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LAB 12: La participation des femmes à la prise de décision n’est pas une faveur, mais un droit

Forum Mondial de la Démocratie Strasbourg, France 20 novembre 2018
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LAB 12: La participation des femmes à la prise de décision n’est pas une faveur, mais un droit

« Nous ne revendiquons pas des faveurs mais un droit, celui de participer à la prise de décision en nous appuyant sur des outils qui vont nous permettre de changer le monde » a déclaré l’Ambassadrice Meglena KUNEVA, Représentante permanente de la délégation de l'UE auprès du Conseil de l'Europe en ouverture du LAB 12 (Laboratoire d’idées) intitulé « Démocratie participative : une impulsion nécessaire pour le pouvoir des femmes ? », le 20 novembre 2018. En sa qualité de modératrice de ce LAB qui se tenait dans le cadre du Forum Mondial de la démocratie, à Strasbourg (France), Mme Kuneva s’est dite persuadée qu’un accès équitable au processus de décision était le meilleur moyen d’assurer la paix et le développement durable.

Parrainé par le Congrès des pouvoirs locaux et régionaux et Democratic Society, Incubateur pour la démocratie participative du Conseil de l'Europe, ce LAB s’est appuyé sur la présentation d’une initiative de la municipalité de Messine (Italie) pour développer des approches inclusives impliquant les femmes, les jeunes et les personnes victimes d'exclusion, et d’une initiative de la Ville de Gand (Belgique) pour faire entendre les voix des femmes de 150 nationalités différentes.

Le LAB a donné lieu à un échange, notamment sur la pertinence des systèmes de quotas. Certains participants se sont interrogés sur les dérives de l’attribution des quotas à « tous les groupes ou toutes les minorités ethniques ou sexuelles ». Une autre participante a exprimé son désaccord quant à l’attribution de quotas : « Je n’aimerais pas qu’on dise que j’ai été élue parce que je suis une femme et non pour mes qualités ».

Réagissant à ces propos, Francesca ATTOLINO, représentante de Democratic Society a mis l’accent sur l’éducation et questionné « Pourquoi ce sont toujours les femmes qui se demandent si elles ont été élues pour leurs compétences et pas les hommes ? ». Elle a souligné le rôle des quotas pour provoquer des changements par le biais d’une discrimination positive et appelé à la pédagogie afin d’associer les citoyens aux processus menant aux quotas. Elle a aussi rappelé que le combat pour l’égalité est le combat de tous les citoyens.

Justifiant également la nécessité des quotas, la représentante du Conseil des Communes et Régions d’Europe (CCRE) a indiqué que, sans eux, il faudrait attendre 217 ans au rythme actuel, selon un rapport du Forum économique mondial, pour combler les écarts entre sexes en matière d’emploi, d’éducation et de politique.

Stewart DICKSON (Royaume Uni, GILD), membre du Congrès, a jugé pertinent un système de quotas temporaires. Il a expliqué qu’en Irlande du Nord, les services de police ont été « métamorphosés » après le processus de paix, grâce à un système de recrutement paritaire pour arriver à un équilibre entre policiers catholiques et protestants. « Lorsque l’équilibre souhaité a été atteint nous avons repris un processus de recrutement basé exclusivement sur les compétences ».

Sur le même ton, Nina BJÖRBY (Suède), Vice-présidente pour la Démocratie de l'Assemblée des régions d’Europe (ARE) et Présidente de la Commission Culture de la Région Västerbotten, a estimé que les quotas étaient « indispensables au départ » et le meilleur moyen pour pousser les hommes à céder du pouvoir et ainsi réduire le fossé entre autonomisation et véritable pouvoir.

Présentant les initiatives de sa ville ayant permis aux femmes d’accéder à la démocratie participative, Anja VAN DEN DURPEL, Directrice de la politique européenne pour l'inclusion sociale et le bien-être de Gand, a souligné la nécessité de recourir à une diversité d’outils et de techniques pour associer les citoyens dans toute leur diversité, tout en assurant un échange mutuel de connaissances : « Comprendre les langues et les coutumes en jeu, c’est pouvoir communiquer » a-t-elle insisté.

Dans ses remarques de clôture, l’ambassadrice KUNEVA a estimé que l’engagement des participants à ce LAB était la « meilleure réponse au manque de crédibilité qui affecte la politique » et que le niveau local était le niveau le plus approprié pour traduire les attentes en matière de respect de toutes les formes de diversité.