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16 refugees bring a part of their story to the parliamentarians of the Council of Europe within the framework of the Living Library of 28 June 2017 organised at the occasion of the Plenary Session of the PACE on Migration in Europe.
On 28 June 2017, 23-year-old Farah Abdi and 23-year-old Fares spoke openly in front of the Council of Europe's hemicycle, waiting to be "borrowed" by the deputies who were meeting to debate on the crisis of migration in Europe.
These two LGBT refugees agreed to become the "human books" of the Living Library organised by the Parliamentary Assembly's Committee on Migration, Refugees and Displaced Persons in cooperation with the Council of Europe’s Youth Department.
Like the 14 other "human books" that participated in this living library, Farah and Fares decided to recount their lives to a stranger who wanted to flip through some pages of their story.
Testifying about the immigration drama
The two young people wanted to talk about their experiences as refugees, to talk about the long journey towards building a new life, away from violence and prejudice.
Farah, born in Somalia, grew up in Kenya. Who could believe today that this transsexual, feminine to the core, could have lived through the severe ordeal of immigration when she was still a minor? At the age of 16, she decided to leave Kenya and crossed 5 countries over a nine month period, going through Libya to end up in Malta. "Several times I tried to cross the border but each time I was sent to prison," she says. "Libya was terrible. I saw how people were raped, murdered, tortured, "says Farah. But after reaching the coast of Malta by boat, the nightmare did not end there. "I stayed 8 months in a refugee camp. In reality, it was a prison. For me, my stay in Malta was even worse than Libya,” said Farah, who deplored the racism she faced in this country. But Farah is a fighter and was determined to change the course of her destiny. "I started walking and I came to Europe.
Then I wrote my book and now I live with my boyfriend in my own apartment in Berlin". Her face lights up as she comes to this part of her story. "I feel so good there, I'm finally at home," she said relieved. But Farah has not forgotten what she experienced and continues to struggle for refugee law. Farah was awarded the International Peace Prize and she won a Young Leader of the Queen of England’s award for her blog on the refugee situation in Malta. She also tells her story in an autobiography entitled "Never Arrive".
Fight for refugees and gender identity
Farah and Fares talk about their journeys, but also about their common struggle for different and vulnerable people. They not only share their experiences as young refugees but also share the question of their sexual identity.
Fares, a 23-year-old homosexual Syrian young man, also remembers his boat trip from Turkey to Greece. "There were 160 of us on an inflatable boat. I paid 1200 euros to make this crossing. I really felt the presence of death and I was sure that there was a 70% chance that I would die. At the time, I was not too attached to life but I saw the fear on the faces of the other passengers and it was terrible”, he remembers.
“What drove me to leave is not only the general fear of war but also my homosexuality," says Fares. Arriving in Turkey with his family in 2013, Fares decided in 2015 to leave for France while his family moved to Germany. "I wanted to live in a country where I could live freely, without being afraid that they would learn about my homosexuality" he explains. "Here I feel accepted, loved and respected".
Fares would like to become a committed activist for the rights of refugees or vulnerable people. "I saw that in Brussels there was a master's degree just for LGTB refugees. I am very interested in this training" he says. But Fares regrets one thing: "There is no real cooperation between the different European countries. They do a lot of lectures and speeches but after that they do not really follow through”.
The initiative launched on the occasion of the "Migration and Refugees" Day goes well beyond the objective of "not judging a book by its cover", as can be seen on the poster in the hall of the Council of Europe. On June 28, the Living Library aimed to draw parliamentarians' attention to the fact that behind the tragedy of immigration there are many human lives and that this tragedy affects thousands of people today.
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16 réfugiés livrent un pan de leur histoire aux parlementaires du Conseil de l’Europe dans le cadre de la Bibliothèque Vivante du 28 juin dernier organisée à l’occasion de la Session Plénière portant sur les migrations en Europe.
Le 28 juin dernier, Farah Abdi, 22 ans et Fares, 23 ans, s’entretiennent vivement devant l’hémicycle du Conseil de l’Europe, en attendant d’être « empruntés » par les députés réunis ce jour là pour débattre de la crise de la migration en Europe.
Ces deux réfugiés LGBT ont accepté le temps d’une journée de devenir les « livres humains » de la Bibliothèque Vivante » organisée par la Commission des migrations, des réfugiés et des personnes déplacées de l’Assemblée Parlementaire en coopération avec le Service Jeunesse du Conseil de l’Europe.
