Jeunesse - Les jeunes construisent l'Europe


5e Conférence des ministres européens responsables de la jeunesse

Bucarest, 27-29 avril 1998
25 ans de politique jeunesse au Conseil de l’Europe : Bilan et perspectives


Document d’information préparé par le secrétariat

Contenu :
AVANT PROPOS
I. INTRODUCTION – LES ETAPES DU DEVELOPPEMENT D’UN SECTEUR JEUNESSE AU SEIN DU CONSEIL DE L’EUROPE
II. LES INSTRUMENTS AU SERVICE DE LA POLITIQUE JEUNESSE DU CONSEIL DE L’EUROPE

III. PERSPECTIVES

AVANT PROPOS 

Ce document préparé par le secrétariat se veut avant tout un document d’information sur la politique jeunesse menée au sein du Conseil de l’Europe durant ces 25 dernières années. Il tente de dresser un bilan des actions réalisées et des mesures prises tant au plan gouvernemental qu’au plan pédagogique afin de développer et mettre en oeuvre une politique de jeunesse européenne et d’esquisser les perspectives et les défis qui se présentent à ce secteur face aux changements politiques et sociaux de cette fin de siècle

I. INTRODUCTION – LES ETAPES DU DEVELOPPEMENT D’UN SECTEUR JEUNESSE AU SEIN DU CONSEIL DE L’EUROPE 

Le Conseil de l’Europe lance ses activités dans le domaine de la jeunesse au début des années soixante, dans un climat de contestation de la société et de ses valeurs par les jeunes. Il souhaite ainsi répondre aux demandes et interrogations des jeunes en les reconnaissant d’emblée comme partenaires et acteurs de leur futur.

En 1964, un premier débat est organisé sur la base d’un rapport « un monde malade de sa jeunesse » et en Mai 1968, l’Assemblée Parlementaire du Conseil de l’Europe décide d’organiser régulièrement des débats sur la situation des jeunes en Europe. En 1969, le débat aboutit à une recommandation – portant sur une décision de 1967 du Comité des Ministres du Conseil de l’Europe – relative à la création d’un centre européen de la jeunesse et d’un fonds européen pour la jeunesse.

L’objectif : d’une part développer des activités avec et pour les jeunes et leurs organisations afin de travailler sur des thèmes d’actualité, et d’autre part permettre les rencontres favorisant l’apprentissage individuel et collectif de la découverte de l’autre dans sa différence, mais aussi encourager la participation des jeunes à la construction d’une Europe démocratique et pluraliste.

1er juin 1972 : le centre européen de la jeunesse, établissement résidentiel à caractère pédagogique, est inauguré. Sa capacité d’hébergement à l’époque est de 35 personnes. En 1978, cette dernière double et il peut accueillir désormais jusqu’à 75 personnes.

Cette action est complétée par un Fonds européen de la Jeunesse dont le but est de promouvoir la vie associative en Europe en apportant un soutien financier à des activités multinationales entreprises par des organisations nationales ou internationales de jeunesse dans les états membres du Conseil de l’Europe. Actuellement 39 états membres du Conseil de l’Europe contribuent au budget du Fonds.

Le centre aussi bien que le fonds organisent ou soutiennent des activités ouvertes à tous les jeunes de toutes origines et de toutes conditions sociales.

Les programmes et projets mis en oeuvre par ces deux organes sont gérés par un Conseil de Direction, composé paritairement de représentants gouvernementaux et d’organisations non gouvernementales de jeunesse (actuellement 12 et 12) - c’est l’application du principe de cogestion, né de la volonté politique, exprimée à la création de ces structures, de vouloir travailler non pour mais avec les jeunes.

Le Conseil de Direction est épaulé dans sa tâche par un Comité Consultatif – actuellement composé de 25 représentants, 16 venant d’organisations internationales non gouvernementales de jeunesse, 8 de comités nationaux de jeunesse et un représentant des jeunes organisés de façon non traditionnelle. Cet organe, est chargé de soutenir, par ses propositions et ses avis, le travail du Conseil de Direction.

Le Conseil de Direction et le Comité Consultatif constituent les deux organes statutaires des Centres européens de la Jeunesse et du Fonds européen de la jeunesse.
Après la chute du mur de Berlin en 1989, le Conseil de l’Europe s’ouvre aux pays d’Europe centrale et orientale. Afin de concrétiser cet élargissement et de favoriser les rencontres de jeunes, en novembre 1992 le Comité des Ministres donne son accord à la création d’un deuxième centre européen de la jeunesse.

15 décembre 1995 : ouverture du deuxième centre européen de la jeunesse à Budapest, qui fonctionne selon la philosophie et les principes de la politique jeunesse du Conseil de l’Europe.

Pendant 10 ans, l’action pédagogique reste pratiquement le seul domaine d’intervention du Conseil de l’Europe dans les questions de jeunesse. Cependant, la nécessité de voir progresser une politique de jeunesse commune au plan européen impose alors la création d’une structure de coopération intergouvernementale.

1982 : établissement du CAHJE, comité ad hoc sur les questions de jeunesse, où les représentants des états membres du Conseil de l’Europe et des états parties à la convention culturelle non membres du Conseil de l’Europe – 21 à l’époque - échangent des informations sur leurs politiques de jeunesse respectives et définissent des priorités d’action au plan européen comme la promotion de la participation ou de l’information des jeunes.

1985 : le CAHJE organise à Strasbourg la première conférence des ministres européens responsables pour la jeunesse, dont le thème porte sur la participation des jeunes.

1988 : le Comité des Ministres reconnaît l’importance du secteur et la nécessité de permanentiser la coopération intergouvernementale : le CDEJ, Comité Directeur Européen de Coopération Intergouvernementale dans le domaine de la jeunesse succède au CAHJE. Il poursuit les travaux du CAHJE, en particulier dans le domaine de la mobilité, de l’information, de la participation des jeunes et la recherche dans le domaine de la jeunesse. De 21 membres à l’origine, le CDEJ en compte aujourd’hui 47, les 40 états membres du Conseil de l’Europe et les 7 états parties à la Convention Culturelle européenne non membres du Conseil de l’Europe (les activités de jeunesse trouvant leur origine dans cet instrument)

Le développement des activités dans le domaine de la jeunesse se traduit institutionnellement au sein du Conseil de l’Europe par la création d’une Direction de la Jeunesse en 1992 – ce qui souligne la priorité ainsi accordée à la politique jeunesse dans l’Organisation – chargée de gérer administrativement ces différents organes et d’appliquer une politique commune dans le domaine de la jeunesse

II. LES INSTRUMENTS AU SERVICE DE LA POLITIQUE JEUNESSE DU CONSEIL DE L’EUROPE 

      A. LA COOPERATION INTERGOUVERNEMENTALE

            1. Le CAHJE, Comité ad hoc d’experts sur les questions de jeunesse, première structure de coopération intergouvernementale

La décision du Comité des Ministres de créer ce Comité est l’expression de la volonté des gouvernements de promouvoir la coopération intergouvernementale dans le domaine de la jeunesse et de la nécessité d’assurer un suivi politique aux propositions issues des programmes du CEJ et du FEJ. Ils prennent en effet conscience qu’une action limitée au secteur cogéré ne permet pas de développer les acquis sur une base normative.
Ainsi en témoigne le mandat du CAHJE  qui stipule que l’action de ce dernier doit porter sur :

  • · la promotion de la coopération intergouvernementale
  • · l’échange d’informations, de documents et d’expériences entre gouvernements
  • · l’examen des programmes d’échanges de jeunes bilatéraux et leur développement dans une perspective européenne
  • · le conseil au Comité des Ministres sur les moyens d’assurer un suivi approprié des suggestions d’intérêt commun issues des programmes du CEJ et du FEJ.

Sur la base de ce mandat, le CAHJE détermine les priorités d’action suivantes:

  • · Echanges d’informations sur la situation des jeunes en Europe
  • · Participation des jeunes, facteur d’intégration sociale et du renforcement de la démocratie
  • · Chômage des jeunes : informations sur les mesures gouvernementales et non gouvernementales et évaluation continue de leurs résultats, collecte et diffusion d’informations sur les projets pilotes sur le travail, l’éducation et les loisirs offrant des solutions et des alternatives
  • · information des jeunes et mobilité internationale des jeunes : aider à créer les conditions les plus favorables à leur développement
  • · jeunesse et médias : échanges de vues et recueil des résultats obtenus par d’autres comités du Conseil
  • · information sur les activités du Conseil de l’Europe touchant le domaine jeunesse
  • · recherche dans les domaines suivants :
      • o Jeunesse et vie associative locale
      • o Jeunesse et loisirs, notamment dans les zones péri-urbaines
      • o Dimension locale des activités de jeunesse

Le CAHJE définit ainsi les grands axes prioritaires de la coopération intergouvernementale, repris par la première Conférence des ministres européens responsables de la jeunesse à Strasbourg en 1985, dont le thème porte sur la participation des jeunes. Les résultats de cette conférence traduisent l’affirmation politique de définir en commun les grandes lignes d’une politique européenne de jeunesse.

La conférence recommande le renforcement des structures de jeunesse du Conseil de l’Europe pour mettre en place une politique commune de jeunesse et confirme la nécessité de créer une structure de planification et de programmation de coopération intergouvernementale :

«  d’assurer …. La recherche d’une plate-forme d’action intergouvernementale dans le secteur de la jeunesse assurant la continuité et le renforcement de cette coopération intergouvernementale dans le cadre du Conseil de l’Europe au-delà du mandat actuel du comité ad hoc d’experts sur les questions de jeunesse»

Ceci aboutit à la création du CDEJ et aussi la tenue périodique de conférences ministérielles.

Le bilan normatif du CAHJE – l’élaboration d’instruments juridiques afin de promouvoir la coopération intergouvernementale relève en effet des compétences des comités d’experts - est limité. Le seul projet de recommandation sur le congé éducatif payé au titre de la participation à des activités internationales de jeunesse est abandonné car à l’époque la situation économique n’est pas jugée propice à l’accomplissement de progrès notable dans ce secteur et il est décidé de reprendre ces travaux plus tard…. Cependant, le travail exploratoire du CAHJE sur la situation des jeunes en Europe permet de délimiter le champ d’intervention de l’action intergouvernementale et d’en fixer les grandes priorités politiques qui restent toujours d’actualité.

            2. Le CDEJ, Comité Directeur Européen de coopération intergouvernementale dans le domaine de la jeunesse succède au CAHJE

En 1988, le Comité des Ministres, sur proposition de la conférence ministérielle de 1985, transforme le CAHJE en Comité Directeur, responsable de la programmation et de la planification des activités de coopération intergouvernementale dans le domaine de la jeunesse.

Cela se traduit dans le mandat par des obligations supplémentaires issues directement des orientations de travail développées précédemment par le CAHJE comme :

  • · La coopération avec le Conseil de Direction et le Comité Consultatif du CEJ et du FEJ dans des domaines d’intérêt commun ainsi qu’avec d’autres comités directeurs ou ad hoc dans la mise en oeuvre de projets communs à plusieurs domaines d’activités
  • · Préparer les conférences des ministres européens responsables de la jeunesse et en assurer le suivi, compte tenu des décisions du Comité des Ministres à cet égard

Une nouvelle obligation s’ajoute au mandat en 1995 :

Conséquence directe et concrète de l’action du CDEJ en faveur de la mobilité des jeunes.
Il faut rappeler ici que les thèmes qui déterminent l’action du CDEJ trouvent parfois leur origine dans des initiatives proposées et développées par les organisations non gouvernementales de jeunesse, partenaires du Conseil de l’Europe. Il s’agit là d’une forme de partenariat entre gouvernements et organisations de jeunesse qui découle directement du mandat du CDEJ « assurer un suivi approprié dans le cadre du programme intergouvernemental d’activités, des suggestions d’intérêt commun issues des programmes des CEJ et du FEJ… ». Ces initiatives peuvent être confortées au niveau politique le plus élevé par les conférences ministérielles.

Le suivi assuré par le CDEJ peut se traduire soit par l’élaboration de normes européennes du type recommandations, convention, instruments classiques de mise en oeuvre de la coopération intergouvernementale, soit par la proposition d’activités pouvant être intégrées dans les programmes pédagogiques des CEJ, par exemple cours de formation à la médiation, à l’information…

            3. Le mandat du CDEJ

L’étude de l’exécution de son mandat par le CDEJ permet d’établir l’interaction existant entre ces deux types d’intervention ainsi que celle existant entre le secteur gouvernemental et le secteur cogéré de même qu’il permet de mettre en exergue la complémentarité d’action entre les différents secteurs du Conseil de l’Europe et d’autres organisations internationales.

    a) Promouvoir la coopération intergouvernementale … et servir de cadre à l’examen des politiques nationales de jeunesse

Cette action débute en 1987. Le CAHJE commence à explorer les diverses facettes des politiques jeunesse. Mandat est donné à un comité d’experts sur des thèmes choisis de politique de jeunesse sur la participation et la marginalisation (recommandations de la 2ème conférence des ministres, Oslo, 1988). Son rapport « la participation comme moyen d’intégration des jeunes à risques dans la société » est adopté en 1989 et sa publication autorisée par le Comité des Ministres.

