits de l’homme offrent un cadre dans lequel les opinions, les croyances et les pratiques culturelles peuvent être discutées dans le respect des différences. Appliquer une approche fondée sur les droits de l’homme dans le travail de jeunesse et l’apprentissage non formel, c’est reconnaître que l’égalité des chances reste un objectif commun et que le travail de jeunesse devrait prendre en compte les inégalités et apporter un soutien pour combler les lacunes.

Les droits de l’homme universels fournissent également des cadres éthiques et normatifs pour prévenir, combattre et surmonter toute forme de discrimination fondée sur le genre, l’orientation sexuelle ou l’identité de genre. La réalisation de l’égalité de genre n’est pas une question de « droits spéciaux », mais de promotion du droit de chacun à la liberté et à l’égalité dans la dignité.

Une participation équilibrée du point de vue du genre aux activités de jeunesse

L’équilibre du point de vue du genre dans les activités interculturelles de jeunesse devrait être pris en compte à tous les stades et devrait concerner :

  • a. une approche inclusive de la sélection des équipes organisationnelles et éducatives (où l’équilibre dans la participation de tous les genres devrait être encouragé) ;
  • b.approche inclusive du recrutement des participants, où l’égale participation des femmes et des hommes devrait être assurée, ainsi que des mesures d’inclusion en faveur des genres sous-représentés ;
  • c. approche inclusive du recrutement des participants, où l’égale participation des femmes et des hommes devrait être assurée, ainsi que des mesures d’inclusion en faveur des genres sous-représentés ;
    • sexe, avec l’inclusion de l’option « autre » pour ceux qui n’entrent pas dans les catégories « masculin »/« féminin » ;
      ou
    • le genre, avec un champ vide permettant aux participants de définir librement la manière dont ils s’identifient, plutôt que de proposer des options prédéfinies.

L’organisation/l’équipe devrait réfléchir à l’objectif que vise cette information dans le processus de sélection et la composition du groupe ;

  • d. poursuite des activités pour personnes de même sexe, car celles-ci peuvent encore servir à combler le fossé en matière d’égalité entre les genres. Ce type d’activités devraient être clairement promues en tant que telles ;
  • e. l’inclusion du texte suivant dans tous les appels à candidatures pour des activités menées par le Service de la jeunesse (recommandée aux partenaires du Service de la jeunesse lorsqu’ils recrutent leurs propres participants, par exemple lors de sessions d’étude) :

« Le Conseil de l’Europe (comme ses partenaires) encourage à se porter candidate toute personne correspondant au profil décrit ci-dessus, sans distinction de genre, de handicap, de situation maritale ou parentale, d’origine raciale, ethnique ou sociale, de couleur, de religion, de convictions ou d’orientation sexuelle. »

  • f.la suppression des mentions « Mme, M. », dans les lettres d’invitation et autres documents formels transmis aux participants.

Langue et représentation dans le matériel lié aux activités éducatives

La langue tend à reproduire les inégalités de genre par l’utilisation de formes généralement libellées au masculin. Toutes les formes de représentation visuelle utilisées dans les activités de travail jeunesse, en ligne et hors ligne, sont concernées, que ce soit les annonces dans les médias sociaux, les dépliants, les rapports ou les présentations pendant les activités :

  • a. lorsqu’il s’agit de groupes de personnes dont l’identité de genre est diverse ou inconnue, il convient d’utiliser des pronoms non genrés/sexués ou, selon la langue, des formules du type ils/elles. Cela devrait s’appliquer à toutes les communications, aux annonces de l’activité, aux rapports, aux discours de bienvenue, etc. ;

Si cela est assez facile en anglais, ce n’est peut-être pas le cas avec d’autres langues utilisées dans les activités du travail de jeunesse. Les langues sont cependant vivantes et en constante évolution, et il est important que les équipes impliquées dans des activités multilingues recherchent des solutions pour un langage non sexiste ;

  • b. Il est recommandé de consulter et d’appliquer les recommandations du Conseil de l’Europe relativement à l’emploi d’un langage non sexiste (Council of Europe instruction on the use of non-sexist language, en anglais) ;
  • c. dans le travail interculturel de jeunesse, les gens viennent d’horizons linguistiques différents et ces pratiques peuvent ne pas avoir de sens pour tout le monde (par exemple, certaines langues n’ont pas de pronoms sexués) ; il est donc important de prendre le temps d’expliquer le raisonnement qui sous-tend l’utilisation d’un langage non sexiste et sensible au genre ;
  • d. des efforts soutenus devraient être mis en œuvre pour assurer une représentation équilibrée et non stéréotypée de tous les genres, quel que soit le sujet de l’activité. Cela devrait également se refléter dans la communication et les accords contractuels avec les tiers responsables de la production de certains produits livrables (c.-à-d. les vidéographes) ;
  • e. toutes les directives ci-dessus s’appliquent à la communication verbale et écrite ainsi qu’aux images, illustrations, infographies, vidéos ou tout autre média qui peut véhiculer ou renforcer des stéréotypes ou des points de vue discriminatoires sur le genre.