Tout comme les 14 autres « livres humains » qui ont participé à cette bibliothèque vivante, Farah et Fares ont décidé de livrer un pan de leur vie à un inconnu qui souhaitera feuilleter quelques extraits de leur histoire.
Témoigner du drame de l’immigration
Aujourd’hui, les deux jeunes veulent témoigner de leur vécu en tant que réfugiés, parler du long voyage parcouru pour se construire une nouvelle vie, loin de la violence et des préjugés.
Farah, née en Somalie, a grandi au Kenya. Qui pourrait croire aujourd’hui que cette transsexuelle, féminine sur le bout des doigts, ait pu vivre la rude épreuve de l’immigration alors qu’elle n’était encore qu’une mineure ? A l’âge de 16 ans, elle décide de partir du Kenya et traverse en 9 mois « 5 pays », en passant par la Lybie pour arriver à Malte. « J’ai tenté plusieurs fois de passer la frontière mais à chaque fois, on m’a envoyée en prison », raconte-t-elle. « La Lybie, c’était terrible. J’y ai vu comment des gens se faisaient violer, assassiner, torturer », explique Farah. Mais après avoir atteint les côtes de Malte en bateau, le cauchemar ne s’arrête pas là. « Je suis restée 8 mois dans un camp de réfugiés. En réalité, c’était une prison. Pour moi, mon séjour à Malte, c’était encore pire que la Lybie », souligne Farah qui dénonce le racisme auquel elle a dû faire face dans ce pays.
Mais Farah est une combattante et est bien décidée à changer le cours de son destin. « J’ai commencé à marcher et je suis arrivée en Europe. Puis, j’ai écris mon bouquin et maintenant je vis avec mon copain dans mon propre appartement à Berlin ». Son visage s’illumine quand elle poursuit cette partie de son récit. « Je me sens tellement bien là bas, je suis enfin à la maison », dit-elle soulagée. Mais, Farah n’a pas oublié ce qu’elle a vécu et continue à lutter pour le droit des réfugiés. Auteure d’un blog sur la situation des réfugiés à Malte, Farah a obtenu le Prix International de la paix et un prix pour jeune leader de la Reine d’Angleterre. Elle a aussi narré son récit dans une autobiographie intitulée « Never arrive ».
Lutte pour les réfugiés et pour l’identité sexuelle
Farah et Fares parlent de leur voyage, mais aussi de leur lutte commune pour la différence et les gens vulnérables. Ils ont non seulement en commun leur vécu en tant que jeunes réfugiés mais aussi la question de leur identité sexuelle.
Fares, jeune syrien homosexuel de 23 ans, se souvient aussi de sa traversée en bateau de la Turquie vers la Grèce. « Nous étions 160 sur un bateau pneumatique. J’ai payé 1200 euros pour faire cette traversée. Là, j’ai vraiment senti la mort en face et je me disais qu’il y avait 70% de chance que j’allais mourir. A l’époque, je n’étais pas trop attaché à la vie mais j’ai senti la peur sur le visage des autres passagers et c’était terrible », se souvient-il.
« Ce qui m’a poussé à partir, ce n’est pas seulement la peur générale de la guerre mais c’est aussi mon homosexualité » confie Fares. Arrivé en Turquie avec sa famille en 2013, Fares décide en 2015 de partir pour la France alors que sa famille est allée s’installer en Allemagne. « Je voulais vivre dans un pays où je pouvais vivre librement, sans avoir peur qu’ils apprennent » mon homosexualité, explique-t-il. « Ici, je me sens accepté, aimé et respecté ».
Fares voudrait « devenir un activiste engagé pour les droits des réfugiés ou des gens vulnérables ». « J’ai vu qu’à Bruxelles il y avait un master juste pour les réfugiés LGTB. Cette formation m’intéresse beaucoup », affirme-t-il. Mais Fares a un grand regret : « Il n’y a pas vraiment de collaboration entre les pays européens. Ils font beaucoup de conférences, de discours mais après ils ne font pas grand chose ».
Car l’initiative lancée à l’occasion de la Journée « Les migrations et les réfugiés » va bien au delà de l’objectif de «ne pas juger un livre à sa couverture », comme on peut le lire sur le poster dressé dans le hall du Conseil de l’Europe. Le 28 juin dernier, la bibliothèque vivante visait à attirer l’attention des parlementaires sur le fait que derrière le drame de l’immigration se cachent des vies humaines et que cette tragédie est encore le fait de milliers de personnes aujourd’hui.