Ce travail se poursuit en 1990 par la rédaction d’un rapport de comité d’experts sur les politiques locales en matière de jeunesse intitulé «l’élaboration d’une approche intégrée pour la planification d’une politique de jeunesse au niveau local » adopté en 1994 par le CDEJ.

L’examen des politiques de jeunesse se développe à plus large échelle, à la suite de la proposition finlandaise lancée lors de la réunion informelle des ministres européens responsables de la jeunesse à Luxembourg (mai 1995). Une évaluation nationale des politiques jeunesse complétée par une évaluation internationale est mise en route. Ces deux évaluations, confrontées lors d’une audition devant le CDEJ, permettent de dégager tous les aspects, tant positifs que négatifs de cette politique. Une équipe tripartite - membres du CDEJ, chercheurs et représentants d’organisations de jeunesse partenaires de la Direction de la Jeunesse - est chargée de l’évaluation internationale. La première audition sur l’examen croisé des rapports national et international sur la politique de jeunesse en Finlande se déroule en octobre 1997 au CEJ de Strasbourg.

A ce jour, les Pays-Bas, l’Espagne, la Roumanie, la Suède, l’Estonie et la Norvège se sont portés candidats à cette évaluation.

Il s’agit de faire le point sur l’évolution des politiques nationales au plan européen et la mise en place de politiques globales et intégrées de jeunesse – recommandation de la Conférence ministérielle de Vienne, avril 1993 – et en dégager les principes communs à une politique européenne de jeunesse.

    b) Stimuler l’échange d’informations, de documents et d’expériences entre les gouvernements dans le but de donner aux autorités nationales compétentes les moyens de suivre l’évolution des questions de jeunesse dans les Etats Parties à la Convention Culturelle.

Depuis 1982, les échanges d’informations sur les politiques de jeunesse essentiels à la réflexion et l’élaboration de méthodes sont régulièrement réalisés sous une forme ad hoc. En 1993, l’échange devient systématique, entre autres afin de permettre à chacun des 47 membres du Comité de pouvoir s’exprimer : un tour de table est organisé durant les deux réunions plénières du CDEJ : les membres du Comité s’informent mutuellement de tout changement intervenu dans leurs politiques de jeunesse nationales. En octobre 1997, le CDEJ décide d’élargir ce tour de table en y introduisant des exposés plus détaillés sur la politique de certains pays désignés lors de la réunion précédente.

Ce tour de table bi-annuel permet d’avoir une vue générale sur l’évolution des politiques de jeunesse en Europe et d’en dégager les orientations : ainsi, on peut constater – si l’on examine le rapport de ces tours de table des trois dernières années - que la notion de politique globale et intégrée de jeunesse commence à s’ancrer dans les conceptions nationales de politiques jeunesse. Il est complété depuis 1995 par la production d’une étude comparative sur les politiques et législations nationales régulièrement mise à jour.

    c) Conseiller le Comité des ministres sur les moyens d’assurer un suivi approprié, dans le programme intergouvernemental d’activités, des suggestions d’intérêt commun, issues des programmes des Centres européens de la Jeunesse et du Fonds Européen pour la jeunesse

C’est dans ce cadre s’articulant autour des priorités définies à l’origine par le CAHJE que le CDEJ va entreprendre ses grands travaux, en particulier dans le domaine de la mobilité, de l’information et de la participation des jeunes

    c.1 La mobilité

Le CAHJE, puis le CDEJ ont toujours considéré la mobilité des jeunes comme un élément primordial d’une politique de jeunesse européenne, parce qu’elle représente un moyen essentiel pour encourager l’enrichissement personnel et l’autonomie individuelle, pour promouvoir la paix et la compréhension entre les peuples, combattre la xénophobie et le racisme et créer les conditions favorables à l’acquisition d’une identité culturelle européenne.

En 1988, un comité d’experts sur la promotion de la mobilité des jeunes est chargé d’identifier les barrières à cette mobilité ; il en dénombre quarante analysés dans le rapport « barrières à la mobilité des jeunes ». Ses travaux servent à préparer la Conférence de Lisbonne (septembre 1990) dont le thème porte sur la mobilité des jeunes en Europe, et à élaborer un projet de convention-cadre sur la mobilité des jeunes.
Cependant, devant la crise économique à l’Ouest et l’ouverture des frontières à l’Est, le CDEJ décide en mars 1993 de ne pas soumettre le projet de convention-cadre à la Conférence ministérielle de Vienne, et ce malgré de nombreuses déclarations de principe en faveur de la mobilité :

Déclaration des ministres responsables de la jeunesse des 12 pays de la CEE (colloque « génération 93 », Paris, novembre 1989) ;

Recommandation 1191 de l’Assemblée Parlementaire soutenant le développement de politiques en faveur de la mobilité des jeunes tel que recommandé par la 3ème Conférence des ministres européens responsables de la jeunesse (Lisbonne, 1990) ;

Communiqué final de la 5ème conférence des ministres européens sur les mouvements des personnes en provenance des pays d’Europe centrale et orientale (Vienne, Janvier 1991)  recommandant la promotion des échanges de jeunes, en particulier dans un but de formation;

Résolution de la conférence des ministres européens de l’éducation (Madrid, mars 1994) sur la nécessité de promouvoir la mobilité des jeunes, notamment dans le cadre des échanges scolaires

A Vienne, malgré l’échec du projet de convention, la Conférence recommande au Comité des Ministres de charger le CDEJ de :

« continuer ses travaux concernant la mobilité des jeunes, travaux qui devraient permettre d’identifier les barrières actuellement existantes, entravant la mobilité des jeunes et de définir un cadre destiné à préciser les règles, les modalités et le volume d’une mobilité des jeunes pouvant être considérée comme acceptable par les Etats membres de la Convention culturelle pour les années à venir

…. Prendre des mesures pour réduire les barrières existantes……….

……..les expériences réalisées par les pays membres devraient être évaluées et les progrès accomplis….. constamment suivis par le CDEJ »

Sur la base de ce mandat, le CDEJ nomme un groupe de travail. Ses travaux aboutissent à l’élaboration d’un projet de recommandation sur la mobilité des jeunes qui fixe le cadre et les modalités d’exécution d’un projet de mobilité de qualité. Cette recommandation R (95) 18, adoptée en octobre 1995 par le Comité des Ministres, est assortie d’un mandat au CDEJ de « veiller à l’application de la recommandation R (95) 18 du Comité des Ministres aux Etats membres sur la mobilité des jeunes ….. et pour ce faire :

recueillir et diffuser les informations sur les accords bilatéraux et multilatéraux

….

Poursuivre la concertation engagée pour réduire les obstacles existants ……

Soumettre un rapport biennal au Comité des Ministres sur ses activités en matière de mobilité des jeunes.

Ce mandat donne certes au CDEJ la possibilité d’exercer un quasi contrôle sur la mise en oeuvre de la recommandation, mais génère aussi une obligation de résultats sur l’amélioration de la mobilité des jeunes.

Dans les faits,  l’application de ce mandat aboutit aux résultats suivants:

  • · la Direction de la Jeunesse recueille les accords bilatéraux - et ce depuis 1994 - et procède à une mise à jour annuelle qui permet d’évaluer l’évolution des échanges de jeunes dans un cadre bilatéral.
  • · Le groupe de travail a procédé à la réactualisation du rapport sur les obstacles à la mobilité, présenté un certain nombre de recommandations en la matière, et défini des priorités d’action, en l’occurence les obstacles administratifs, et notamment le problème des visas et de leur coût.
  • · Le premier rapport biennal qui aurait dû être soumis au Comité des Ministres fin 1997 est reporté en 1998 en raison du laps de temps trop court écoulé entre la mise en oeuvre de la recommandation et son évaluation, ce qui n’a pas permis de rassembler des données fiables pour l’ensemble des pays concernés, mais aussi l’impossibilité d’avancer positivement en ce qui concerne la suppression des visas

Cette action, dont la portée certes réduite – il s’est agi tout d’abord de promouvoir la mobilité, puis de la faciliter et enfin de la rendre possible - demeure d’une importance politique certaine dans le domaine de la mobilité, est complétée par l’instauration d’instruments qui permettent d’oeuvrer concrètement en faveur de la mobilité des jeunes.

La Carte Jeunes :

Sur la base des propositions formulées dans le Protocole de Lisbonne (1990), le Comité des Ministres adopte en 1991 la Résolution (91)20 instituant un Accord Partiel Carte Jeunes destiné à promouvoir la mobilité des jeunes en Europe. Actuellement 15 Etats sont membres de cet Accord. Sur recommandation de la conférence de Vienne, des travaux exploratoires entre l’Union Internationale des Chemins de Fer, la Fédération européenne des auberges de jeunesse, Eurodesk, Eryica, l’Association européenne des Cartes Jeunes, la Commission des Communautés Européennes, les représentants des organisations de jeunesse et le Conseil de l’Europe sont en cours afin d’examiner la possibilité de transformer la carte jeunes en carte de services facilitant la solution de problèmes importants tels assurance, transport, logement, information ce qui constituerait une étape capitale dans la promotion de la mobilité des jeunes.

La Carte Interrail :

Après l’appel lancé en 1992 pour la sauvegarde du système Interrail par les organisations de jeunesse durant la 2ème semaine européenne de la jeunesse à Bratislava, relayé par les ministres lors de la conférence de Vienne en avril 1993, des pourparlers s’engagent en juin 1993 entre les représentants du Conseil de l’Europe, du CDEJ, des organes statutaires des CEJ/FEJ et l’Union Internationale des Chemins de Fer. Ils aboutissent en mars 1994 à la mise en place d’un nouveau système Interrail.

Le Fonds spécial de financement des voyages de jeunes défavorisés :

Un accord de partenariat, signé en 1994 entre le Conseil de l’Europe et l’Union Internationale des Chemins de fer (UIC), établit un Fonds spécial de financement des voyages en chemin de fer de jeunes défavorisés qui souhaitent développer des projets européens. Ce partenariat a pour but de favoriser la mobilité des jeunes défavorisés socialement et économiquement. Pour ce faire, l'UIC met à leur disposition des titres de transports ferroviaires gratuits financés par les sommes prélevées sur chaque vente de chaque carte Interrail en Europe, à savoir 1 Ecu par carte. Le fonds ainsi constitué est géré par un organe composé de représentants du Conseil de Direction des CEJ/FEJ et de l'UIC.

Le CDEJ a complété cette action en travaillant sur un autre volet de la mobilité contribuant à l’éducation civique, aux échanges interculturels et à l’acquisition d’une conscience européenne : le service volontaire à long terme effectué à l’étranger ou avec d’autres jeunes Européens.

En 1991, un comité d’experts sur le service volontaire est mis en place afin d’étudier les possibilités de développer le service volontaire au plan européen. Son rapport, achevé en octobre 1993 et adopté à la fin du même mois par le CDEJ, sert de base à l’élaboration de la Recommandation R (94) 4 du Comité des Ministres sur la promotion d’un service volontaire dont le but est de promouvoir le service volontaire sous toutes ses formes, tant à l’échelon national qu’européen et pour ce faire notamment « d’encourager l’intensification de la coopération entre l’Union Européenne et le Conseil de l’Europe, afin de créer un cadre politique, juridique et financier adapté en vue de soutenir le service volontaire dans tous les pays d’Europe ».

La question du service volontaire, reprise lors de la réunion informelle des ministres à Luxembourg (mai 1995), est alors considérée comme prioritaire. Il s’agit de mieux définir les objectifs du service volontaire, de recenser les problèmes et obstacles qui se posent, d’analyser les motivations des jeunes afin d’élaborer un instrument juridique adéquat.

Le groupe de travail du CDEJ sur la mobilité élabore alors un avant-projet de convention sur le service volontaire transnational à long-terme, le soumet au CDEJ qui en accepte le principe à sa réunion de mars 1996. Le groupe travaille ensuite sur ce texte à la lumière des amendements soumis par les états membrs et en présente la version finale au Comité lors de la session d’octobre 1997. Accepté par ce dernier, le texte est ensuite soumis pour adoption au Comité des Ministres en mars 1998. Cet instrument – extrêmement important pour la promotion du service volontaire en Europe - définit le cadre légal d’un projet de service volontaire transnational à long terme ainsi que les droits et obligations des parties.

