Des représentants des conseils nationaux de la jeunesse des États membres du Conseil de l'Europe se sont réunis à Strasbourg du 10 au 12 mars afin de contribuer à la phase de consultation du Nouveau pacte démocratique pour l'Europe. Le séminaire était organisé par le Service de la jeunesse du Conseil de l’Europe et le Forum européen de la jeunesse au Centre européen de la jeunesse de Strasbourg.
Les conseils nationaux de la jeunesse sont des organisations faîtières de la société civile des jeunes au niveau national. Ils constituent depuis longtemps des plateformes essentielles pour la participation démocratique et la représentation des jeunes à travers l’Europe. En rassemblant diverses organisations de jeunesse, ils contribuent à garantir un processus décisionnel inclusif.
Les participants ont discuté des défis croissants auxquels est confrontée la société civile des jeunes dans un contexte de recul démocratique, où les organisations de jeunesse sont les premières visées. Andreea Scrioşteanu, vice-présidente du Forum européen de la jeunesse, a insisté sur ce point dans ses remarques de clôture : « Au cours de la dernière décennie, l’Indice de progrès de la jeunesse[1] (YPI) a constaté que le droit de réunion pacifique a considérablement reculé dans 21 États membres du Conseil de l’Europe. Les manifestations étudiantes en faveur de la démocratie dans plusieurs pays ont été confrontées à des répressions étatiques disproportionnées. »
La Recommandation du Comité des ministres sur le rôle des conseils nationaux de la jeunesse dans l’élaboration des politiques de la jeunesse (CM/REC(2006)1) a éclairé les discussions et les propositions formulées par les participants au séminaire. Cette recommandation s’appuie sur le principe de la cogestion, soulignant que la politique de la jeunesse « devrait reposer sur la coopération entre les pouvoirs publics et les organisations et réseaux de jeunesse pluralistes, et que la création de conseils nationaux de la jeunesse constitue le moyen le plus approprié pour garantir ce pluralisme ».
Les participants ont formulé des propositions d’action pour les cinq prochaines années. Celles-ci portent sur la politique européenne et sa mise en œuvre, les actions de plaidoyer et de campagnes, le financement, le renforcement des capacités et la mise en œuvre du Cadre de référence du Conseil de l’Europe sur la perspective de la jeunesse dans les États membres.
S’adressant aux participants lors de la séance de clôture, le Secrétaire général adjoint du Conseil de l’Europe, Bjorn Berge, a souligné que la démocratie est un processus en constante évolution :
« La démocratie est loin d’être parfaite, et nous devons trouver un moyen de la renforcer et de la revitaliser – avec vous. Vous avez les connaissances, l’expérience et le pouvoir. »
Il a également mis en garde contre la complaisance face à la montée des tendances autoritaires.
« À l’heure où la peur se répand à travers l’Europe, alimentée par la désinformation, l’impunité et l’autoritarisme, nous ne pouvons faire la différence qu’en défendant nos convictions. L'indifférence et la complaisance sont à bien des égards notre pire ennemi. Nous devons lutter pour nos droits – nos droits humains fondamentaux – nos valeurs – et les améliorer et les développer au fur et à mesure. Oui, la démocratie est loin d'être parfaite, mais les alternatives sont bien pires ! », a conclu le secrétaire adjoint.
[1] https://youthprogressindex.org. L'indice de progrès des jeunes mesure des indicateurs sur une échelle de 0 à 100.

