Comment préserver la vitalité et la vivabilité des territoires européens, menacés par le surtourisme ou la baisse de leur nombre d’habitants ? Tel était l’enjeu d’un débat organisé le 28 octobre à Strasbourg par la Chambre des pouvoirs locaux du Congrès, lors de sa 51e session.
À Capri, en Italie, où sont enregistrés plus de 2,5 millions de visiteurs à l’année, la pression touristique sature les infrastructures. Son maire, Paolo Falco, réclame davantage de pouvoirs pour réguler les flux. À Saint-Tropez, en France, où 70 % des logements sont des résidences secondaires, la flambée immobilière pousse des familles au départ. Sa maire, Sylvie Siri, recherche auprès de l’État des solutions juridiques et fiscales pour préserver ce capital humain.
Repenser le tourisme suppose aussi de redonner la parole aux habitants. Cara Borg-Aquilina (Malte), déléguée jeune du Congrès, a cité les initiatives mises en place à Copenhague, favorisant la découverte à vélo, et à Barcelone, qui restreint les locations touristiques. D’autres ont défendu le tourisme lent, privilégiant une découverte patiente des territoires plutôt que leur consommation rapide.
Surtourisme et déclin démographique peuvent paradoxalement frapper les mêmes territoires : les visiteurs affluent tandis que les habitants s’en vont. Mais le déclin démographique touche aussi des régions éloignées des circuits touristiques. Māris Sprindžuks, maire adjoint de Riga, en Lettonie, a décrit un cercle vicieux : moins d’habitants, des services plus coûteux, puis de nouveaux départs. Logement abordable, emploi et sécurité sont indispensables pour l’enrayer. À Guben, ville allemande située à la frontière de la Pologne, le maire Fred Mahro mise sur une agence d’accueil qui accompagne les nouveaux arrivants vers l’emploi et leur propose de tester la vie locale pendant un mois.
Retenir les habitants suppose également d’impliquer les jeunes sur l’avenir de leur territoire. Les déléguées jeunes Virág Komenda (Hongrie) et Elvira Mentzelioti (Grèce) ont plaidé pour des espaces de rencontre et une participation accrue des jeunes aux décisions locales.
De ces réalités contrastées émerge une même ambition : faire reconnaître un véritable « droit de pouvoir rester chez soi ». Car l’avenir d’un territoire se mesure aussi à sa capacité à offrir des perspectives à ceux qui l’habitent.
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51e Session
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