Il convient de souligner ici la complémentarité d’action entre le Conseil de l’Europe et la Commission des Communautés Européennes, puisque cette convention peut servir de cadre juridique aux projets de service volontaire menés par la Commission et répond ainsi à la Recommandation R (94) 4 qui préconise cette coopération.

Enfin, il faut mentionner une autre action dans le domaine de la mobilité, lancée en 1988 : l ‘étude sur la mise en oeuvre d’un programme de formation et d’échanges dans le secteur jeunesse destinés à accroître la qualité des projets de mobilité et d’un programme de stages d’initiation à la coopération pour jeunes fonctionnaires. Objets de nombreuses réticences, car certains pensent qu’ils doivent être mis en place par chaque Etat membre, ils sont finalement réalisés et développés dans le cadre de la coopération avec les nouveaux Etats membres. La Commission des Communautés européennes porte un intérêt certain à ce type d’activités pour lequel des formules de partenariat sont actuellement en examen.

Cette vue d’ensemble de l’action du CDEJ en faveur de la mobilité permet de constater qu’un certain nombre d’outils tant normatifs que pratiques sont désormais disponibles, mais qu’ils nécessitent un réel effort de suivi et de contrôle tant dans leur application que dans leurs résultats et surtout une action coordonnée entre tous les partenaires concernés afin de parvenir à développer une véritable mobilité accessible à tous les jeunes en Europe.

      c.2 L’information et le conseil aux jeunes

Cette action résulte des priorités définies par le CAHJE, soutenues par la première conférence ministérielle (Strasbourg, 1985). Elle représente un exemple remarquable de l’interaction entre normatif et application pratique.

Elle débute en 1987 par la création d’un comité d’experts sur l’information et le conseil aux jeunes dont les conclusions aboutissent à l’élaboration de la Recommandation R (90) 7 sur l’information et le conseil aux jeunes. Ce texte constitue le premier instrument juridique international, quoique non contraignant, à reconnaître le droit des jeunes à l’information et à fixer les critères d’une information de qualité :

…. « promouvoir et soutenir la création et/ou le développement d’instances et de services appropriés d’information et de conseil respectant les principes suivants : polyvalence des services et pluralismes des sources, exhaustivité des réponses fournies aux jeunes, respect du droit des jeunes à l’anonymat et fiabilité de l’information, accès sans discrimination, à caractère non commercial, promotion de l’autonomie des jeunes » …

Un groupe de travail du CDEJ procède en 1994 à une évaluation de la mise en oeuvre de ce texte. Ses résultats font apparaître, entre autres, un réel besoin de formation des personnels chargés de l’information et la nécessité d’instaurer une formation à l’échelon européen.

Le CDEJ prend alors la décision politique de mettre en place ce type de formation afin de développer une information de qualité pour les jeunes répondant aux critères tels que fixés par la Recommandation. Cette décision se matérialise par la signature d’un Accord de Partenariat le 2 avril 1997 entre le Conseil de l’Europe et Agence Européenne d’Information et de Conseil aux jeunes (ERYICA) dont l’objectif correspond aux exigences de la Recommandation, et prévoit en particulier l’organisation de cours de formation à l’intention des personnels chargés de l’information et du conseil aux jeunes.

Entérinée par le Conseil de Direction, cette formation est incluse dans le programme d’activités des CEJs. Le premier cours a eu lieu en décembre 1998 au CEJ de Budapest avec l’aide et le concours d’ERYICA.

Cette activité est l’illustration des retombées que peut avoir au plan pratique le contrôle d’application d’un instrument juridique international même à caractère non contraignant et de l’intervention nécessaire du politique dans des actions de formation qui relèvent des compétences des organes statutaires des CEJ/FEJ.

Pour compléter son action dans le domaine de l’information des jeunes, le CDEJ reprend actuellement des propositions du CAHJE et du secteur cogéré sur les jeunes et les media, y incorporant le développement des nouvelles technologies, en se proposant de les étudier sur deux plans : d’un point de vue éthique, comment ces média combattent-elles la violence, la propagation d’idées extrémistes et comment les y aider et du point de vue de l’intégration sociale et de la participation

Ces actions, tant en faveur de l’information que de la mobilité des jeunes demandent un réel contrôle et suivi de leur mise en oeuvre. Enfin, elles ne se comprennent pleinement qu’à la lumière du concept qui les sous-tend, la participation des jeunes, dont le but est de favoriser la participation des jeunes à la construction d’une Europe démocratique et pluraliste ainsi que la prise de responsabilité au sein de la société civile.

      c.3. La participation des jeunes

Thème récurrent de l’action du CAHJE et du CDEJ qui relève de la philosophie appliquée au sein du secteur jeunesse du Conseil de l’Europe « travailler pour et avec les jeunes », et constamment d’actualité dans la coopération avec les organisations de jeunesse qui collaborent avec le Conseil de l’Europe, son application se traduit dans les faits par trois types de partenariats : la consultation, la concertation et la cogestion

      i.La consultation

Les résultats et conclusions des activités éducatives réalisées par les organisations de jeunesse et les jeunes dans le cadre des CEJ/FEJ font l'objet de rapports et de synthèses où s’expriment les opinions des jeunes sur leur avenir, susceptibles d’intéresser, voire d'influencer les travaux du Conseil de l'Europe et plus directement ceux du CDEJ. Certaines activités telles les symposia auxquels sont associés jeunes, experts et acteurs de la vie politique et sociale permettent d'émettre des avis et des recommandations à l'intention des instances les plus élevées du Conseil de l'Europe, par l'intermédiaire des organes statutaires des CEJ/FEJ.

Les opinions des jeunes s’expriment aussi au sein du Comité consultatif composé de 24 organisations de jeunesse représentatives et d'un représentant de jeunes organisés de façon non traditionnelle qui, par ses propositions et ses avis, est chargé de soutenir le travail du Conseil de Direction, organe de gestion des CEJ/FEJ. Il est également habilité à donner son avis sur la politique menée par le Conseil de l'Europe en matière de jeunesse, et le cas échéant, élaborer des recommandations à l'intention du Comité des Ministres. Il est représenté, avec statut de membre non-votant au Conseil de Coordination de l'Accord Partiel Carte Jeunes et au Comité de Coordination de l’accord de partenariat avec ERYICA. Son président participe aux réunions de la Conférence européenne des cartes jeunes qui regroupe 26 systèmes nationaux de cartes jeunes.

      ii. La concertation

Cette forme de partenariat est caractérisée par un dialogue suivi et régulier entre les différents acteurs du secteur jeunesse et peuvent aboutir le cas échéant à des prises de position communes.

Au cours d’une réunion jointe une fois par an, le CDEJ et le Comité consultatif examinent ensemble leurs travaux respectifs, échangent des informations et confrontent leurs points de vue. Politiquement, cette réunion jointe est d'une grande importance, car elle constitue un lieu privilégié ou s'élaborent des prises de position communes sur des aspects importants du travail gouvernemental et non-gouvernemental de jeunesse au sein du Conseil de l'Europe.

La concertation se pratique également entre le Conseil de Direction, le Comité consultatif et le CDEJ. Les réunions régulières de leurs trois présidents ont pour but de préparer les réunions jointes et d'adopter, le cas échéant, des stratégies d'action sur des dossiers urgents.

Dans le cadre de la préparation des conférences ministérielles, la concertation se traduit par la participation de deux représentants de l’organe de coordination des organisations de jeunesse coopérant avec les organes statutaires des CEJ/FEJ aux réunions du groupe préparatoire du CDEJ chargé de préparer les conférences. Depuis 1988, après avoir été invités tout d'abord à prendre place à la table des ministres, les organisations de jeunesse sont désormais invitées à présenter leur propre évaluation de la conférence précédente tant sur la forme que sur la mise en oeuvre des recommandations adoptées. Il s’agit là d’une initiative qui devance les mesures prises à l’échelle nationale.

La concertation s’établit également avec l'Assemblée Parlementaire du Conseil de l'Europe, notamment sa sous-commission de la jeunesse et des sports devenue un interlocuteur des organisations de jeunesse, par le biais de l'organisation de tables rondes sur des sujets d'actualité qui peuvent déboucher sur des initiatives de ladite Assemblée en faveur des jeunes. Ainsi la sous-commission a soutenu l'action des jeunes en faveur du maitien du système Interrail. Elle se développe également maintenant avec le Congrès des Pouvoirs locaux et régionaux d’Europe (CPLRE) et son sous-groupe jeunesse : en témoigne la conférence jointe CDEJ/CPLRE sur l’évaluation de la charte sur la participation des jeunes à la vie municipale et régionale organisée en octobre 1997 à laquelle des représentants d’organisations de jeunesse étaient invités.

Une autre forme de concertation s'est développée au travers de la mise en oeuvre, avec le soutien du programme Demosthène du Conseil de l'Europe, d'un programme de coopération avec les pays d'Europe centrale et orientale dont le but est de développer des structures de jeunesse démocratiques et pluralistes. Ce programme consiste essentiellement à organiser des stages de formation de responsables d'organisations de jeunesse auxquels participent des fonctionnaires gouvernementaux, qui favorisent la concertation entre organisations de jeunesse et représentants gouvernementaux sur les possibilités de développement des politiques de jeunesse et de mise en place de structures appropriées.

Enfin des réunions consultatives sont organisées régulièrement dans le cadre du programme des CEJ/FEJ afin de permettre aux différents partenaires de la politique jeunesse du Conseil de l'Europe d'évaluer les travaux des CEJ/FEJ, et de les adapter aux besoins en constante évolution.

      iii. La cogestion

Il s'agit de la forme la plus élaborée de partenariat puisqu'elle partage paritairement le pouvoir de décision entre représentants gouvernementaux et ceux des organisations de jeunesse. En effet, au-delà des décisions prises en commun, elle responsabilise les partenaires à la mise en oeuvre des décisions prises. Cette formule illustre parfaitement la philosophie de la politique jeunesse du Conseil de l'Europe : promouvoir la participation effective des jeunes à la construction de l'Europe.

La cogestion s’applique au sein du Conseil de Direction des CEJ/FEJ composé de 12 représentants gouvernementaux et 12 représentants d'organisations de jeunesse.

Toutes les décisions relatives à l'octroi d'aides financières par le FEJ ainsi que le programme d'activités des CEJ sont prises par le Conseil de Direction. Il est, en outre, habilité à présenter des propositions et des recommandations relatives à la politique jeunesse du Conseil de l'Europe aux instances les plus élevées de l'organisation. Ainsi, au-delà de leur rôle de gestion des programmes, gouvernements et organisations de jeunesse sont en mesure de démontrer qu'il est possible, malgré les difficultés à conjuguer des intérêts et des impératifs parfois différents, de proposer un modèle de participation et de partenariat en lien avec les idéaux et les objectifs de démocratie du Conseil de l'Europe.

Outre cette application « sur le terrain » de la participation, ce thème est un point permanent à l’ordre du jour du CDEJ depuis la première conférence ministérielle en 1985 sur la participation des jeunes, et repris par toutes les conférences ministérielles, avec comme objectif de promouvoir la participation des jeunes à l’échelon européen en s’inspirant du modèle instauré par le secteur jeunesse du Conseil de l’Europe.
Après plusieurs textes du CDEJ sur cette question, tout ce travail de réflexion et d’approfondissement sur le concept de participation se concrétise dans des publications :

  • · « la participation des jeunes », compilation des recommandations du Comité en la matière, publié en 1998
  • · « clés pour la participation », un guide à l’usage des praticiens qui analyse un certain nombre de projets de participation, les causes de leur succès ou de leur échec, et comporte une grille d’évaluation par les jeunes de leur participation à un projet
  • · par l’adoption d’une Recommandation R (97)3 par le Comité des Ministres sur la participation des jeunes et l’avenir de la société civile réaffirmant le rôle capital de la participation des jeunes dans la construction de la société civile et la nécessité de combattre la crise de la participation à la vie institutionnelle et associative. Sa mise en oeuvre constitue le fondement d’un nouveau mandat pour le CDEJ dans le domaine de la participation.

Il se traduit également par le lancement d’un projet de formation « éducation à la citoyenneté », résultat tangible de la coopération avec le CPLRE puisque ce projet sera organisé conjointement avec l’association Youth Planet, un réseau européen de conseils municipaux et de parlements de jeunes soutenu par le groupe jeunesse du CPLRE. Ce projet représente une première étape dans l’application des dispositions de la Recommandation qui recommande de « mettre sur un réseau de programmes européens pour les jeunes, en particulier pour les jeunes défavorisés ». Il anticipe également le plan d’action du 2ème Sommet des Chefs d’état et de gouvernement d’octobre 1997 qui considère l’éducation à la citoyenneté comme une des priorités du Conseil de l’Europe.

