Instruments juridiques et textes de référence
Depuis sa création, le Congrès des pouvoirs locaux et régionaux a été à l’origine de plusieurs conventions internationales, comme la Charte européenne de l'autonomie locale. Ce texte, qui affirme le rôle des collectivités comme premier niveau où s’exerce la démocratie, est devenu un traité international de référence dans ce domaine. Dans le cadre de ses travaux, le Congrès s'appuie sur un ensemble d'autres conventions et textes de référence.
La Charte européenne de l’autonomie locale (1985)
La Charte européenne de l’autonomie locale (STE n° 122) définit des normes européennes communes visant à garantir l’autonomie politique, administrative et financière des collectivités locales. Elle exige que le principe de l’autonomie locale soit reconnu dans le droit interne et garantit aux collectivités locales des organes élus démocratiquement, une part substantielle des responsabilités publiques, des ressources financières suffisantes ainsi qu’une protection juridique. Le respect de la Charte est contrôlé par le Congrès dans tous les États membres du Conseil de l’Europe.
Protocole additionnel à la Charte européenne de l'autonomie locale sur le droit de participer aux affaires des collectivités locales - STE n° 207. Il a été adopté en 2009 afin de compléter le texte de la Charte. Le Protocole additionnel complète la Charte en garantissant à chacun le droit de participer aux affaires d’une collectivité locale. Il impose aux États parties de mettre en place ou de maintenir des mesures permettant aux citoyens d’influencer l’exercice des pouvoirs et des responsabilités des collectivités locales, notamment par le biais de procédures participatives et de l’accès aux documents officiels détenus par ces dernières.
La Convention-cadre européenne sur la coopération transfrontalière des collectivités ou autorités territoriales (1980)
La Convention (STE n° 106), également connue sous le nom de Convention de Madrid, établit un cadre juridique visant à faciliter et à promouvoir la coopération transfrontalière entre les collectivités territoriales et les autorités. Elle encourage les États à lever les obstacles juridiques, administratifs et techniques à cette coopération et contient des accords types pouvant être adaptés aux différentes réalités nationales et locales.
Protocole additionnel – STE n° 159. Le Protocole additionnel renforce la Convention en reconnaissant, sous réserve du droit national, le droit des collectivités et autorités territoriales de conclure des accords de coopération transfrontalière. Il précise également les effets juridiques des décisions prises dans le cadre de ces accords.
Protocole n° 2 relatif à la coopération interterritoriale – ETS No. 169. Le protocole n° 2 étend les principes de la Convention et de son premier protocole à la coopération entre les collectivités ou autorités territoriales qui ne partagent pas de frontière commune. Il offre ainsi un cadre permettant de développer des partenariats interterritoriaux plus larges entre les collectivités locales et régionales.
Protocole n° 3 relatif aux Groupements eurorégionaux de coopération (GEC) – CETS No. 206. Le protocole n° 3 définit les règles relatives à la création de groupements eurorégionaux de coopération. Ces organismes peuvent être dotés de la personnalité juridique et permettent aux collectivités locales et régionales de différents États de mettre en œuvre des programmes, de gérer des projets et de mener d'autres formes de coopération transfrontalière ou interterritoriale.
La Convention sur la participation des étrangers à la vie publique au niveau local (1992)
La Convention (STE n° 144) vise à améliorer l'intégration des résidents étrangers au sein des collectivités locales. Elle protège certaines libertés et encourage la mise en place de mécanismes de consultation en faveur des résidents étrangers ; elle prévoit en outre, pour les États qui acceptent les dispositions pertinentes, le droit de vote et d'éligibilité aux élections locales après une période déterminée de résidence légale et habituelle.
La Charte européenne des langues régionales ou minoritaires (1992)
La Charte (STE n° 148) protège et promeut les langues historiques, régionales ou minoritaires de l’Europe en tant que partie intégrante du patrimoine culturel du continent. Elle impose aux États parties de prendre des mesures concrètes pour favoriser leur utilisation dans les domaines de l’éducation, de la justice, de l’administration publique, des médias, des activités culturelles et des services publics, y compris aux niveaux local et régional. Son objectif principal est d’ordre culturel et linguistique, plutôt que la protection des droits individuels ou collectifs des minorités.
La Convention européenne du paysage (2000)
La Convention du Conseil de l'Europe (STE n° 176) sur le paysage vise à promouvoir la protection, la gestion et l'aménagement des paysages, ainsi qu'à renforcer la participation du public aux politiques en matière de paysage. Elle s'applique aux zones urbaines, périurbaines et rurales, et couvre aussi bien les paysages exceptionnels que les paysages du quotidien et les paysages dégradés. Elle encourage également la coopération entre les autorités nationales, les collectivités locales et régionales, ainsi qu'au-delà des frontières nationales.
