Jeunesse - Les jeunes construisent l'Europe


Résolution CM/Res(2008)23
sur la politique de jeunesse du Conseil de l’Europe

(adoptée par le Comité des Ministres le 25 novembre 2008,
lors de la 1042e réunion des Délégués des Ministres)

Le Comité des Ministres,

Eu égard à la Déclaration et au Plan d’action adoptés par le Troisième Sommet des Chefs d’Etat et de Gouvernement du Conseil de l’Europe à Varsovie, en mai 2005, qui stipulent, en particulier, que « le Conseil de l’Europe développera encore la position unique qu’il occupe dans le domaine de la jeunesse… », et réaffirmant le caractère paneuropéen de l’Organisation ;

Eu égard à la déclaration finale adoptée par la 8e Conférence du Conseil de l’Europe des ministres responsables de la jeunesse, tenue à Kiev (Ukraine) les 10 et 11 octobre 2008 ;

Eu égard à la Recommandation 1844 (2008) de l’Assemblée parlementaire – « Actualiser l’agenda du Conseil de l’Europe en matière de jeunesse » ;

Soulignant la contribution spécifique du secteur jeunesse du Conseil de l’Europe depuis 1972 aux objectifs de l’Organisation et sa capacité à élaborer des réponses adaptées à des situations et à des défis nouveaux ;

Ayant à l’esprit que le but essentiel de la politique de jeunesse du Conseil de l’Europe est d’offrir aux
jeunes – filles et garçons, jeunes femmes et jeunes hommes – les mêmes chances et expériences leur permettant de développer les connaissances, compétences et savoir-faire nécessaires pour jouer pleinement leur rôle dans tous les domaines de la société ;

Ayant également à l’esprit la dimension intersectorielle de cette politique et l’importance d’impliquer les jeunes dans sa conception, sa mise en œuvre et son suivi ;

Considérant les défis auxquels les jeunes doivent faire face, à la fois en termes de plus grandes opportunités qui leur sont offertes et de risques accrus de précarité, mais convaincus néanmoins de leur potentiel considérable et par conséquent de leur rôle fondamental dans la promotion des valeurs essentielles du Conseil de l’Europe ;

Convaincus de la nécessité d’une politique de jeunesse dynamique au Conseil de l’Europe, incluant les enfants ainsi que les jeunes ;

Soulignant l’importance du suivi du Plan d’action adopté à Varsovie en 2005, en particulier la Campagne jeunesse pour la diversité, les droits de l’homme et la participation « Tous différents – Tous égaux », ainsi que le programme « Construire une Europe pour et avec les enfants »,

1. Convient que ce qui suit devrait être considéré comme prioritaire dans les années à venir pour la politique et l’action du Conseil de l’Europe dans le domaine de la jeunesse :

a. Droits de l’homme et démocratie, en s’attachant plus particulièrement à :

- assurer aux jeunes la pleine jouissance des droits de l’homme et de la dignité humaine, et encourager leur engagement à cet égard ;

- promouvoir la participation active des jeunes dans les processus et structures démocratiques ;

- promouvoir l’égalité des chances pour tous les jeunes en matière de participation dans tous les aspects de leur vie quotidienne ;

- mettre en œuvre de manière effective l’égalité des sexes et prévenir toutes les formes de violence fondée sur le genre ;

- promouvoir l’éducation et l’action des jeunes dans les domaines de l’environnement et du développement durable ;

- faciliter l’accès de tous les jeunes aux services d’information et de conseil.

b. Vivre ensemble dans des sociétés plurielles, en s’attachant plus particulièrement à :

- donner aux jeunes la capacité de promouvoir, dans leur vie de tous les jours, la diversité culturelle ainsi que le dialogue et la coopération interculturels ;

- prévenir et contrecarrer toutes les formes de racisme et de discrimination, sans distinction aucune ;

- soutenir les initiatives des jeunes et de leurs organisations dans la prévention et la gestion des conflits, ainsi que dans la réconciliation après les conflits, au moyen du dialogue interculturel, y compris dans sa dimension religieuse ;

- soutenir le travail de jeunesse avec les jeunes réfugiés, demandeurs d’asile et personnes déplacées ;

- encourager davantage le développement de la coopération en matière de jeunesse au niveau sous-régional, en Europe et au-delà ;

- encourager les jeunes à promouvoir la solidarité et la coopération mondiales.

c. L’insertion sociale des jeunes, en s’attachant plus particulièrement à :

- soutenir l’insertion des jeunes exclus ;

- assurer l’accès des jeunes à l’éducation, à la formation et à la vie professionnelle, particulièrement à travers la promotion et la reconnaissance de l’éducation/apprentissage non formel ;

- faciliter la transition des jeunes de l’éducation vers le marché du travail, en renforçant par exemple les possibilités de réconcilier vie privée et vie professionnelle ;

- favoriser l’autonomie et le bien-être des jeunes ainsi que leur accès à des conditions de vie décentes ;

- faire en sorte que les jeunes aient le même accès aux activités culturelles, sportives et créatives ;

- encourager le dialogue et la solidarité entre les générations.