  • · L’action du CDEJ s’élargit maintenant à la lutte contre l’exclusion sociale et l’intégration des jeunes marginalisés, la promotion de la participation ne pouvant répondre seule aux problèmes auxquels sont confrontés les jeunes dans un contexte de bouleversements économiques et sociaux. Une projet pilote sur la médiation « nouveau lien social » est lancé depuis 1997 afin de permettre à des jeunes de devenir médiateurs dans des conflits entre administrations et jeunes, entre jeunes de différentes ethnies, entre jeunes et leurs familles…il s’agit de redonner un rôle social aux jeunes dans leur environnement. Le CDEJ a considéré ici la portée politique de ce projet – présenté par l’Association européenne des jeunes médiateurs - son aspect innovateur et sa possibilité de se développer en initiative européenne pour en faire un projet d’intérêt commun repris par le Conseil de Direction dans le programme d’activités des centres

Dans le cadre d’une politique globale et intégrée de jeunesse qui permet de traiter tous les problèmes auxquels est confronté un jeune et de développer une coordination des services qui doivent les gérer, le CDEJ décide de se réapproprier le champ d’intervention dans le domaine social en développant des initiatives qui permettent aux jeunes de s’intégrer à la société. Réappropriation, en effet, car cette question était déjà prioritaire pour le CAHJE, en particulier le chômage des jeunes. En effet, un échange d’informations sur les mesures gouvernementales et non gouvernementales et une évaluation continue de leurs résultats, la collecte et la diffusion d’informations sur les projets pilotes sur le travail, l’éducation et les loisirs offrant des solutions et des alternatives devaient être organisés régulièrement.

Au vu de la situation actuelle en Europe qui, bien que diverse selon des pays, présente des caractéristiques communes – diminution de la participation démocratique et accroissement de l’exclusion sociale - la participation et la cohésion sociale deviennent les deux grands pôles d’activité du CDEJ, la mobilité et de l’information étant incluses dans ces deux pôles comme vecteurs d’intégration des jeunes à la société.

Enfin le CDEJ – conformément aux dispositions de la Recommandation R (92) 7 sur la communication et à la coopération dans le domaine de la recherche sur la jeunesse en Europe – met en place un autre instrument pour cerner au mieux la situation des jeunes et des politiques nationales de jeunesse en Europe, un réseau européen de correspondants chercheurs dans le domaine de la recherche sur la jeunesse, secondé au sein de la Direction de la Jeunesse par une unité de recherche et de documentation chargée d'évaluer, de stimuler et de coordonner les actions menées en Europe dans le domaine de la recherche, de canaliser et orienter les demandes en matière d'information.

    d) Coopérer avec le Conseil de direction et le comité consultatif des Centres et du Fonds dans les domaines de sa compétence ainsi qu’avec d’autres comités directeurs ou ad hoc dans la mise en oeuvre de projets communs à plusieurs domaines d’activités

La coopération avec le Conseil de Direction et le Comité consultatif est décrite dans le passage consacré à la participation.

En ce qui concerne la participation à des projets communs à plusieurs domaines d’activités ou projets multidisciplinaires, à ce jour le CDEJ a coopéré à trois projets multidisciplinaires :

      i.les politiques de l’enfance, projet lancé par la Direction des Affaires sociales : un différend surgit à cette occasion sur les limites d’âge de l’enfance, 0-18 ans selon la convention de l’ONU sur les droits de l’enfant, et celles de la jeunesse, 15 - 25 ans selon le CDEJ, pour qui on ne saurait appliquer une politique de l’enfance. Cette question non résolue ne permet pas au CDEJ de s’impliquer réellement dans ce projet, même s’il est reconnu que les activités du Conseil de l’Europe sur les politiques de l’enfance doivent être prises en compte dans le cadre d’une politique cohérente en faveur de la participation des jeunes (Recommandation R (97)3 du Comité des ministres sur la participation des jeunes et l’avenir de la société civile). Elle permet cependant de développer une action commune DASE/CEJ pour les organisations s’occupant d’enfants en Russie.

      ii.la démocratie directe et les droits de l’homme : projet lancé par la Direction des Droits de l’Homme. Là encore les résultats ne sont pas probants, la contribution du CDEJ se limite à un texte sur la participation inclus dans le rapport et ne débouche sur aucune action commune.

      iii.« Dignité humaine et exclusion sociale » : projet lancé par la Direction des Affaires sociales. Les résultats sont plus concluants et ont abouti au lancement de l’activité sur la médiation – contribution à ce projet qui permet d’élargir le champ d’activités du CDEJ à la lutte contre l’exclusion sociale des jeunes et à une sélection de clips vidéo envoyés par les membres du CDEJ sur des projets réussis de lutte contre l’exclusion sociale – contribution à la conférence finale du projet.

Actuellement, après le deuxième sommet des chefs d’état et de gouvernement (Strasbourg, octobre 1997) dont le plan d’action préconise le lancement de programmes en faveur de l’éducation à la citoyenneté, une action commune se met en place avec la Direction de l’éducation, de la culture et du sport, par l’intermédiaire de son groupe de projet « éducation à la citoyenneté ».

Il faut noter que le CDEJ n’a pour l’instant pas pris l’initiative d’un projet multidisciplinaire, alors que les questions de jeunesse, activité transversale s’il en est, peuvent parfaitement faire l’objet d’une telle opération. Il existe certes des coopérations, dans le cadre des activités pédagogiques et intergouvernementales – par exemple la préparation du symposium sur les jeunes et les média avec la Direction des Affaires sociales (projet politiques de l’enfance) et la Direction des Droits de l’Homme (Comité Directeur Européen des Mass Media) - mais souvent ponctuelles et sans suivi. Sans doute la structure par directions du Conseil de l’Europe ne favorisent-elles pas le décloisonnement et la coopération par projets, mais le CDEJ doit considérer la coopération avec les autres secteurs de l’Organisation comme une expression de sa volonté d’instaurer au plan européen un modèle de politique globale et intégrée de jeunesse.

Parallèlement la coopération se poursuit avec d'autres secteurs du Conseil de l'Europe : avec la Sous-commission jeunesse de l'Assemblée Parlementaire, dont des représentants participent régulièrement aux travaux du CDEJ et aux conférences ministérielles en tant qu’observateurs, et participation de membres du CDEJ aux tables rondes et aux débats organisés par l'Assemblée sur la situation des jeunes – le dernier débat a eu lieu en avril 1996. La coopération se développe aussi avec le Congrès des Pouvoirs locaux et régionaux et son sous-groupe jeunesse, en témoigne l’organisation conjointe en octobre 1997 de la conférence sur l’évaluation de la mise en oeuvre de la Charte sur la participation des jeunes à la vie locale et régionale.

  •  

    e) Préparer les conférences des ministres responsables de la jeunesse et en assurer le suivi…

A ce jour, quatre conférences et une réunion informelle ont été organisées :

  • · à Strasbourg en 1985 : participation des jeunes à la société
  • · Oslo, 1988 : Stratégies pour des politiques européennes de la jeunesse en vue de l'an 2000
  • · Lisbonne, 1990 : la mobilité des jeunes en Europe
  • · Vienne, 1993 : les jeunes dans la Grande Europe
  • · Luxembourg, 1995 : bilan et perspectives du travail jeunesse au Conseil de l’Europe

L’organisation de conférences à espaces réguliers découle des recommandations de la première conférence qui « recommande au Comité des ministres du Conseil de l’Europe de renforcer la politique de la jeunesse au sein de ses institutions

et à cet effet :

de reconnaître l’importance et d’organiser périodiquement des conférences des ministres européens chargés de la jeunesse qui devraient avoir lieu tous les deux ou trois ans à l’invitation des états membres… » 

Le rôle de ces conférences est de débattre au niveau le plus élevé de la situation des jeunes en Europe, d’élaborer les priorités d’action qui seront mises en oeuvre par le CDEJ et d’évaluer d’une conférence à l’autre le suivi de leurs recommandations.

Les deux premières Conférences définissent le cadre et les priorités d’actions de la coopération intergouvernementale. La troisième conférence porte sur un thème précis : la mobilité des jeunes, et ses travaux servent de base à l'élaboration d'un projet de convention cadre sur la mobilité des jeunes. Quant à la quatrième, elle est très importante politiquement. C'est la première qui ait lieu après la démocratisation intervenue à l'Est, et tous les thèmes abordés jusqu'alors sont revus à la lumière de ces développements, dans le cadre de la coopération avec les nouveaux états membres.

Mais l'organisation de ces conférences se heurte à plusieurs difficultés:

  • · il est difficile, voire impossible, d'obtenir un débat libre et ouvert des ministres,
  • · l'évaluation du suivi de ces conférences au plan national est difficile à établir
  • · le nombre croissant de participants - à Vienne, plus de trois cents participants -entraînent des coûts toujours plus élevés et la mobilisation de structures d'organisation très lourdes d'où paralysie de l'action et du débat.

A la suite de la Conférence de Vienne, des discussions sur l'organisation des conférences et sur les méthodes de travail du CDEJ s'engagent et aboutissent aux décisions suivantes : réunions informelles sur des points spécifiques d'actualité et conférences officielles doivent alterner. Les structures doivent en être allégées et permettre un réel débat entre ministres. C’est dans cet esprit qu’a été conçu le programme de la 5ème conférence, qui prévoit trois tables rondes où les ministres, les représentants de l’Assemblée Parlementaire, du CPLRE, la Commission des Communautés européennes, les observateurs, des chercheurs et des jeunes pourront confronter leurs opinions sur la participation, l’exclusion sociale ou les droits des jeunes.

    f) Coopération avec les organisations internationales intergouvernementales et l’Union Européenne

Depuis la première conférence à Strasbourg en 1985, toutes les conférences ont recommandé de maintenir et d’encourager une coopération suivie dans le domaine de la jeunesse avec le système des Nations Unies et en particulier avec l’UNESCO, le BIT, l’OMS et l’UNICEF et de renforcer les liens privilégiés avec l’Union Européenne.

Force est de constater que la coopération avec les organisations internationales restelettre morte et se borne à la participation de l’UNESCO, du BIT, de l’OMS et de l’UNICEF aux conférences ministérielles, mais ne se traduit pas en activités menées en coopération. Ainsi, en 1991, le projet Liens de jeunesse en coopération avec l'UNESCO, le Conseil de l'Europe, le Centre Nord-Sud et le gouvernement portugais reste sans suite.

En ce qui concerne la coopération avec l’Union Européene, la résolution (85) 5 définit pour le Conseil de l'Europe le cadre de la coopération avec la CEE. En 1989, la Task Force créée au sein de la Commission, remplacée depuis par une Direction Générale, la DG XXII, devient l'interlocuteur principal du secteur jeunesse dans le cadre de la coopération dans le domaine jeunesse entre l'Union Européenne et le Conseil de l'Europe.

Malgré des perspectives prometteuses, cette coopération en reste au stade de l'envoi réciproque d'observateurs aux réunions, en raison notamment d'une certaine réticence de l'Union à considérer le Conseil de l'Europe comme un véritable partenaire.

Les premiers domaines de coopération portent sur l'information des jeunes et la formation des responsables d'organisations de jeunesse. Dans le cadre de la mobilité, plusieurs conférences (Potsdam, Bonn, Kiev) sont organisées par l'Union Européenne, avec la participation du Conseil de l'Europe et des pays d'Europe centrale et orientale sur la promotion et l'harmonisation des échanges de jeunes.

Lors de la réunion de décembre 1993 entre le Commissaire M. Ruberti et Mme Lalumière, Secrétaire Général du Conseil de l'Europe, les points de coopération suivants sont mis à l'ordre jour :

  • · réunion annuelle intersecrétariats
  • · amélioration de la collaboration pour promouvoir la création d'instances démocratiques pluralistes de jeunesse dans les pays d'Europe centrale et orientale
  • · étudier les possibilités de tenir des activités conjointes ou de l'Union Européenne seule dans le centre de Budapest
  • · développement de la coopération en matière de documentation et de recherche et de gestion de données communes dans le domaine de la jeunesse.

En octobre 1994 à Luxembourg, une première réunion des représentants des trois présidences de l'Union européenne (passée, actuelle, future), des présidents du CDEJ, du Conseil de Direction et du Comité Consultatif, des représentants du Forum jeunesse et de la direction de la jeunesse est organisée afin de relancer la coopération. Mais la tentative d’institutionnalisation de ce type de réunions échoue.

