Alors que le recul de la démocratie s’accélère en Europe et dans le monde, travailleurs et travailleuses de jeunesse, décideurs et décideuses politiques et des chercheurs et chercheuses se sont réunis à Strasbourg du 3 au 5 décembre pour renforcer la démocratie, ses jeunes défenseurs et défenseuses et activistes. La conférence internationale « La démocratie en action : le travail de jeunesse compte ! » a été organisée par le Service international pour la jeunesse de la République fédérale d’Allemagne (IJAB), en coopération avec le Service de la Jeunesse du Conseil de l’Europe. Elle a rassemblé 80 participants et participantes autour de trois objectifs principaux : se mettre à la page sur la réalité, créer la solidarité et passer à l’action.
Ouvrant la conférence, Uwe Finke-Timpe, chef de division au ministère fédéral allemand de la Famille, des Personnes âgées, des Femmes et de la Jeunesse, a souligné la pertinence de l’événement : « Nous assistons à une polarisation croissante, à une désinformation généralisée, et même à des attaques ouvertes contre les institutions démocratiques. »
Les données du V-Dem Institute ont illustré cette réalité. En 2004, 49 % de la population mondiale vivait dans des autocraties. Aujourd’hui, ce chiffre atteint 72 %. Le professeur Staffan I. Lindberg, s’appuyant sur 31 millions de points de données, a notamment alerté sur un déclin marqué de la liberté d’expression à l’échelle mondiale.
Pour les participants et les participantes, ces enjeux ne relèvent pas seulement de la théorie, mais du quotidien. C’est le message porté par Sean Currie, membre du Conseil consultatif sur la jeunesse : « La démocratie ne peut fonctionner sans que nous choisissions de nous engager pour elle dans notre vie quotidienne, en politique et dans des espaces comme le Conseil de l’Europe. »
Tout au long du programme, une idée est revenue en force : le travail de jeunesse n’est pas un passe-temps, mais une infrastructure démocratique vitale. Miriam Teuma, présidente du Comité directeur européen pour la jeunesse, l’a résumé ainsi : « Le travail de jeunesse international remplace la peur par la compréhension, le nationalisme par la coopération, et l’isolement par la solidarité. »
La conférence de trois jours a mis en lumière des pratiques inspirantes d’organisations issues de Turquie, du Danemark, de Biélorussie, du Maroc, de Hongrie, d’Allemagne, du Portugal et de Tunisie. À travers des groupes de travail et la session « Graines pour la démocratie », les participants et les participantes ont exploré comment outiller les jeunes pour qu’ils s’engagent, renforcer les compétences des travailleurs et travailleuses de jeunesse et soutenir les organisations dans leur plaidoyer pour un changement systémique.
Cette conférence contribue au Nouveau Pacte démocratique pour l’Europe, et ses propositions seront prises en compte dans la phase de conception, comme l’a souligné Matjaž Gruden, directeur pour la Démocratie au Conseil de l’Europe.