Approches éducatives sensibles au genre

Comme indiqué dans les normes de qualité des activités éducatives du Service de la jeunesse, une approche intégrée de l’apprentissage interculturel, de la participation et de l’éducation aux droits de l’homme devrait être adoptée pour chaque activité et articulée en fonction de sa spécificité. Les équipes pédagogiques devraient être prêtes à respecter les droits de l’homme à tout moment, et les attitudes discriminatoires devraient être traitées même si le sujet de l’activité n’est pas lié au genre.

  • a. les formateurs et les organisateurs devraient être conscients de l’existence de la discrimination, de ses mécanismes et de son expression possible parmi les participants, ainsi que de la manière d’y faire face. Ils doivent constamment valoriser et prendre en compte les perspectives et les points de vue des groupes minoritaires ou sous-représentés, les besoins d’accès des participants et leur engagement en faveur de l’égalité des genres ;
  • b. lors de la préparation, de l’organisation et de l’évaluation d’une activité interculturelle de jeunesse, les équipes doivent examiner leurs approches avec des « lunettes de genre ». Par exemple, ils ne devraient pas faire d’hypothèse sur l’identité de genre des participants. Cette pratique devrait inclure des moments informels, ainsi que le choix d’activités qui devraient permettre à chacun de s’exprimer tout en étant conscient que certains jeunes peuvent avoir besoin de plus de temps pour se préparer et peuvent avoir besoin de plus de soutien.

Mise en place d’environnements sûrs

La création d’environnements sûrs devrait s’imposer dans tous les aspects d’une activité de jeunesse, y compris le lieu, l’attitude et le comportement de tout le personnel et toutes les considérations pratiques. L’éducation aux droits de l’homme implique également un apprentissage par le biais des droits de l’homme.

  • a. une bonne pratique consiste à former l’ensemble du personnel impliqué dans les activités de jeunesse sur la question de l’égalité genre, du personnel des restaurants au personnel administratif et aux équipes pédagogiques ; cependant, si cela est possible dans le cas des activités organisées dans les Centres européens de la jeunesse, ce n’est peut-être pas le cas pour celles organisées en dehors des CEJ. Mais cela ne devrait pas empêcher les organisateurs d’informer toutes les personnes concernées et de leur expliquer ce qu’exigent les normes en matière d’égalité des genres ;
  • b. les préoccupations liées au confort des participants devraient se refléter dans le choix de l’hébergement et le partage des chambres (si nécessaire), des toilettes (généralement « genrées »), la sécurité et la sûreté autour des lieux où se déroulent les activités ;
  • c. des codes de conduite devraient être élaborés et discutés avec les participants aux activités de jeunesse ;
  • d. les attitudes discriminatoires de la part des participants, des formateurs ou des organisateurs devraient être gérées rapidement, en utilisant une approche fondée sur les droits de l’homme et en tenant compte de la spécificité de l’activité.
  • Il est important de garder à l’esprit que de telles attitudes peuvent se manifester pendant le temps informel ; il faut donc que soit prévue une procédure claire pour que les participants puissent aborder le problème avec les organisateurs ;
  • e. une personne de confiance, membre de l’équipe éducative, devrait être désignée pour conseiller les participants si besoin. La personne de confiance devrait protéger l’anonymat de toute personne qui se plaint d’un comportement discriminatoire et s’assurer que des mesures appropriées sont prises, tout en tenant compte de la sécurité du groupe et de la spécificité de la situation. Une attention particulière devrait être accordée aux situations qui peuvent requérir une action juridique ou judiciaire ;
  • f. une politique spécifique sur le harcèlement sexuel devrait être en vigueur dans les Centres européens de la jeunesse, et l’information à ce sujet devrait être mise à la disposition de toutes les personnes impliquées dans les activités qui y sont organisées.