En janvier 1995, lors d'une réunion jointe, des représentants des deux institutions procèdent au recensement des points de convergence et à la recherche d'actions communes. Une des priorités des années à venir sera de développer l'esprit de solidarité parmi les jeunes, essentiellement par le développement du service volontaire

Plusieurs points de convergence et les actions y afférentes sont alors définis :

Dans le domaine de la mobilité :

  • · développer la mobilité physique et virtuelle afin de créer un espace européen commun multiculturel;
  • · faire disparaître successivement les obstacles à la mobilité, notamment les problèmes administratifs (visas), ceux liés à la protection sociale, responsabilité civile et autres, par exemple en développant la Carte Jeunes comme carte de services ;
  • · développer des actions de formation visant à améliorer l'efficacité et la qualité de la mobilité,

Dans le domaine de l'information :

  • · Faciliter l'accès des jeunes à l'information par :
  • · l'échange des expériences des acteurs de l'information; le développement d'actions communes pour la formation des professionnels et/ou des bénévoles de l'information
  • · la mise en réseaux des structures d'information pour les jeunes, en facilitant l'accès à ces réseaux notamment par un accord de partenariat avec ERYICA pour le Conseil de l'Europe, la mise en réseau de données, le développement d'un projet de banques de données sur des informations européennes pour l'Union Européenne
  • · dans le cadre de la coopération avec les pays d'Europe Centrale et Orientale développer des structures nouvelles d'information des jeunes conformément à la déontologie de la Recommandation (90) 7. Le Conseil de l'Europe examine alors la possibilité de réaliser un accord de partenariat avec ERYICA pouvant aboutir, le cas échéant, à un Accord partiel comme cela a été le cas pour la Carte Jeunes.

Dans le domaine de la participation (citoyenneté active) :

Le Conseil de l'Europe a élaboré de nombreuses études tant dans le cadre intergouvernemental (CDEJ et Conférences ministérielles) qu'en collaboration avec le Congrès des Pouvoirs Locaux et Régionaux d’Europe. L'Union poursuit une activité importante dans le domaine de la citoyenneté européenne. La convergence devrait se situer essentiellement sur la participation au niveau local dans le cadre de l'éducation à la citoyenneté, et porter, entre autres, sur les actions positives d'intégration sociale réalisées ou à promouvoir à l'initiative, avec la coopération et/ou le soutien des organisations volontaires et bénévoles. Elle pourrait porter sur la mise en commun de données sur la situation des jeunes, la coordination des efforts de recherche, sur le recueil des besoins des jeunes ; sur la coopération au niveau local pour des actions concertées (par exemple lutte contre l'intolérance) dans le cadre de la Carte Jeunes, du service volontaire, d'Initiatives Jeunes, du projet "jeunes médiateurs" en coopération avec les organisations de jeunesse.

Dans le domaine de la recherche et documentation :

Le Conseil de l'Europe ainsi que l'Union Européenne devraient manifester leur intérêt pour une recherche autonome "dans le domaine de la jeunesse". La notion d'"autonomie" se réfère au point de départ et non à la méthodologie ou à une segmentation des domaines de recherche, la caractéristique essentielle en étant la recherche "jeunesse" conduite dans l'intérêt des jeunes, avec les jeunes pour développer, entre autres, l'information les concernant, faciliter leur autonomie, leurs choix de vie et leur participation à la société civile. Il y a également un intérêt commun à créer une structure de coordination des domaines de recherche et la diffusion de leurs résultats au service de l'Union Européenne et du Conseil de l'Europe.

Dans le domaine de la législation :

Dans ce domaine, il y a un intérêt convergent à deux niveaux : le caractère institutionnel des instances jeunesse dans le contexte des activités gouvernementales jeunesse dans chaque pays, y compris les structures ministérielles, parlementaires, mais aussi les formes de financement des organisations de jeunesse, leur reconnaissance, etc... L'accent doit être mis sur le rôle fondamental de coordination des ministères de la jeunesse concernant toutes les questions économiques, sociales, culturelles, etc. relatives aux jeunes.

En effet, il est difficile actuellement de mettre en oeuvre une politique globale et intégrée de jeunesse du fait que les Ministres de la Jeunesse n'ont pas souvent compétence dans les domaines où il serait souhaitable qu'ils interviennent, par exemple emploi, éducation, logement, protection sociale, etc. d'où l'importance de leur rôle de coordination.

Au Conseil de l'Europe, une analyse comparative des différentes législations pertinentes des Etats membres de l’Organisation et des Parties contractantes à la Convention Culturelle non membres est réalisée dans ce but.

Dans le domaine de la lutte contre le racisme, la xénophobie, l'antisémitisme et l'intolérance :

Dans le cadre du suivi à la Campagne contre le racisme, la xénophobie, l’antisémitisme et l’intolérance, par une action continue au sein de la société civile, auprès de la jeunesse grâce à des mesures d'accompagnement, de formation intégrée (par exemple, formation à l'interculturel et lutte contre le racisme).

Dans le domaine de la coopération Est-Ouest :

Cette question doit être traitée d'une manière transversale pour tous les domaines mentionnés ci-dessus. Une information mutuelle sur les actions entreprises (formation, séminaires, échanges) doit être organisée, et une coopération concrète définie au cas par cas sur des actions précises en lien avec les organisations de jeunesse.

Dans le domaine de la formation :

Enfin, tous ces grands domaines de coopération doivent s’accompagner d’actions de formation afin de donner aux professionnels, aux bénévoles, aux multiplicateurs et aux animateurs les moyens d’adapter continuellement leurs méthodes de travail à une société évoluant rapidement afin de leur permettre de jouer leur rôle dans le développement de l'Europe : on envisage de concrétiser la coopération par des activités de formation, d'échanges de personnel, de visite de courte durée, de séminaires d'information, etc. à développer lors de réunions de concertation.

De ce programme ambitieux, bien peu a été réalisé, à l’exception de stages de formation ponctuels. Ainsi la Commission ne souhaite pas, pour l’instant, s’associer à l’Accord de Partenariat avec ERYICA, ni signer la convention sur le service volontaire à long terme tout en reconnaissant que cet instrument est complémentaire à l’action de service volontaire lancée par elle et pourrait lui servir de cadre juridique.

Cependant, depuis peu, de nouvelles perspectives semblent s’ouvrir à nouveau. A la suite d’une première rencontre entre fonctionnaires des deux organisations en février 1998, afin d’établir des partenariats et exploiter les synergies existantes,  un nouveau programme de coopération a été défini : de nouveaux cours de formation sont prévus encore cette année dans le cadre du programme « Jeunesse pour l’Europe », avec comme objectif l’amélioration de la qualité pédagogique dans un contexte européen et renforcer ainsi les compétences en matière de montage et gestion de projets.

D’autres rencontres sont prévues afin de mettre en place des partenariats de plus longue durée pour la conception de nouveaux modules de formation qui doivent porter sur des cours fondamentaux comme la gestion et le fonctionnement d’une organisation de jeunesse, le travail avec les jeunes défavorisés, la mobilité des jeunes défavorisés et handicapés, la prévention de la toxicomanie et s’adressent aux responsables d’ONG, animateurs, travailleurs sociaux, responsables de collectivités locales qui peuvent agir comme multiplicateurs et diffuseurs d’informations.

Ces propositions doivent se concrétiser par la signature d’une convention de coopération entre la Direction de la Jeunesse du Conseil de l’Europe et la DG XXII portant sur un budget de 500 000 Ecus, définissant les secteurs d’activités et les partenariats envisagés.

Un autre projet de partenariat se développe autour de la Carte Jeunes, à l’initiative du Conseil de l’Europe. Une première réunion exploratoire, qui a réuni les représentants de l’Union Internationale des Chemins de Fer, de la Fédération des Auberges de Jeunesse, de l’Association Européenne des Cartes Jeunes, d’ERYICA, d’Eurodesk, de la DG XXII de la Commission des Communautés Européennes, de la Direction de la Jeunesse et de ses organes statutaires, a permis d’examiner les possibilités d’accord sur une activité multilatérale portant sur des objectifs communs et concrets comme la mobilité ou l’information des jeunes. Cette réunion doit être suivie bientôt d’une deuxième organisée à l’initiative de la DG XXII afin de concrétiser ces objectifs communs.

Après de nombreuses tentatives infructueuses, cette nouvelle initiative qui porte sur la formation et la Carte jeunes doit être accueillie favorablement, il serait souhaitable que cette coopération puisse se poursuivre sur une base permanente, et comme le recommandait la Conférence de Vienne en 1993, s’étende à la promotion de la mobilité des jeunes, de l’information, de la recherche et de la documentation.

    g) g.La coopération avec les nouveaux Etats membres

Cette coopération ne fait pas l’objet d’un mandat spécifique du CDEJ, mais s’est développée de facto à la suite de l’élargissement rapide du Conseil de l’Europe. Depuis 1984, le nombre des Etats membres du Conseil de l'Europe est passé de 21 à 40, et 7 Etats, non membres de l’Organisation sont désormais Parties à la Convention Culturelle Européenne. Le défi essentiel qui se pose alors pour l'Organisation est d'intégrer ces nouveaux pays issus de l'éclatement du bloc communiste et d'assurer la sécurité démocratique puis la stabilité démocratique sur le continent.

Dans cet environnement, l'exigence se fait pressante de développer et renforcer la cohésion démocratique, de garantir le respect des droits de l'homme et les libertés fondamentales, notamment par le renforcement de la coopération intergouvernementale et le développement de nouveaux partenariats. L'information mutuelle, la concertation, l'échange d'expériences et l'assistance technique s'avèrent plus que jamais indispensables dans un contexte de crise économique et d'instabilité politique et vont croissant, eu égard notamment aux demandes des pays d'Europe centrale et orientale, dans lesquels les politiques jeunesse sont à reconstruire sur des bases entièrement nouvelles, d’où la nécessité pour tout le secteur jeunesse de s’adapter rapidement à cette situation en réorientant parfois son programme d’activités et en reconsidérant ses méthodes de travail. Ces développements ne sont pas décrits ici et font l’objet d’un autre document « La coopération avec les nouveaux Etats membres ».

***

Si l’on considère les résultats obtenus dans le cadre de la coopération intergouvernementale, Le CDEJ a fixé, grâce aux instruments adoptés, un cadre à son action jeunesse européenne (voir la liste ci-dessous), notamment en matière de participation, de mobilité et d’information des jeunes qui lui ont permis de développer un certain nombre d’activités concrètes afin de développer une politique européenne de jeunesse dans ces domaines. Cependant, certains projets du CDEJ n'ont pu aboutir, comme ceux portant sur :

  • · La situation des femmes et jeunes femmes qui constituait un thème important des travaux du CDEJ à ses débuts a été progressivement abandonné. Or l'égalité des chances hommes/femmes est loin d'être réalisée, par ex. actuellement le taux de chômage des femmes est 30 % plus élevé que celui des hommes
  • · En 1982, une proposition de recommandation sur le congé éducatif payé au titre de la participation à des activités internationales de jeunesse demeure sans suite
  • · La Recommandation 33b sur le logement des jeunes de la 1ère Conférence ainsi que la proposition de tenir une conférence sur ce sujet n’aboutissent pas ;
  • · En ce qui concerne le chômage, la proposition de recueillir des informations sur les mesures prises et procéder à une évaluation continue ne sera jamais mise en oeuvre par le CDEJ qui dénonce, quant à lui, la faiblesse de mobilisation des organisations de jeunesse sur les problèmes du chômage et de la formation
  • · Lorsque le CDEJ approuve et soutient la Recommandation 1019 de l'Assemblée Parlementaire relative à la participation des jeunes à la vie politique et institutionnelle, et invite le Conseil de Direction à mettre en oeuvre ses principes, cette initiative est peu suivie d'effet.

Cependant, on peut constater une évolution au sein du travail du CDEJ exprimée dans la volonté de contribuer à la mise en place d’une politique globale et intégrée de jeunesse européenne et de travailler sur des questions qui, si elles ne relèvent pas directement de ses compétences, notamment dans le domaine social et éducatif, comme par exemple les questions de lutte contre le chômage l’exclusion sociale des jeunes,. Il ne s’agit pas certes pas d’intervenir dans le champ de compétences des ministères concernés, mais d’agir en sorte que toutes les mesures prises dans le cadre d’une politique de jeunesse en faveur de l’insertion des jeunes dans la société et de leur participation soient coordonnées et permettent une véritable égalité des chances. Il s’agit avant tout de coopérer avec les autres secteurs concernés dans la recherche de solutions aux problèmes sociaux (emploi, logement, protection sociale), aux problèmes éducatifs, comme la reconnaissance des compétences acquises par l’éducation et la formation non formelle, et de mener une véritable politique intersectorielle.

