En 2014, le Congrès devenait la première assemblée européenne à associer des délégués jeunes à ses travaux, en leur permettant aussi de s’exprimer lors de ses séances. Depuis, les délégués jeunes ont non seulement « rajeuni la politique du Congrès », mais contribuent aussi à « redynamiser la démocratie ». Cet exemple unique et réussi d’intégration des jeunes dans la vie politique devrait être repris dans tous les Etats membres par les assemblées élues locales et régionales, a estimé le Congrès lors d’un débat suivi de l’adoption d’une résolution.
Il y a dix ans, certains membres du Congrès s’étaient montrés sceptiques face à cette main tendue aux jeunes, craignant notamment qu’elle ne freine et ralentisse ses travaux. Aujourd’hui, a rappelé Véronique Bertholle (France, L, SOC/V/DP), porte-parole thématique du Congrès sur la jeunesse, plus personne ne questionne cette participation, qui est même perçue comme un moyen de renforcer l’institution. « Depuis 2014, vous avez redynamisé les perspectives du Congrès », a-t-elle souligné en s’adressant aux délégués jeunes : en dix ans, 419 jeunes issus de tous les Etats membres, un par pays, se sont succédé dans cette fonction.
Jani Kokko (Finlande, L, SOC/V/DP), co-rapporteur sur la résolution sur L’intégration des perspectives des jeunes dans la vie démocratique locale et régionale, a souligné la nécessité d’accroître encore le rôle des jeunes dans ce domaine. Le travail en cours sur la Charte européenne révisée sur la participation des jeunes à la vie locale et régionale tiendra compte des évolutions survenues ces dernières années, y compris dans les techniques de communication prisées par la jeunesse, en premier lieu les outils numériques, et offrira des outils de coopération entre les autorités locales et régionales et les jeunes. En Finlande, a souligné Jani Kokko, les jeunes sont déjà très associés à la vie politique, depuis l’échelon local et régional jusqu’au parlement national, où leur apport est considérable.
Une séance présidée par un délégué jeune, pour parler des projets des jeunes
Dans un geste hautement symbolique, le président du Congrès Marc Cools (Belgique, L, GILD) a cédé son fauteuil à un délégué jeune (Thomas Olsen Aarheim, Norvège) pour présider la suite du débat, durant lequel plusieurs délégués jeunes ont présenté des projets concrets qu’ils ont menés dans leurs pays.
Jon Kola (Albanie), Jack O’Connor (Irlande), Sandra Slušnytė (Lithuanie) et Lisa Cruz Lackner (Andorre), se sont intéressés à la manière dont les villes de Tirana, Limerick, Vilnius et Andorre-la-Vieille appliquent la Charte sur la participation des jeunes. Anna Ramkovica (Lettonie) a voulu savoir comment les jeunes issus de minorités linguistiques – principalement des russophones – de la ville de Jūrmala perçoivent leur intégration par rapport aux locuteurs de la langue majoritaire, le letton. A Saint-Marin, Maya Tentoni a développé un podcast, très écouté, pour informer les jeunes sur les élections et les programmes des candidats. Henrik Harjus (Estonie) a élaboré une application et un jeu permettant aux jeunes de Tartu de découvrir les activités et les missions des autorités locales tout en se promenant à travers la ville. Pour sa part, Panagiotis Moumtsakis (Grèce) a travaillé sur l’engagement politique et social dans les villes et régions touchées par les terribles incendies de l’été 2021. Pour Afia Mansoor Ahmed (Allemagne), résumant l’ensemble des projets mis en œuvre par les 40 délégués jeunes en 2024, ceux-ci « nous ont permis de partager nos expériences, de mieux faire dialoguer les jeunes et les autorités locales, mais aussi les jeunes entre eux ». Elle a remercié le Congrès de « nous aider à forger notre avenir ».
Lors du débat, de nombreux autres délégués jeunes, de même que plusieurs membres du Congrès, se sont félicités de la réussite de l’initiative lancée en 2014. Beaucoup d’élus ont constaté combien la motivation des délégués jeunes augmentait d’année en année. C’est normal, ajoutait d’ailleurs Hasan Akgün (Türkiye, L, SOC/V/DP ) car, « chez nous aussi, plus nos jeunes participent à la vie publique locale, plus ils s’y intéressent ».
Associer plus étroitement les délégués jeunes au travail des délégations nationales
La jeune déléguée serbe Jovana Milurović (Serbie) trouve que les jeunes sont encore insuffisamment entendus des organisations internationales, alors que leur avis est indispensable pour une société plus inclusive et plus démocratique. « Nous ne voulons pas seulement participer, nous voulons aussi construire l’avenir » a-t- elle ajouté. Aida Karimli (Suède, R, GILD) estime que « maintenant que nous avons donné la parole aux jeunes, il faut bien les écouter ».
Soeren Schumacher (Allemagne, R, SOC/V/DP) a fortement insisté sur ce point, tout en se montrant critique vis à vis de certaines délégations nationales du Congrès qui, selon lui, n’associent pas assez les jeunes à leurs activités : pour lui, « Il ne suffit pas d’inviter les jeunes aux plénières, il convient de vraiment les associer à nos travaux dès leur élaboration ». De plus, ont ajouté deux autres membres, « quand on travaille vraiment avec les jeunes, on est impressionnés par la qualité de leur engagement, ils sont inspirants et rafraîchissants ».
Concluant le débat, Véronique Bertholle espère que d’autres assemblées internationales intègreront un jour des délégués jeunes dans leur composition, car le Congrès reste encore le seul à l’avoir fait. Elle a exprimé le souhait d’une représentativité accrue de toutes les composantes de la jeunesse à travers les délégués jeunes. Enfin, elle a rappelé que parmi les élus de sa ville, Strasbourg, un sur cinq est âgé de moins de 30 ans, preuve que la participation des jeunes y est déjà une réalité quotidienne.
Interview Mediabox avec Véronique Bertholle
Interview Mediabox avec Afia Mansoor Ahmed
Interview Mediabox avec Ivan Donev
Initiative « Rajeunir la politique » du Congrès : 10 ans à redynamiser la démocratie
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