« Les discours de haine ne surgissent pas de nulle part. Ils sont généralement le symptôme de causes sous-jacentes telles que l’exclusion sociale, le sentiment d’injustice ou la discrimination », a souligné Kristoffer Tamsons (Suède, PPE/CCE), président de la Commission de suivi du Congrès et co-rapporteur des rapports « Discours de haine et fausses informations : l’impact sur les conditions de travail des élus locaux et régionaux » et «Lutter contre la violence à l’encontre des élus », à Strasbourg le 17 juin 2026.
S’exprimant lors d’un atelier du Congrès sur le thème « Défendre la dignité et préserver la participation et la liberté d’expression : les réponses locales au discours de haine », en amont de la Journée internationale de lutte contre les discours de haine (18 juin), Kristoffer Tamsons a déclaré : « Les discours de haine visent à faire taire les gens, ce qui revient, à long terme, à museler la démocratie. Aucun d’entre nous ne peut relever ce défi tout seul. En tant qu’élus, on doit collaborer avec les organisations de la société civile pour lutter contre les discours de haine et former les principaux acteurs, y compris les élus. »
Helen Belcher (Royaume-Uni, GILD), co-rapporteure du rapport « Libres de s’exprimer, libres de se réunir : garantir les droits des personnes LGBTI au sein des collectivités locales », a mis en garde contre la propagation rapide des discours négatifs, en soulignant : « Les discours de haine déshumanisent et isolent les gens. Les réseaux sociaux ont considérablement facilité la diffusion rapide de fausses informations, de propos dégradants et de contenus stigmatisants, souvent sans contrôle ou dissimulés derrière des déclarations qui semblent neutres mais qui sont en réalité chargées d’idéologie. Des faits objectifs et des informations fiables sont essentiels à toute démocratie saine ». Elle a mis en avant les solutions présentées dans le Manuel des droits humains à l’intention des élus locaux et régionaux, volume IV : Liberté d’expression, de réunion et d’association, adopté par le Congrès en avril de cette année.
Mohammed Amine El Guermat, délégué jeune du Congrès à titre du Maroc (pays partenaire pour la démocratie locale), a souligné que les discours de haine pouvaient dissuader les jeunes de participer aux débats, d’exprimer leurs opinions ou d’assumer des rôles de leadership. « Les plateformes en ligne peuvent amplifier l’hostilité et donner aux jeunes le sentiment d’être isolés ou pris pour cible. Pour protéger les jeunes, il faut allier éducation, culture numérique et espaces de dialogue sûrs », a-t-il déclaré, en soulignant que les organisations locales de jeunesse peuvent être des partenaires précieux pour les collectivités locales et régionales dans l’élaboration de réponses.
Organisé dans le cadre de la Semaine « Non aux discours de haine » du Conseil de l’Europe, cet atelier a réuni des personnalités de premier plan pour discuter des réponses locales concrètes aux discours de haine, à l’intimidation et à l’exclusion, ainsi que des moyens de préserver un débat public respectueux, de protéger la participation démocratique et de renforcer la confiance. Cet événement, qui constituait la contribution du Congrès au Nouveau Pacte Démocratique pour l’Europe du Conseil de l’Europe, a souligné le rôle crucial des collectivités locales et régionales dans la construction de communautés inclusives et la protection des valeurs démocratiques. La « Semaine contre les discours de haine » a été organisée en parallèle du « Hackathon pour la démocratie 2026 » du Conseil de l’Europe, qui s’est tenu du 17 au 19 juin sous le thème commun « Hack the Hate. Renew Democracy ».
Pour en savoir plus sur la Journée internationale de lutte contre les discours de haine, rends-toi sur la page officielle de l’ONU ici et découvre les actions du Conseil de l’Europe ici.