            4. Résultats atteints depuis la Conférence des ministres européens responsables de la jeunesse, Vienne, 1993 et la réunion informelle des ministres européens responsables de la jeunesse, Luxembourg, 1995

    a. La promotion de l’esprit d’initiative et de la participation des jeunes :

La mise en place d’un projet pilote « médiation » dans le cadre du projet multidisciplinaire « dignité humaine et exclusion sociale »

L’organisation d’une conférence jointe CPLRE/CDEJ sur l’évaluation de la charte sur la participation des jeunes à la vie municipale et régionale qui a débouché sur l’organisation d’un stage de formation « éducation à la citoyenneté »

L’adoption par le Comité des Ministres de la recommandation sur « la participation des jeunes et l’avenir de la société civile » élaborée par le CDEJ
Publications : la participation des jeunes, compilation des recommandations du CDEJ

Clés pour la participation, un guide à l’usage des praticiens

Une étude sur la participation des étudiants, élèves et apprentis à l’école, à l’université et dans les centres de formation professionnelle

    b. La promotion de la mobilité et des échanges de jeunes :

Recommandation sur la mobilité des jeunes assortie d’un mandat au CDEJ de rendre compte au Comité des Ministres des progrès accomplis en la matière

Réactualisation des obstacles à la mobilité et définition d’une action prioritaire pour réduire voire éliminer les obstacles administratifs, notamment les problèmes de visas et de leur coût

Recommandation sur la promotion du service volontaire et convention sur le service volontaire transnational à long terme

Travaux exploratoires avec l’union internationale des chemins de fer, l’association européenne des cartes jeunes, la fédération européenne des auberges de jeunesse, eurodesk, eryica, le CDEJ, le comité consultatif, la commission des communautés européennes afin de transformer la carte jeunes en cartes de service.

Le maintien du système Interrail

La création en partenariat UIC/Conseil de l’Europe d’un fonds en faveur de la mobilité des jeunes défavorisés

    c. La formation de responsables d’organisations de jeunes et le soutien aux organisations de jeunes :

Création du 2ème Centre européen de la jeunesse à Budapest

Développement des stages de formation

Mise en place et développement du programme spécifique de coopération avec les pays d’Europe centrale et orientale dans le cadre du programme Demosthène afin de soutenir la création et le développement du travail et des structures de jeunesse afin de dynamiser la société civile

    d. L’information des jeunes :

Evaluation de la mise en oeuvre de la Recommandation R (90)7 sur l’information et le conseil aux jeunes
Accord de partenariat ERYICA/Conseil de l’Europe portant notamment sur la formation des personnels chargés de l’information et du conseil aux jeunes

Etude sur les besoins des jeunes en matière d’information

Stage de formation à l’intention des personnels chargés de l’information et du conseil aux jeunes

    e. La recherche et la documentation au sein de la Direction de la Jeunesse :

Mise en place du réseau de correspondants chercheurs dans le domaine jeunesse

Création d’une home page « Direction de la Jeunesse » sur Internet

Annuaire électronique des chercheurs dans le domaine de la jeunesse

Mise en place d’une banque de données bibliographiques

            5. Liste des instruments élaborés par le secteur jeunesse du Conseil de l’Europe au service d’une politique de jeunesse européenne

  • · Résolution (91) 20 instituant un Accord partiel en matière de Carte Jeunes destiné à promouvoir et à faciliter la mobilité des jeunes en Europe
    (adoptée par le Comité des Ministres le 13 septembre 1991, lors de la 461e réunion des Délégués des Ministres)
  • · Protocole d’Accord de Partenariat entre l’Union Internationale des Chemins de Fer et le Conseil de l’Europe (signé le 16 décembre 1994)
  • · Protocole d’Accord de Partenariat entre l’Agence européenne pour l’information et le conseil des jeunes (ERYICA) et le Conseil de l’Europe (signé le 2 avril 1997)
  • RECOMMANDATIONS
  • · Recommandation N° R (90) 7
    Du Comité des Ministres aux Etats membres concernant l’information et les conseils à donner aux jeunes en Europe (adoptée par le Comité des Ministres le 21 février 1990, lors de la 434e réunion des Délégués des Ministres)
  • · Recommandation N° R (92) 7
    Du Comité des Ministres aux Etats membres relative à la communication et à la coopération dans le domaine de la recherche sur la jeunesse en Europe (adoptée par le Comité des Ministres le 18 mai 1992, lors de la 476e réunion des Délégués des Ministres)
  • · Recommandation N° R (94) 4
    Du Comité des Ministres aux Etats membres sur la promotion d’un service volontaire  (adoptée par le Comité des Ministres le 24 mai 1994, lors de la 513e réunion des Délégués des Ministres)
  • · Recommandation N° R (95) 18
    Du Comité des Ministres aux Etats membres sur la mobilité des jeunes (adoptée par le Comité des Ministres le 12 octobre 1995, lors de la 545e réunion des Délégués des Ministres)
  • · Recommandation N° R (97) 3
    Du Comité des Ministres aux Etats membres sur la participation des jeunes et l’avenir de la société civile (adoptée par le Comité des Ministres le 4 février 1997, lors de la 583e réunion des Délégués des Ministres)

Projet de Convention sur le service volontaire
 

      B. LES OUTILS PEDAGOGIQUES DU SECTEUR JEUNESSE DU CONSEIL DE L’EUROPE

Le secteur jeunesse du Conseil de l’Europe, lors de sa création, s’est d’abord doté d’outils pédagogiques, le Centre européen de la Jeunesse et le Fonds Européen de la Jeunesse, afin de permettre aux jeunes Européens engagés dans des organisations de jeunesse de se rencontrer pour débattre des thèmes qui les concernent, exprimer leurs idées sur l’Europe et la société, et se former au travail international de jeunesse

            1. Les Centres Européens de la Jeunesse

Les Centres Européens de la Jeunesse à Strasbourg et à Budapest sont des établissements résidentiels à caractère éducatif, offrant aux jeunes Européens, membres d’organisations de jeunesse, les activités suivantes :

  • · des sessions d'étude d'une semaine, organisées avec le concours des organisations internationales non-gouvernementales de jeunesse qui en proposent le thème et le programme. Une équipe d'animateurs professionnels leur apportent une assistance pédagogique et technique pour la préparation, la réalisation et le suivi de la session.
  • · des stages de formation destinés aux futurs responsables d'organisations de jeunesse qui souhaitent se familiariser avec les activités internationales de jeunesse. Un stage de formation longue durée est également proposé à des personnes travaillant dans le domaine de la jeunesse et qui souhaitent renforcer leur expérience professionnelle.
  • · des stages de langue en allemand, anglais, français, espagnol, italien, portugais et depuis 1997 russe, pour des jeunes exerçant des fonctions de responsabilité au sein d'organisations de jeunesse afin d’acquérir une formation linguistique nécessaire à leur action au niveau européen.
  • · des symposia, conférences et réunions consultatives : symposiums et conférences permettent aux organisations de jeunesse, responsables gouvernementaux, experts et chercheurs de toute l’Europe de débattre de thèmes d’intérêt général et d’actualité tels l’intolérance et le racisme, le dialogue euro-arabe ou la situation des jeunes ruraux. Les réunions consultatives sont organisées par les CEJ sur des aspects spécifiques du travail du secteur de jeunesse, comme la coopération avec les nouveaux Etats membres, la formation, l’apprentissage interculturel, etc.
  • · un programme d'assistance et de coopération avec les pays d'Europe centrale et orientale destiné à soutenir ou promouvoir le travail et les structures démocratiques et pluralistes de jeunesse dans ces pays ainsi que la coopération européenne. Ce programme comprend différentes actions telles que stages de formation dans les pays concernés, visites d'études, conseils en matière de développement de politiques de jeunesse, réalisations et traduction de matériaux pédagogiques, envoi d'experts, accueil de stagiaires, octroi de bourses individuelles à des responsables d'organisations de jeunesse pour des stages dans des organisations de jeunesse d'Europe occidentale afin de se familiariser avec le rôle et le fonctionnement des organisations de jeunesse dans la société civile
  • · une unité de recherche et de documentation chargée d'évaluer, de stimuler et de coordonner les actions menées en Europe dans le domaine de la recherche, de canaliser et orienter les demandes en matière d'information. Par le biais du réseau européen de chercheurs, il développe les contacts et la coopération entre chercheurs, organisations de jeunesse et gouvernements. Au moyen d’une banque de données, de séminaires et de stages de formation, ce secteur à pour ambition de promouvoir des recherches comparatives multinationales. Cette unité est complétée par un centre de documentation (bibliothèque) au service des usagers du CEJ, qui offre notamment aux stagiaires la possibilité de consulter les documents du Conseil de l'Europe

Voir tableau : Statistiques sur les activités menées dans le cadre des CEJ depuis 1971

Cette analyse statistique rend compte de l'évolution globale de l'activité pédagogique du secteur jeunesse du Conseil de l'Europe, de sa création à nos jours (de 1971 à 1997). Cette activité comprend notamment des stages de formation, des stages de langues, des sessions d'études, des colloques ou toute autre activité destinée aux jeunes. Une analyse longitudinale permet de mettre en lumière les grandes tendances observées relatives à ces différentes modalités d'action, prises une à une au cours de cette période.

Considérant tout d'abord le nombre global de sessions d'études réalisées aux Centres européens de la jeunesse de Strasbourg et de Budapest, celui-ci n’est appréhendé qu'à partir de 1974. De 1971 à 1974, en effet, il s'agit davantage de stages d'information que de véritables sessions d'études.

Afin de donner une première idée de l'ampleur de cette activité pour la période considérée, le nombre annuel moyen de sessions d'études réalisées a été calculé : le nombre total de sessions est de 792, soit pour ces 24 années d'activité, un nombre annuel moyen de 33 sessions.

Quant au nombre annuel total de sessions d'études, celui-ci connaît une franche et régulière augmentation, passant de 18 sessions en 1974 à 54 en 1997, soit un triplement de cette activité au cours de cette période.

Le cap des 30 sessions annuelles est atteint à partir de 1979, soit cinq ans seulement après la phase de lancement de ce type d'activité.

Les 54 sessions de l'année 1997 représentent une augmentation de 23% par rapport à l'année 1996 ; de 46% par rapport à 1993 ; de 80% par rapport à 1983 et de plus de 100% par rapport à 1978 (+170% par rapport à 1975).

Si la croissance s'accélère au cours de ces quatre dernières années de façon significative, il convient de préciser que l'activité du Centre Européen de la Jeunesse à Budapest démarre simultanément et croît régulièrement entre 1994 et 1997. En effet, en 1994, le nombre total de sessions d'études est de 45, dont 7 réalisées à Budapest, soit 15,5% de l'activité. En 1995, sur 40 sessions, 9 ne sont pas effectuées à Strasbourg, soit 22,5% de l'activité. Un an plus tard, sur 44 sessions, un tiers sont menées à Budapest, soit pour ces dernières, une marge de progression de 16% par rapport aux chiffres de 1994.

L'évolution structurelle de ce nombre est la plus forte entre 1996 et 1997. En effet, pour cette dernière année, sur 54 sessions, 24 ont été effectuées à Budapest, soit une proportion relative de 45% du total de l'activité. On enregistre une croissance de 13% du nombre de sessions réalisées à Budapest par rapport à 1996 ; de 22% en 1995 ; de 29% en 1994. Autrement dit, cette activité "externe" connaît une croissance de plus en plus marquée, aussi bien en valeur relative qu'en valeur absolue.

En ce qui concerne les stages de langue, ceux-ci connaissent également une progression de leur nombre dans des proportions relativement importantes. S'ils participent, à leur manière, à l'activité pédagogique des centres, ils restent toutefois trois à cinq fois moins nombreux que les sessions d'études. En effet, en se référant au nombre annuel moyen de stages entre 1971 et 1997, on peut confirmer cette approximation, celui-ci étant de 6,4 stages, soit 4,5 fois moins que le nombre moyen de sessions d'études.

Globalement, le nombre annuel de stages de langue a connu une croissance régulière, passant de 3 stages en 1971 à 12 en 1997, soit un quadruplement de l'activité pour cette période.

Quant aux stages de formation, ils ne démarrent réellement qu'en 1979, soit 8 ans après les stages de langue.

Pour la période considérée, leur nombre annuel moyen est légèrement inférieur à celui des stages de langues puisqu'il se situe à 5,2. Cette valeur relativement modeste est surtout due à la fois à un lancement tardif du processus et à une croissance qui s'effectue progressivement pour s'accélérer à partir de 1993, et ce, notamment grâce aux activités de formation dans les pays d'Europe centrale et orientale.

