Avenue de l'Europe
F-67075 Strasbourg Cedex
Tel. +33 (0)3 88 41 20 00
www.coe.int

Salle de presse

Retour Meropi-Spyridoula Ydraiou : « Face à l’urgence environnementale, , les autorités locales doivent être mieux armées pour se battre »

Meropi-Spyridoula Ydraiou : « Face à l’urgence environnementale, , les autorités locales doivent être mieux armées pour se battre »

Si les élus locaux sont généralement conscients de l’importance de leur rôle dans la protection de l’environnement, il est primordial qu’ils disposent des compétences légales et administratives pour concrétiser leurs objectifs environnementaux : compléter la Charte européenne de l’autonomie locale par un protocole spécifique sur l’environnement faciliterait grandement leur tâche et débriderait tout leur potentiel, a estimé la Chambre des pouvoirs locaux du Congrès lors du débat « Protection de l’environnement : comment les élus locaux peuvent- ils faire la différence ? » tenu mercredi 26 mars

Inondations en Autriche, Espagne, France, Hongrie, Italie, Pologne, Roumanie, Slovaquie et Slovénie. Sécheresses en Croatie, Espagne, Grèce, Hongrie, Italie, Roumanie, Türkiye et Ukraine. Vagues de chaleur en Albanie, à Chypre, en Grèce, en Finlande et en Türkiye. Feux de forêt en Albanie, Bulgarie, Grèce, Macédoine du Nord, Portugal et Slovénie... Et cette liste n’est pas exhaustive des événements qui se sont produits en Europe l'année passée. « Les élus locaux ont les clés de la protection de l’environnement dans leurs communes, mais manquent d’instruments juridiques pour les activer », a déclaré le président de la Chambre, Bernd Vöhringer (Allemagne, PPE/CCE) en ouvrant le débat. Certaines villes ont toutefois pu développer des stratégies ambitieuses, à l’image de Split, la deuxième ville de Croatie. Son maire, Ivica Puljak, a présenté aux membres plusieurs des actions menées, incluant la propreté de l’eau de mer, la réhabilitation des plages, la plantation de milliers d’arbres et le comblement d’une vaste décharge à ciel ouvert. En matière de mobilité durable, Split entend inverser la « pyramide de la circulation » : aujourd’hui majoritaires, les déplacements urbains en voiture devraient devenir largement minoritaires d’ici quelques années, essentiellement au profit de la marche et du vélo.  « Notre service de vélo-partage est déjà le plus utilisé d’Europe », se félicite le maire. Il a rappelé que le droit à la santé et l’environnement implique de nombreuses autres évolutions juridiques : « nous venons ainsi d’obtenir, devant la justice, le droit d’être informé sur la nature et les conséquences d’une pollution dans notre commune, sur laquelle l’Etat refusait jusque-là de communiquer, et c’est une grande victoire pour Split, » a expliqué M. Puljak.

Trop de villes européennes ne peuvent s’engager autant, car elles ne disposent ni des prérogatives, ni des budgets nécessaires. Pourtant, les autorités locales sont en première ligne face aux catastrophes environnementales et elles sont bien trop souvent en retard pour les anticiper. « Elles doivent éteindre des incendies avec des seaux d’eau », a déploré Meropi-Spyridoula Ydraiou (Grèce, L, PPE/CCE), porte-parole thématique du Congrès sur l’environnement et le changement climatique.  « Nous avons donc besoin que les autorités locales soient en capacité réelle d’entreprendre des actions pour l’environnement, et c’est pourquoi il est primordial de rédiger un protocole additionnel à la Charte, spécifiquement consacré à l’environnement », a-t-elle déclaré. « Un texte qui responsabiliserait les élus locaux sur l’importance de leurs actions quotidiennes en faveur de l’environnement et leur donnerait les moyens d’agir et d’anticiper les risques ».

Une demande largement partagée par les membres de la Chambre, mais aussi par les délégués jeunes, qui, par la voix de Roxana Maria Chiritoiu (Roumanie), ont aussi rappelé que « partout en Europe, les jeunes grandissent dans une époque de normalité des catastrophes, que ce soient les inondations ou les incendies géants ». Elle souligne en outre que les jeunes ne sont encore que peu associés à l’élaboration des mesures et aux décisions prises et plaide donc pour qu’une réelle confiance puisse s’établir entre les autorités locales et la jeunesse.

Lors du débat, de nombreux élus et délégués jeunes ont présenté des exemples concrets d’actions entreprises ou à entreprendre au niveau local, comme par exemple, en Irlande, la protection des tourbières et l’arrêt de leur exploitation industrielle. Ou encore le développement des bioénergies qui permettent de réduire les émissions de CO2 et peuvent aussi se révéler profitables pour les communes qui les stockent et les valorisent, et dont certaines parviennent même à en tirer certains bénéfices économiques.

Les municipalités disposent de véritables leviers vers la transition écologique grâce à leurs marchés publics, comme a témoigné Véronique Bertholle (France, L, SOC/V/DP) : à Strasbourg, 41% des marchés passés par la ville comportent désormais une clause environnementale, ce qui permet de verdir considérablement les commandes municipales, et permet que le pain servi aux enfants dans les cantines scolaires soit non seulement biologique, mais également issus de fournisseurs locaux abaissant ainsi l’impact carbone de la ville. Face à l’urgence climatique, les élus locaux doivent pouvoir se battre à force égale et enfin disposer des capacités de mettre en œuvre des mesures environnementales et libérer tout leur potentiel en la matière. Les membres de la chambre ont convergé vers l’importance d’élaborer un protocole additionnel à la Charte qui serait un début de solution à un problème qui va gagner en ampleur au fil de temps et qu’il faut cibler au plus vite.

 Interview Mediabox avec Ivica Puljak

 Interview Mediabox avec Meropi-Spyridoula Ydraiou

 Débat thématique : Protection de l'environnement : comment les élus locaux peuvent-ils faire la différence ?

***

48e Session
Ordre du jour – Dossier Web – Photos

Strasbourg, France 26 mars 2025
  • Diminuer la taille du texte
  • Augmenter la taille du texte
  • Imprimer la page