Reconstruire l’Ukraine, c’est bien plus que simplement remettre en état les infrastructures matérielles ; c’est ancrer la dignité humaine et les droits fondamentaux dans la gouvernance locale au quotidien. C’était le message principal à Kyiv le 2 juillet 2026, lors de la table ronde intitulée « Les droits humains dans la gouvernance locale : défis et perspectives pour l’Ukraine d’après-guerre ». Organisé avec le soutien du Congrès, cet événement a réuni les collectivités locales et régionales, leurs associations nationales et des représentants du Bureau du Commissaire aux droits humains du Parlement ukrainien (Médiateur) pour élaborer des stratégies concrètes visant à protéger les citoyens et à ancrer le redressement d’après-guerre du pays au niveau municipal.
En ouvrant la réunion, le Secrétaire Général du Congrès, Mathieu Mori, a souligné que « les droits humains ne sont pas des concepts juridiques cantonnés aux traités internationaux et aux mandats nationaux ; ils se vivent au quotidien dans nos communautés. L’expérience quotidienne de chaque citoyen en matière de dignité, d’égalité et de protection dépend fortement des décisions prises au niveau local. »
Le Médiateur ukrainien, Dmytro Lubinets, a souligné le rôle crucial des autorités locales dans la sauvegarde de ces principes : « Le redressement de l’Ukraine passe par le rétablissement de la confiance, de la justice et de la dignité humaine. Le succès du redressement d’après-guerre se jouera en fin de compte au niveau local. C’est au sein des collectivités locales que les gens constatent, jour après jour, si les décisions sont efficaces, si leurs droits sont respectés et si l’État est capable de répondre à leurs besoins. »
La table ronde s’est principalement concentrée sur le rapport annuel 2025 du Médiateur [anglais | ukrainien], dont les participants ont examiné les principales conclusions et recommandations. Les participants ont accordé une attention particulière à la promotion de communautés sûres et sécurisées ainsi qu’à la protection des droits des enfants, des anciens combattants et des personnes déplacées à l’intérieur du pays.
La dimension européenne essentielle de la démocratie locale a également occupé le devant de la scène. Peter Drenth, Rapporteur permanent sur les droits humains du Congrès, a déclaré : « Nulle part ailleurs le lien entre les droits humains et la gouvernance locale n’est plus évident ni plus urgent qu’en Ukraine aujourd’hui. Les collectivités locales ne sont pas seulement des prestataires de services. Pour que le redressement de l’Ukraine repose sur des bases solides, il est crucial que les communes et les régions comprennent pleinement leurs obligations en matière de droits humains au titre de la Convention européenne des droits de l’homme, et qu’elles disposent des outils pratiques, des conseils et du soutien nécessaires pour respecter ces obligations. »
À l’issue de discussions fructueuses, les participants ont formulé des recommandations pour renforcer la protection des droits humains au niveau local, identifié les priorités clés pour la coopération future et convenu de maintenir cette dynamique grâce à une série de tables rondes régionales à venir.
Cet événement a été organisé avec le soutien du projet «Renforcer la gouvernance multiniveaux et la démocratie locale pour soutenir le redressement de l’Ukraine», mis en œuvre par le Centre d’expertise pour la gouvernance multiniveaux auprès du Congrès des pouvoirs locaux et régionaux du Conseil de l’Europe, dans le cadre du Plan d’action du Conseil de l’Europe pour l’Ukraine «Résilience, relance et reconstruction» 2023-2026.
