Retour Andrew DAWSON : « Nous devons communiquer dans une langue qui favorise la participation pleine et entière des citoyens à la démocratie locale »

Andrew DAWSON : « Nous devons communiquer dans une langue qui favorise la participation pleine et entière des citoyens à la démocratie locale »

« Si une collectivité locale veut véritablement satisfaire les besoins de sa population, elle doit communiquer dans une langue que ses citoyens puissent aisément comprendre et qui leur donne la possibilité d’une participation pleine et entière à la démocratie locale », a déclaré Andrew DAWSON (Royaume-Uni, CRE) lors de l’audition de l'Assemblée parlementaire sur les langues minoritaires, le 25 avril 2018. « Il va de soi par ailleurs qu’il incombe à tout citoyen de s’efforcer de s’intégrer », a-t-il ajouté.

Andrew DAWSON a présenté un aperçu de la situation particulière qui caractérise le Royaume-Uni où, dans certaines écoles, il y a plus d’enfants qui parlent le polonais, le bengali, le somali, le gujarati, l’arabe, le tamil et le pashto que d’enfants qui parlent l’anglais. « Ces langues, qui ne sont pas couvertes par la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires, comptent davantage de locuteurs au Royaume-Uni que pour les langues régionales ou minoritaires qui, elles, sont protégées », a-t-il souligné, en expliquant que la Charte ne traite pas de ces nouvelles langues, non européennes, apportées par les récents flux migratoires.

Dans un nouveau rapport qui sera présenté lors de sa session d’octobre 2019, le Congrès focalisera son attention sur les questions au cœur de l’article 10 de la Charte : l’utilisation des langues dans les administrations locales et régionales et dans la fourniture de services publics.  « Concernant la fourniture de services publics locaux, nous ne devrions pas nous limiter aux seules langues autochtones », a affirmé Andrew DAWSON. « De mon point de vue, il convient de mettre en balance d’autres questions importantes, comme la diversité et la cohésion communautaire », a-t-il précisé.

Le Congrès organisera une conférence intitulée « L’usage des langues par les pouvoirs locaux et régionaux » le 31 mai 2018 dans le comté de Covasna, en Roumanie, qui lancera les quatre pistes de réflexion de ce rapport : l’utilisation des langues dans les assemblées politiques, la participation des citoyens, la toponymie et la fourniture de services publics.

« Peut-être le temps est-il venu d’établir un lien plus étroit entre la problématique linguistique et notre diversité culturelle et ethnique croissante. Les collectivités locales et régionales devraient être en mesure de répondre aux besoins qui s’expriment au niveau local et d’adopter pour ce faire une approche souple », a souligné Andrew DAWSON en conclusion.

L’audition « Vingt ans plus tard : lacunes et problèmes dans l’emploi des langues régionales ou minoritaires au niveau local et régional » a été organisée par la Sous-commission de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe sur les droits des minorités.

La Charte européenne des langues régionales ou minoritaires (1992) est une convention destinée d'une part à protéger et à promouvoir les langues régionales ou minoritaires en tant qu'aspect du patrimoine culturel européen, et d'autre part à favoriser l'emploi des langues régionales ou minoritaires dans la vie privée et publique. Son objectif est essentiellement d'ordre culturel. [Document STCE n°148].

Gouvernance Strasbourg, France 25 avril 2018
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