2. Convient que les priorités ci-dessus devraient s’appuyer sur les approches, méthodes et instruments suivants :

a. En ce qui concerne le développement des politiques de jeunesse et la coopération :

- la coopération intergouvernementale et internationale sur le développement des politiques de jeunesse, avec une attention particulière à l’établissement de normes et au soutien à leur mise en œuvre ;

- le service aux pays, par le biais notamment d’analyses internationales des politiques nationales de jeunesse et de missions de conseil sur les politiques de jeunesse ;

- la coopération avec l’Union européenne ;

- le partenariat avec d’autres acteurs et services impliqués dans des domaines pertinents pour la politique de jeunesse du Conseil de l’Europe ;

- la cogestion en tant que mécanisme de coopération unique et utile entre gouvernements et organisations de jeunesse.

b. En ce qui concerne le travail de jeunesse, l’éducation et la formation :

- la coopération multilatérale en matière de jeunesse comme moyen approprié de promouvoir la compréhension internationale dans l’esprit des valeurs essentielles du Conseil de l’Europe ;

- le travail avec les multiplicateurs ainsi que le soutien au développement de la qualité du travail de jeunesse et de sa reconnaissance ;

- l’apprentissage interculturel comme méthode d’éducation non formelle particulièrement pertinente pour promouvoir le dialogue interculturel et combattre le racisme et l’intolérance ;

- les Centres européens de la jeunesse et le Fonds européen pour la jeunesse en tant qu’instruments uniques pour développer la coopération européenne en matière de jeunesse.

c. En ce qui concerne la recherche sur la jeunesse et la connaissance des jeunes :

- la recherche et la coopération entre chercheurs dans le domaine de la jeunesse et décideurs politiques, afin de promouvoir des politiques de jeunesse fondées sur des données avérées et de soutenir l’action des praticiens dans le domaine de la jeunesse ;

- la réalisation d’études, de publications et d’outils pédagogiques et de formation afin de soutenir le travail et la politique de jeunesse ;

- le développement accru du Centre européen de connaissances sur les politiques de jeunesse.

3. Soulignant le rôle important du secteur jeunesse du Conseil de l’Europe au sein de l’Organisation, et afin d’assurer une plus grande transparence, souplesse et efficacité dans la mise en œuvre de la politique de jeunesse de l’Organisation, convient que :

- les instances de cogestion compétentes du secteur jeunesse du Conseil de l’Europe devraient élaborer des programmes d’activités basés sur la présente résolution et, le cas échéant, réviser les méthodes de travail du secteur jeunesse et soumettre leurs propositions au Comité des Ministres, si nécessaire ;

- la coordination entre les activités relatives aux enfants et celles relatives à la jeunesse devrait être renforcée ;

- des mesures devraient être prises afin d’encourager tous les secteurs du Conseil de l’Europe, en coopération avec le secteur jeunesse, à prendre en compte la dimension jeunesse dans la définition et la réalisation de leurs programmes d’activités ;

- le développement de la mobilité des jeunes, des activités bénévoles et des échanges à travers l’Europe et au-delà, sera encouragé et soutenu ;

- le soutien au partenariat avec la Commission européenne dans le domaine de la jeunesse devrait être poursuivi comme exemple de bonne coopération entre les deux partenaires ;

- le soutien aux Centres européens de la jeunesse et au Fonds européen pour la jeunesse devrait être poursuivi pour leur rôle dans le développement et le renforcement de la coopération européenne dans le domaine de la jeunesse, fondée sur les valeurs essentielles du Conseil de l’Europe ;

- une stratégie de communication devrait être élaborée en vue d’assurer la meilleure visibilité possible du secteur jeunesse du Conseil de l’Europe, à l’intérieur et à l’extérieur de l’Organisation ;

- une présentation cohérente et une utilisation optimale des ressources financières, humaines et autres devraient être assurées par une programmation fondée sur des objectifs spécifiques ainsi que des critères d’évaluation clairement définis ; les autres secteurs du Conseil de l’Europe devraient être encouragés, quand cela s’avère approprié et réalisable, à tenir des activités dans les Centres européens de la jeunesse ;

- des sources supplémentaires de financement, y compris en provenance du secteur non gouvernemental, devraient être recherchées.