Protocole portant amendement à la Convention européenne du paysage – STE n° 219. Ce protocole a modifié la Convention afin de faciliter la participation d'États non européens et en a changé le titre pour « Convention du Conseil de l'Europe sur le paysage ». Il a été ouvert à la ratification, à l'acceptation ou à l'approbation en 2016 et est entré en vigueur le 1er juillet 2021.
Le Comité des Ministres a adopté une série de recommandations et de lignes directrices définissant des normes européennes communes en matière de démocratie locale et régionale et de bonne gouvernance démocratique. Adoptés par les représentants des gouvernements des États membres du Conseil de l'Europe, ces instruments reflètent les politiques convenues au niveau intergouvernemental et revêtent donc une autorité et une légitimité politiques considérables.
Une bonne gouvernance démocratique et l’obligation de rendre des comptes
- CM/Rec(2023)5 relative aux principes d'une bonne gouvernance démocratique ;
- CM/Rec(2022)2 relative à la responsabilité démocratique des élus et des organes élus au niveau local et régional.
Participation et démocratie délibérative
- CM/Rec(2023)6 sur la démocratie délibérative ;
- CM/Rec(2018)4 sur la participation des citoyens à la vie publique au niveau local ;
- CM/Rec(2009)2 sur l'évaluation, l'audit et le suivi de la participation et des politiques de la participation aux niveaux local et régional ;
- CM/Rec(2026)3 relative à la Charte européenne sur la participation des jeunes à la vie locale et régionale.
Capacités institutionnelles, services publics et réforme territoriale
- CM/Rec(2019)3 sur le contrôle des actes des collectivités locales ;
- CM/Rec(2007)12 sur le renforcement des capacités aux niveaux local et régional ;
- CM/Rec(2007)4 sur les services publics locaux et régionaux ;
- CM/Rec(2004)12 relative aux processus de réforme des limites territoriales et/ou de la structure des collectivités locales et régionales.
Finances locales
- CM/Rec(2011)11 on the funding of new competences for local authorities ;
- CM/Rec(2005)1 relative aux ressources financières des collectivités locales et régionales ;
- CM/Rec(2004)1 sur la gestion financière et budgétaire aux niveaux local et régional ;
- CM/Rec(2000)14 concernant la fiscalité locale, péréquation financière et les apports financiers aux collectivités locales.
Coopération territoriale et transfrontalière
- CM/Rec(2007)5 sur la conclusion d'accords de coopération transfrontalière en Europe du Sud-Est ;
- CM/Rec(2005)2 relative aux bonnes pratiques et à la réduction des obstacles en matière de coopération transfrontalière et interterritoriale des collectivités ou autorités territoriales ;
- CM/Rec(2003)2 sur les services de proximité dans les zones urbaines défavorisées.
Gouvernance multiniveaux et inclusion
- CM/Rec(2022)10 sur des politiques et une gouvernance multiniveaux pour l’intégration interculturelle.
Éthique publique et intégrité
- CM/Rec(2014)7 sur la protection des lanceurs d'alerte ;
- CM(2020)27 – Lignes directrices sur l’éthique publique.
Jeunesse, climat et inclusion territoriale
- CM/Rec(2024)6 sur les jeunes et l’action climatique ;
- CM/Rec(2025)3 osur la participation sociale, économique et politique des jeunes ruraux.
Aménagement du paysage et développement territorial
- CM/Rec(2025)1 sur le paysage et santé ;
- CM/Rec(2021)10 sur l'urbanisme et paysage ;
- CM/Rec(2019)8 sur le paysage et démocratie : participation du public ;
- CM/Rec(2015)8 sur les paysages transfrontaliers.
Les autres textes de référence du Congrès
Les textes de référence du Congrès et d’autres instances du Conseil de l’Europe complètent les traités et les normes du Comité des Ministres. Bien qu’ils ne soient pas contraignants, ils énoncent des principes, des orientations politiques et des cadres pratiques visant à renforcer la démocratie régionale, la participation démocratique, la gouvernance éthique et le développement urbain durable. Adoptés ou approuvés au sein du cadre institutionnel du Conseil de l’Europe, ils jouissent d’une autorité politique considérable et orientent les activités de suivi, thématiques et de coopération du Congrès.
- Cadre de référence du Conseil de l'Europe pour la démocratie régionale – 2009 ;
- Commentaire contemporain du Congrès sur le rapport explicatif de la Charte européenne de l’autonomie locale – Resolution 460 (2020) ;
- La Charte urbaine européenne III: la vie urbaine à l’ère des transformations – Resolution 495 (2023) ;
- La Charte européenne sur la participation des jeunes à la vie municipale et régionale – CM/Rec(2026)3 ;
- Code de conduite européen pour toutes les personnes participant à la gouvernance locale et régionale – Resolution 433 (2018).