Il n’y a pas si longtemps, les journaux imprimés, la radio et la télévision étaient les seuls moyens d’information d’une certaine ampleur. Ils le sont encore dans certaines régions du monde et pour bien des populations. Mais depuis à peine plus d’une décennie, on assiste à la multiplication et la diversification des sources d’information, des moyens d’échange d’idées et d’opinions et des modalités de réunions.

Les technologies numériques multiplient et amplifient les voix. Pourtant ces deux mondes ont au moins un point commun : ils participent à la démocratie et ont un véritable impact sur les principes qui la régissent et la font vivre. L’article 10 de la Convention européenne des droits de l’homme qui fixe les principes de la liberté d’expression et de la liberté des médias s’applique à ces médias, qu’ils soient traditionnels ou numériques.

Le Comité directeur sur les médias et la société de l’information (CDMSI) est investi de l'importante mission de diriger les travaux du Conseil de l’Europe dans les domaines de la liberté d'expression, des médias et de la gouvernance de l'internet.

 

Mot du Président -  Ambassadeur Thomas Schneider

Au CDMSI, les membres et les observateurs du Conseil de l’Europe travaillent sur des questions de politique portant sur les médias et la société de l’information dans le cadre des droits de l’homme. C’est un grand honneur, en tant que nouveau Président, d’avoir la possibilité à la fois de contribuer à cet important travail et de représenter ce Comité. 

Les questions de politiques concernant les médias et l’internet sont fondamentales pour toute société démocratique car leur histoire et leur développement sont intrinsèquement liés. L’espace numérique peut puissamment faciliter un discours démocratique plus inclusif et davantage de participation mais aussi l’élaboration de politiques. En donnant la parole aux citoyens, les médias sociaux changent la narration sur la transparence et sont les outils d’une plus grande demande de responsabilité. Un internet libre et ouvert signifie un accès simplifié à l‘information, au savoir, à la culture et à l’éducation, entre autres choses. Il peut faciliter l’exercice de droits comme la liberté d’expression et la liberté d’assemblée, permettant ainsi aux individus d’être des participants actifs de la société.

Dans le même temps, la numérisation pose de nouveaux problèmes en termes de processus politiques, de confiance publique et de démocratie. La prolifération des plateformes en ligne et de services de médias ainsi que les nouvelles manières de communiquer et d’utiliser les médias des citoyens – en particulier des jeunes – entrainent des modifications structurelles importantes dans les écosystèmes des médias. Les plateformes de médias sociaux permettent aux plus grand nombre de s’exprimer mais il est de plus en plus difficile de distinguer les faits vérifiés des faux ainsi que les « opinions » manipulées ou destinées à la manipulation. La vie moderne est certes marquée par plus de compréhension mutuelle mais elle l’est aussi par de nouvelles formes d’extrémisme et de violence. Et, alors que les technologies numériques offrent de nouvelles manières de bénéficier des droits fondamentaux, ces mêmes droits sont soumis à de nouvelles menaces, notamment sur la liberté d’expression et la vie privée, mais aussi la dignité humaine et le respect des plus vulnérables.

C’est pourquoi il faut mieux comprendre les effets de la transformation numérique, positifs comme négatifs, et développer davantage les cadres règlementaires et législatifs pour renforcer les démocraties. 

Avec sa tradition et son expérience des droits de l’homme, de la démocratie et de l’État de droit, le Conseil de l’Europe a une place unique en Europe et au-delà pour fournir aux acteurs, étatique ou non, des orientations pour exploiter les opportunités que présentent les technologies.

 CV de l'Ambassadeur Thomas Schneider 

 

 Réunion du CDMSI 22/07/2017

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