Au départ, entre 1979 et 1981, il n'y a qu'un seul stage de formation. Puis, entre 1982 et 1989, ce nombre est porté à deux. L'évolution de ce nombre est plus sensible à partir de 1990. En effet, entre 1990 et 1992, ce nombre passe à cinq. A partir de 1993, si le nombre annuel de stages de formation "classiques" se maintient, avec toutefois une légère et régulière augmentation entre 1993 et 1997, allant de 4 en 1993 jusqu'à 7 en 1997, celui des stages effectués pour et dans les pays d’Europe centrale et orientale s’ajoute à la liste de ces axes pédagogiques, conférant ainsi à l'action globale de formation une croissance exponentielle jamais atteinte jusqu'alors. En effet, en 1993, 50% de l'action seulement concerne des stages "classiques" (4 stages "classiques" et 4 stages pour les pays d’Europe centrale et orientale). Cette tendance égalitariste de cette modalité d'action pédagogique se développedans des proportions supérieures les années suivantes (5 stages "classiques" et 4 stages pour les pays d’Europe centrale et orientale en 1994 ; 7 et 7 en 1997).

En 1995, aux 10 stages s’en ajoutent 5 autres à l’intention des minorités, ce qui fait passer le nombre total de stages à 15, toutes options confondues. Ainsi dès cette année, on se situe dans un rapport de trois à un par rapport à l'activité de 1992. Ce nombre se maintient plus ou moins entre 1995 et 1997, hors stages pour les minorités. Ce qui signifie que non seulement cette modalité d'action connaît une croissance satisfaisante en valeur absolue mais que la composition de ce nombre, pour les 5 dernières années, traduit une activité de plus en plus extensive et diversifiée. Ainsi, dès 1995, le nombre de stages de formation égale voire dépasse celui des stages de langue.

L'activité pédagogique des centres, si elle est pour beaucoup axée sur la formation, ne s'y réduit pas exclusivement. En effet, entrent dans sa composition les symposia, conférences et autres colloques. Leur nombre annuel moyen est de 2,3 pour la période considérée (entre 1979 et 1997).

Ce type d'action est lancé parallèlement aux stages de formation. Mais, contrairement à ces derniers, le nombre de conférences diminue sensiblement et simultanément au fil des années. En effet, entre 1979 et 1983, si on dénombre 5 à 6 symposia ou conférences, ce nombre ne s'est pas maintenu. En effet, entre 1984 et 1989, ce nombre est brutalement descendu à 2 voire à un par année.

Afin de rendre compte des proportions respectives de chacune de ces modalités d'action, le nombre moyen de conférences est rapporté à d'autres moyennes portant sur quelques types d'activité appréhendés ci-dessus. Ce nombre est de deux fois inférieur à celui des stages de formation et trois fois plus faible que celui des stages de langue.

Par ailleurs, se greffent à ces modalités d'action pédagogique les réunions consultatives, et ce, dès 1971. Comme le nombre moyen de réunions pour la totalité de la période considérée est égal à 2, on comprend que pour la plupart des années (63%), le nombre total de réunions ne dépasse pas 2, compte tenu que pour 45% du total des années d'activité, il n'y a eu qu'une seule réunion et que pour 70% des années d'activité où le nombre de réunions a été compris entre 1 et 2, il n'y a également qu'une seule réunion.

A ces activités s'ajoutent des activités "autres", qui peuvent être soit des actions autofinancées, soit des sessions communes ou encore des semaines européennes de la jeunesse (La première semaine se déroule en 1985, la seconde en 1992 et la troisième en 1995). Cette dernière étant un événement exceptionnel dans le cadre de la campagne contre le racisme, l’antisémitisme, la xénophobie et l’intolérance, elle est comptabilisée à part, de manière à ne pas fausser les données relatives aux autres activités entrant parallèlement dans ces comptages.

Cette catégorie d'actions débute en 1974, simultanément aux premières sessions d'études réalisées au CEJ de Strasbourg. A la base et pendant une certaine période (de 1974 à 1997), il s'agit essentiellement de sessions communes au Conseil de la Coopération Culturelle et au CEJ.

En ce qui concerne les activités autofinancées, les premières datent de 1975 pour se prolonger jusqu'à nos jours. Leur nombre varie entre 1 et 12, sauf pour les années 1996 et 97, années au cours desquelles la part d'autofinancement pour les activités réalisées à Budapest vient gonfler leur nombre de façon substantielle. Ainsi, sur cette base de calcul, le nombre annuel moyen de ces activités est égal à 3,5.

Les activités autofinancées du CEJ de Strasbourg présente de nombreuses oscillations pour toute la période considérée sans qu'apparaisse pour autant une réelle évolution de leur nombre annuel au fil du temps. Toutefois, un mouvement d'ensemble tendant vers un accroissement global du nombre d'activités autofinancées peut être décelé. En effet, pour la période entière, les années où le nombre d'activités autofinancées a été au moins égal à 4 sont au nombre de 10, soit une proportion relative de 44%, et si l'on ne s'en tient qu'aux douze dernières années (entre 1986 et 1997), leur proportion relative passe à 66%!

Pour l'ensemble de ces activités, on ne peut parler de pédagogie sans évoquer les jeunes eux-mêmes qui ont constitué autant de participants à ces différents modules de formation, quels qu'en soient la formule et le contenu. Ils sont comptabilisés de façon relativement précise au cours de la dernière décennie, mais les chiffres sont bien plus incertains quant aux premières années de mise en oeuvre des différents dispositifs de formation.
Ainsi, leur nombre fait l'objet d'une estimation, permettant d'offrir un regard au moins partiel sur la réalité observée, toutes activités ci-dessus confondues, hors modalités d'actions "autres".

Le nombre total de participants est légèrement supérieur à 35000 sur les 27 années d'activité ici considérées. Soit un nombre annuel moyen d'environ 1300 participants.

Le nombre annuel de participants décuple de 1971 à 1997. En effet, partant de 200 participants en 1971, on se situe à une valeur supérieure ou égale à 2000 dès 1996.

Les grands mouvements de la courbe de tendance qui se dessinent au fil des années permettent de rendre compte de cette évolution

La barre des 1000 participants est atteinte et dépassée dès 1979, celle des 1500 dès 1986 et celle des 2000 dix ans plus tard.

De 1971 à 1978, le nombre annuel de participants passe de 200 à près de 900, soit une évolution de 450% en 8 ans. Cette augmentation du nombre annuel est régulière.

En 1979, on compte déjà 1350 participants, soit une évolution de 53% par rapport à l'année précédente. Dès lors ce nombre a peu varié jusqu'en 1985, c'est-à-dire de +/-10% par rapport au nombre relevé en 1979.

A partir de 1986, le niveau de participation s'élève sensiblement par rapport aux années antérieures pour ne plus descendre désormais sous la barre des 1500 jeunes, soit une augmentation moyenne jusqu'en 1992 de 10% au moins de l'activité par rapport aux nombres de 1979 à 1985. La croissance est fortement marquée, notamment entre 1986 et 1989 où l'on passe de 1550 à environ 1800 participants, soit une augmentation de 16% en trois ans. .

Entre 1993 et 1997, le niveau de participation s'élève encore, pour se situer dans une fourchette de 1800 à 2100 participants. En outre, la croissance moyenne du nombre annuel de participants est plus sensible à partir de 1993. Cette tendance à la hausse peut être, en partie, le fait d'une participation de plus en plus importante des jeunes des pays d’Europe centrale et orientale dans les activités des CEJ. Dans une telle logique et selon cette marge de progression, on peut penser que les 2500 participants seront atteints, voire dépassés d'ici le début du troisième millénaire.

L’ensemble des statistiques ainsi recueillies font apparaître une augmentation croissante des jeunes aux activités du secteur jeunesse du Conseil de l’Europe, ce qui dénote l’intérêt porté par les jeunes à ce type d’activités. De plus, l’intégration des jeunes d’Europe centrale et orientale aux activités des CEJ, une des priorités de la Direction de la Jeunesse, semble se confirmer par l’augmentation des participants en provenance des nouveaux Etats membres et marque ainsi le renouveau de la vie associative dans ces pays. Ce fait répond pleinement à la recommandation de la Conférence de Vienne (1993) :

«  en vue du développement de la vie associative dans le cadre de structures démocratiques et pluralistes en Europe centrale et orientale, ouverture et mise en fonction du deuxième centre européen de la jeunesse dans un pays d’Europe centrale et mise en oeuvre de la politique de formation développée dans la Recommandation adoptée par le Conseil de Direction des Centre et Fonds européens pour la jeunesse ... notamment en augmentant la participation des jeunes d’Europe centrale et orientale aux activités des CEJ-FEJ.

Les CEJ tentent également de s’adapter aux besoins accrus de formation et l’élargissement du programme de stages de formation à destination de responsables du travail jeunesse illustre bien cette tendance. Dans la limite de ses moyens, la Direction de la jeunesse a multiplié les activités de cette nature (stages de formation de formateurs, stages longue durée, activités de formation en Europe centrale et orientale).

Les demandes très importantes en matière de formation linguistique entraînent également une augmentation du nombre de stages de langues, ce qui pose désormais un réel problème quant à la priorité à leur accorder et aux moyens de les faire financer.

Quant aux thèmes des activités menées par les organisations de jeunesse dans le cadre des CEJ, on peut constater que les priorités portent actuellement sur les questions suivantes, et ce sans minimiser la diversité des domaines d’action du secteur jeunesse :

  • · la citoyenneté des jeunes en Europe et le développement de la société civile
  • · les conditions d’insertion des jeunes dans la société
  • · la lutte contre le racisme, la xénophobie, l’antisémitisme et l’intolérance
  • · la mobilité des jeunes en Europe

Ces thèmes qui dénotent les préoccupations exprimées par les jeunes, recoupent les questions traitées par le CDEJ, démontrant qu’il existe une interaction entre les activités du secteur non gouvernemental et celles du secteur intergouvernemental.

Il faut cependant reconnaître que les résultats de toutes ces activités, en particulier des sessions d’étude, sont peu connus voir méconnus tant pour ce que leur apport aux travaux du secteur jeunesse représente que pour leur effet multiplicateur. Afin d’améliorer cette situation, la section recherche de la Direction de la Jeunesse travaille à l’élaboration d’une méthologie pour les rapports des sessions d’étude réalisées aux CEJ. Il est nécessaire, en effet, que les résultats des séminaires menés par les organisations de jeunes soient mieux exploités et valorisés car ils constituent indéniablement un apport significatif aux travaux du Conseil de l’Europe dans le domaine de la jeunesse.

            2. Le Fonds Européen pour la Jeunesse

Le Fonds Européen pour la Jeunesse, instrument original de la coopération européenne, a été créé en 1972 en vue d'apporter un appui financier aux activités internationales de jeunesse entreprises par les organisations de jeunesse nationales ou internationales..

Son objectif est de promouvoir une vie associative européenne en soutenant des activités de jeunesse à caractère multilatéral (impliquant la participation de jeunes de plusieurs nationalités) afin de compléter le grand nombre de programmes d'échanges bilatéraux mis en oeuvre par voie d'accords entre les gouvernements nationaux et par les organisations de jeunesse. Il peut apporter un soutien financier aux activités de jeunesse qui sont de nature à favoriser la paix, la compréhension et la coopération entre les peuples d'Europe et du monde, dans le respect des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Avec un budget d’environ 15 millions de francs (1996), le Fonds européen pour la jeunesse soutient des rencontres de jeunes, des publications, des voyages d'étude et couvre partiellement les frais administratifs des organisations européennes de jeunesse. Le budget du Fonds est alimenté par les contributions financières volontaires de ses Etats membres.

Pour pouvoir prétendre à un appui financier, les projets doivent être organisés soit par une organisation internationale non-gouvernementale de jeunesse, soit par des organisations nationales de quatre pays différents au moins, agissant ensemble, ou par des jeunes de quatre pays au moins non organisés en associations traditionnelles.

Trois catégories d'aides financières peuvent être attribuées :

  • · les aides financières à des rencontres de jeunes. Les réunions statutaires, les rencontres sportives et touristiques ne peuvent pas être prises en compte.
  • · les aides financières à des publications et matériaux d'information, à des projets de recherche en matière de jeunesse et à des voyages d'étude. Le Fonds Européen pour la Jeunesse ne peut participer au financement d'activités commerciales ou de construction, d'acquisition et d'aménagement d'immeubles-
  • · les aides financières des organisations internationales non-gouvernementales de jeunesse ayant une structure ou un secrétariat européen.

