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Andrew Boff : « La haine contre les LGBTI fracture la cohésion sociale »

Commission des questions d'actualité Strasbourg, France 10 février 2021
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Andrew Boff : « La haine contre les LGBTI fracture la cohésion sociale »

La Commission des questions d’actualité a adopté, le 10 février, un rapport, une résolution et une recommandation appelant les autorités locales et régionales à lutter plus fortement contre la haine et les discriminations à l’encontre des personnes LGBTI. Ces documents contiennent des recommandations concrètes portant notamment sur la promotion de leurs droits, sur leur inclusion et leur bien-être, de même que sur la sécurité des jeunes LGBTI, gravement menacée dans de nombreux pays.

« Il est dramatique de constater que les droits des LGBTI ont reculé partout en Europe », ont déploré Andrew Boff, (Royaume-Uni, CRE) et Yoomi Renström, (Suède, SOC/V/DP), co-rapporteurs du rapport «le rôle et les responsabilités des autorités locales et régionales dans la protection des personnes LGBTI» adopté aujourd’hui à une quasi-unanimité. Andrew Boff a dressé un tableau inquiétant des atteintes à leurs droits dans plusieurs pays, stigmatisant aussi les attaques dont ils font fréquemment l’objet. Que ce soit en qualifiant les marches de fierté de « pervers parades » ou en interdisant les mariages et les adoptions, les LGBTI subissent des humiliations croissantes et sont fréquemment accusés de « promouvoir des idéologies hostiles à la famille ».

Attirant l’attention sur la façon dont certains pouvoirs publics tentent de revenir sur les engagements pris en la matière dans le cadre d’accords internationaux et les entraves à la mise en œuvre et la fragilisation des mécanismes de responsabilité et d’inclusion, le rapporteur a cité des exemples pris en Russie, en Estonie, en Pologne, en Hongrie ou en Serbie.  Il a noté toutefois que le rejet des LGBTI est loin de se limiter à ces pays.  Souvent attisé par des groupes de jeunes « militants », notamment « en Belgique, en France, en Autriche et en Italie », le discours de haine à l’encontre des LGBTI « s’exprime aussi contre les femmes et l’ensemble des minorités ». Dans ce cadre, a-t-il poursuivi, les élus locaux et régionaux doivent se mobiliser de manière exemplaire contre ces dérives, qui menacent non seulement les individus, mais aussi la cohésion sociale de tous les pays.

La protection des LGBTI fait partie des missions des collectivités territoriales

Pour Yoomi Renström, il importe d’agir de manière transversale pour promouvoir l’égalité des droits et lutter contre les discriminations. Le renforcement des droits sociaux, mais aussi la désignation « d’ experts de la diversité », la création d’espaces sécurisés ou la promotion du dialogue par le sport font partie des pistes explorées par le rapport. La résolution rappelle le rôle des collectivités locales en matière de protection des droits de l’homme et donc leurs devoirs face aux personnes LGBTI. Les élus locaux et régionaux doivent aussi œuvrer en coopération les Etats pour la mise en place de plans nationaux contre les discriminations. « Proches des populations, nous devons favoriser l’inclusion de tous, et nous n’aurons pas atteint notre but tant que les personnes LGBTI seront discriminées », a-t-elle ajouté.

Lors du débat, Thomas Andersson (Suède, GILD) a rappelé que « la haine ne doit jamais être tolérée » et il a invité les élus locaux et régionaux à se montrer « exemplaires dans leur refus des discriminations ». Pour John Warmisham (Royaume-Uni, SOC/V/DP), l’homophobie croît dans le monde entier et il est effrayant de voir des responsables politiques pointer une personne du doigt en raison de ses orientations sexuelles ».  Josef Frey (Allemagne, SOC/V/DP) a souligné que les droits des LGBTI sont particulièrement menacés dans les pays où la démocratie régresse. Comme un contre-exemple à l’homophobie, il a présenté une brochure destinée à aider les jeunes LGBTI à dédramatiser leur « coming out », réalisée au Land de Bade-Wurtemberg. Mette Gundersen (Norvège, SOC/V/DP) a cité, elle, une campagne éducative menée actuellement dans les écoles de sa ville pour dire non au harcèlement et aux discours de haine. Brigitte van den Berg (Pays-Bas, GILD) estime pour sa part que les collectivités territoriales devraient montrer et illustrer la diversité de genre y compris dans leur politique de communication. 

En outre, tous les intervenants s’accordent avec les rapporteurs pour estimer qu’une société qui discrimine aujourd’hui les LGBTI discrimera d’autres groupes et communautés : il s’agit donc d’un problème de droits de l’homme global, face auquel il est urgent de réagir.

Enfin, la Commission a fait le point sur l’enquête qu’elle a menée cet automne sur les discriminations dont font l’objet les LGBTI en Pologne, notamment à travers des campagnes hostiles et la mise en place de « zones sans LGBTI », et décidé de préparer une résolution à ce sujet.

 

 

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Meeting of the Current Affairs Committee - 10 February 2021

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