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Le Congrès sonne l’alarme au sujet des violences contre les femmes politiques

Après avoir inauguré l’arrivée à Strasbourg de l’installation « Thinking of you » - un hommage aux femmes, victimes de violences sexuelles pendant les conflits armés, le 25 mars le Congrès a poursuivi avec le débat sur les violences contre les femmes politiques. L’Hémicycle a accueilli une série de témoignages alarmants, mais aussi l’espoir que le Congrès pourrait insuffler un véritable changement dans la culture politique de ses Etats membres pour protéger et encourager les élues, sans lesquelles la démocratie n’a pas d’avenir. 

En introduction, le président du Congrès Marc Cools a rappelé qu’en 2024 le débat « Maires sous pression » avait déjà attiré l’attention sur la vulnérabilité des mairesses et des élues locales qui subissent des harcèlements au quotidien, des violences physiques et verbales, notamment via les réseaux sociaux. Une tendance qui s’accentue et décourage les femmes en Europe à se lancer dans une carrière politique.

Jaqueline McLaren, Lord Provost de la ville de Glasgow au Royaume-Uni, a en effet confirmé que les chiffres de la participation des femmes en politique ne sont pas rassurants. Son expérience personnelle de conseillère locale et de mairesse de Glasgow n’a d’ailleurs pas été exempte de violences. Menacée, entre autres, de subir un supplice du goudron et des plumes, elle a fait face aux sentiments d’impuissance et de détresse que de nombreuses femmes politiques ont connu, connaissent ou connaîtront. D’où sa motivation de s’investir dans des programmes d’entraide, de mentorat et de solidarité entre élues tels que Eurocity. Elle a appelé les membres du Congrès d’agir et de s’engager citant également l’initiative Cartier pour une entraide entre femmes d’affaires et leaders dans le monde, tout comme Sophie’s Stop – application crée par des femmes pour des femmes visant à lutter contre les violences sexistes.

« Si la démocratie est réservée aux hommes, elle n'a pas de sens », s’est indigné Flo Clucas, Présidente de la Commission Permanente sur l'égalité des genres du Conseil des Communes et Régions d’Europe (CCRE) signalant que le rapport du CCRE « Les femmes en politique : tendances locales et européennes » témoigne qu'environ 1 sur 3 des femmes en politique ont été victimes de violences, notamment de la cyberviolence. Elle a évoqué l’héritage moral qu’elle tient de sa grand-mère, Nanny, dès son plus jeune âge. « Nanny m'a appris que des femmes sont mortes pour que nous puissions jouir d'un droit humain fondamental – voter ! »  Confrontée à de nombreuses reprises, à Liverpool et à Cheltenham, à des violences, intimidations et harcèlements, Mme Clucas a rappelé aussi le cas de son amie Rosie Cooper, conseillère municipale, puis députée, qui en 2017 a été menacée de mort par les membres d’un groupe néo-nazi. « Les médias de masse et la manipulation psychologique des jeunes dans les réseaux sociaux, en particulier des garçons, ont rendu l'activité politique difficile pour les femmes », affirma Mme Clucas qui s’inquiète de « la misogynie et la croyance en une forme particulière de domination masculine ». Elle a lancé un appel aux actions concrètes de la part des membres du Congrès citant une série de mesures prises par l'Association des gouvernements locaux anglais : les kits de formation, mis à la disposition des conseils municipaux, les mesures de sécurité lors des réunions des conseils municipaux, l’enquête Your Voice, lancée pour permettre aux jeunes femmes et aux filles de s'exprimer au sujet de leur éventuelle participation dans la vie politique, le travail pédagogique dans les écoles etc.

Avec une forte participation des élues britanniques et plus de 25 participants en tout, le débat a réuni des témoignages des quatre coins de l’Europe démontrant que la sécurité et le bien-être des femmes politiques sont en effet un enjeu de taille partout sur le vieux continent. Nazia Rehman (SOC/V/DP) s’est indignée qu’au Royaume-Uni les élues municipales sont encore plus exposées à la violence que les parlementaires. Elargissant le débat portant sur les femmes politiques à la violence faites aux femmes dans leur milieu professionnel, Heather Brannan McVey (SOC/V/DP) a évoqué le Programme « Sécurité à parts égales » en Ecosse comme exemple d’action visant entre autres à assurer une intégration équitable des femmes dans la vie publique. Plusieurs intervenantes ont attiré l’attention sur l’aggravation des violences contre les femmes politiques et publiques dans le contexte du développement de l’IA et des plateformes numériques, capables de produire des deep fake à contenu pornographique pour discréditer les élues.

Particulièrement applaudis, les interventions des délégués jeunes ont témoigné de leur résolution à changer la donne et œuvrer pour l’égalité des sexes en politique et dans la société en général. Lumi Reichenbach, déléguée jeune finlandaise, a dénoncé le discours des médias qui se focalisent sur la vie personnelle des femmes et leur style vestimentaire, plutôt que sur le contenu de leur actes et paroles en politique « traitant ainsi les femmes comme objets et non pas comme des sujets ». Le délégué jeune letton Renars Karlinskis a rendu hommages aux femmes qui l’ont aidé à intégrer le champ politique rappelant qu’elles sont souvent obligées à être deux fois plus compétentes que leurs homologues masculins.

Nombreux intervenants ont souligné que défendre les femmes en politiques contre la violence est un devoir commun, des hommes comme des femmes.

 Interview Mediabox avec Lord Provost Jaqueline McLaren et Flo Clucas

 

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48e Session
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Strasbourg, France 26 mars 2025
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