 
Thèmes Prioritaires traités dans les projets subventionnés par le FEJ

1972 – 1988

1. Formation - Pédagogie - Information

    • · Travail des organisations de jeunesse
    • · Formation de cadres jeunesse
    • · Matériaux pédagogiques - information

2. Réalités socio-économiques

    • · Chômage - emploi
    • · Le monde du travail
    • · Le monde rural
    • · Syndicalisme

3. Droits de l'homme / démocratie

    • · Participation / démocratie / citoyenneté
    • · Droits de l'homme
    • · Minorités - racisme
    • · Condition féminine

4. Europe/ Construction européenne

    • · Coopération paneuropéenne
    • · Sécurité
    • · Pays péréfériques/Europe méridionale

5. Styles de vie - culture – valeurs

6. Paix

7. Problèmes des jeunes

    • · exclusion sociale / jeunes marginalisés
    • · situation des enfants
    • · toxicomanie
    • · handicapés

8. Nord / Sud

9. Environment

10. Systèmes éducatifs

11. Politiques de jeunesse

1989 - 1997

1. Europe / Construction européenne

    • · Intégration européenne/Pays d'Europe centrale et orientale notamment
    • · identité européenne

2. Droits de l'homme et démocratie

    • · Education aux droits de l'homme
    • · Minorités
    • · Lutte contre le racisme et l'intolérance
    • · Droits des enfants
    • · Condition féminine

3. Formation / pédagodie - information

    • · Travail des organisations de jeunesse
    • · Formation de cadres jeunesse
    • · Matériaux pédagogiques - information

4. Réalités socio - économiques

    • · chômage
    • · exclusion sociale
    • · monde rural
    • · toxicomanie
    • · handicapés

5. Environnement

6. Nord /Sud / développement

Les chiffres (Voir Tableau : Statistiques sur les activités du FEJ) démontrent l’augmentation croissante des activités financées par le Fonds, sa participation significative à la création et au développement de la vie associative en Europe et à la promotion de la coopération paneuropéenne dans le domaine de la jeunesse : ainsi, depuis sa création, plus de 180 000 jeunes Européens ont pu participer à des activités internationales et plus de 3000 projets ont pu être réalisés. De plus, il offre un complément indispensable au soutien accordé par le programme Demosthène à la réalisation d’actions de formation : en 1995, les participants d’Europe centrale et orientale ont représenté 36% de l’ensemble des participants aux activités soutenues par le Fonds et près de 30 % des rencontres de jeunes soutenues par le Fonds ont été réalisées dans ces pays.

En ce qui concerne l’évolution des thèmes prioritaires traités dans le cadre de ces activités, elle permet de se rendre compte que les thèmes centraux de travail recoupent les grandes orientations du CDEJ à savoir le développement de la démocratie par la participation, l’éducation à la citoyenneté et la lutte contre l’exclusion sociale. Là encore, apparaît le parallélisme d’action entre le secteur gouvernemental et non gouvernemental.
Cependant le rôle du FEJ dans la mise en oeuvre des objectifs et priorités évolue. Alors que dans le passé, il se limitait à financer essentiellement les activités des organisations de jeunesse, il s’engage davantage maintenant dans des projets qui concernent l’ensemble des acteurs de la politique jeunesse du Conseil de l’Europe, tel que ceux menés dans le cadre du programme Demosthène, de l’Assemblée Parlementaire, du Congrès des Pouvoirs Locaux et Régionaux ou du CDEJ, par exemple pour le financement des stages de formation à l’information dans le cadre de l’Accord de Partenariat avec ERYICA.

En outre, l’évolution significative du travail de jeunesse et des modes de participation des jeunes due aux profondes mutations de la société – réseaux plus ou moins informels formés autour de projets souvent locaux axés sur des problèmes spécifiques de société – amènent le FEJ à adapter son action à ces nouvelles réalités. Ceci se traduit notamment par l’élargissement des financements du Fonds à des projets de jeunes non organisés en associations traditionnelles, à des projets locaux axés sur la lutte contre le racisme et la xénophobie.

L’action du FEJ est complétée depuis 1995 par celle d’un Fonds d’aide à la mobilité des jeunes défavorisés, créé en partenariat avec l’Union Internationale des Chemins de Fer. Le cas échéant, le Fonds peut également compléter les financements accordés par le FEJ aux projets destinés à de jeunes défavorisés. Ce Fonds rencontre désormais un grand succès : ainsi, en 1997, 70 projets ont été financés et 90 % des partenaires sont de nouveaux partenaires. Ces derniers commencent par ailleurs à solliciter le FEJ pour des projets pilotes de valeur qui portent essentiellement sur la lutte contre l’exclusion sociale et le chômage.

Enfin pour compléter ces actions, la Direction de la Jeunesse développe maintenant une politique éditoriale qui vise à élaborer et diffuser des outils pédagogiques et des documents de réflexion à partir des travaux réalisés en son sein tant au plan gouvernemental que non gouvernemental. Pour exemple, les ouvrages suivants ont été publiés: la vie associative des jeunes en Europe, la participation, «clés pour la participation », guide à l’usage des praticiens, les jeunes et la société de l’information.

III. PERSPECTIVES  

Le secteur jeunesse du Conseil de l’Europe, créé pour faire face aux attentes des jeunes dans les années 70, s’acquitte de sa mission en se dotant au fil du temps d’instruments distincts, mais complémentaires : les centres européens, le fonds européen pour la jeunesse, une structure de coopération intergouvernementale. Ces organes mettent en oeuvre, dans leur champ d’activités respectifs, une politique de jeunesse européenne qui ouvre l’Europe aux jeunes et les jeunes à l’Europe.

Forum d’échanges et lieu d’évaluation des politiques nationales de jeunesse, le CDEJ complète peu à peu cette fonction en élaborant des instruments normatifs, en créant de nouveaux partenariats dans des domaines d’action délimités par son prédécesseur le CAHJE – souvent à la suite d’initiatives proposées et développées par les organisations de jeunesse - comme la mobilité, l’information et la participation qui lui permettent d’entreprendre des actions concrètes, assurer un suivi au plan européen de la mise en oeuvre de ces instruments et encourager ainsi le développement de politiques de jeunesse en Europe.

Les Centres européens de la Jeunesse quant à eux élargissent leurs activités pédagogiques afin de mieux répondre aux besoins des jeunes en multipliant les stages de formation, dont les participants doivent agir comme multiplicateurs en diffusant les valeurs du Conseil de l’Europe et contribuer ainsi à l’émergence d’un identité culturelle européenne.

Enfin le Fonds Européen pour la Jeunesse finance un nombre croissant de projets, diversifie ses priorités en s’ouvrant à d’autres partenaires et en offrant des financements à des projets globaux impliquant tous les acteurs du secteur jeunesse et s’adjoint un Fonds d’aide à la mobilité des jeunes défavorisés qui lui permet de toucher de nouveaux publics.

Mais devant l’élargissement rapide du Conseil du l’Europe, l’évolution du mode de participation des jeunes dû principalement aux profondes mutations de la société, le secteur jeunesse du Conseil de l’Europe doit maintenant s’adapter aux nouvelles réalités du travail de jeunesse, offrir d’autres réponses aux attentes des jeunes, conciliant les objectifs du Conseil de l’Europe – renforcer la démocratie pluraliste et les droits de l’homme, rechercher des solutions aux problèmes de société, favoriser l’émergence d’une identité culturelle européenne - les acquis du secteur intergouvernemental dans le domaine de la participation, de la mobilité et de l’information des jeunes et les thèmes de travail prioritaires des activités menées dans le cadre des centres et du fonds européens pour la jeunesse : la citoyenneté des jeunes en Europe et le développement de la société, les conditions d’insertion des jeunes dans la société, la lutte contre le racisme, l’antisémitisme, la xénophobie et l’intolérance et la mobilité des jeunes en Europe. La politique de jeunesse du Conseil de l’Europe doit évidemment se situer à la croisée de ces axes de travail, étroitement liés entre eux.

Pour parvenir à cet objectif, le secteur jeunesse du Conseil de l’Europe doit répondre à plusieurs défis :

Le CDEJ doit  assurer le suivi de ses acquis en matière d’information, de mobilité et de participation des jeunes et par là :

  • · promouvoir les actions en faveur de la participation des jeunes dans le cadre d’une politique globale et intégrée, notamment par la coordination d’interventions en faveur et avec la jeunesse a travers des politiques structurelles, la réflexion sur les structures et les législations de jeunesse,
  • · développer des actions afin d’intégrer les éléments de cogestion dans les législations de jeunesse de pays qui ne répondent pas aux critères de participation tels que prônés par le Conseil de l’Europe,
  • · lutter contre l’exclusion sociale et favoriser l’intégration des jeunes marginalisés par des initiatives en milieu associatif adaptées aux besoins des jeunes exclus ou marginalisés en vue de favoriser une plus grande participation des jeunes à la société civile,
  • · rechercher les moyens de faire valider les compétences acquises par les jeunes par la formation et l’éducation non formelles au même titre que celles acquises par l’éducation et la formation formelles, afin de favoriser l’égalité des chances dans la lutte contre le chômage des jeunes
  • · faciliter l’accès des jeunes à l’information, la gestion de projets d’information par les jeunes eux-mêmes et promouvoir une information de qualité répondant aux critères déontologiques définis dans la Recommandation R (90)7 du Comité des Ministres sur l’information et le conseil aux jeunes
  • · promouvoir la mobilité des jeunes, vecteur d’apprentissage interculturel et de lutte contre l’intolérance, notamment en diminuant voire en supprimant les obstacles à cette mobilité conformément au mandat qui lui a été confié par le Comité des Ministres

Les CEJ doivent trouver les moyens d’assurer un engagement plus actif des organisations non gouvernementales de jeunesse à la définition de leurs objectifs et de leurs activités afin de mieux prendre en compte les besoins des jeunes eux-mêmes

Le FEJ doit trouver comment élargir davantage son champ d’action en direction de nouvelles formes de travail de jeunesse et de vie associative au niveau local notamment , quelles stratégies il doit développer pour encourager la participation de jeunes non organisés à des projets européens et promouvoir la vie associative, comment renforcer son soutien au développement des organisations de jeunesse dans les nouveaux Etats membres qui ne font pas partie de réseaux européens bien établis, et enfin et surtout comment assurer les moyens nécessaires à sa mission, en explorant éventuellement la possibilité d’autres sources de financement sur le modèle du Fonds d’aide à la mobilité des jeunes défavorisés.

Ceci ne pourra se réaliser que si le travail du secteur jeunesse s’effectue dans le cadre d’une politique cohérente globale et intégrée qui considère tous les problèmes auxquels les jeunes doivent faire face et toutes leurs attentes et qui met en place une véritable coordination de tous les secteurs concernés. En découle la nécessité pour les représentants gouvernementaux et non gouvernementaux de travailler en partenariat renforcé – dans leur champ de compétences et domaines d’intervention respectifs – sur tout le programme d’activités du secteur jeunesse afin de développer si possible des projets globaux qui mobilisent l’ensemble des acteurs du secteur jeunesse selon des priorités définies en commun prenant en compte les objectifs du Conseil de l’Europe et les besoins des jeunes, s’appuyant sur les recherches européennes sur la situation des jeunes en Europe et sur l’analyse des politiques nationales.

Ces priorités pourraient éventuellement, si l’urgence et la nécessité s’en faisaient sentir, s’adapter à une situation réclamant un traitement immédiat à la demande d’organisations de jeunes, d’un ou de plusieurs gouvernements. Elles devraient permettre également de développer des projets d’assistance qui permettent une meilleure intégration des nouveaux Etats membres qui reconstruisent leur politique de jeunesse, en se concentrant sur des actions complètes incluant le travail sur les politiques, la législation, les structures pluralistes et démocratiques de jeunesse qui permettraient un développement parallèle et rationnel tant du secteur gouvernemental que du secteur non-gouvernementale. Cet exercice pourrait également être renouvelé dans le cadre de l’évaluation des politiques nationales de jeunesse qui devrait permettre aux gouvernements concernés d’ajuster leur politique de jeunesse, notamment en fonction de critères communs définis au niveau européen et dégagés lors des évaluations nationales.

Outre ce partenariat renforcé au sein du secteur, une véritable politique intersectorielle de jeunesse doit s’instaurer au sein du Conseil de l’Europe, si possible sous l’égide de la Direction de la Jeunesse afin de développer un modèle européen de politique globale et intégrée, complétée par une coopération accrue avec les autres organisations intergouvernementales internationales et en particulier avec l’Union Européenne. Ce n’est que par cette interaction constante qu’une politique globale et intégrée de jeunesse européenne pourra véritablement se réaliser.