Le 12 décembre 2024, le Conseil de l'Europe et la Plate-forme sociale ont marqué la Journée internationale des droits de l'homme en organisant une table ronde de haut niveau à Bruxelles, intitulée : " Les droits sociaux sont des droits de l'homme : La Charte sociale européenne et le Socle européen des droits sociaux dans le cadre du suivi des Déclarations de Vilnius et de La Hulpe".
Au début de cette année, la déclaration de Vilnius du Conseil de l'Europe et la déclaration de La Hulpe de l'UE ont réaffirmé l'importance de renforcer la coopération sur l'agenda social pour favoriser la cohésion sociale, l'égalité économique et la démocratie. S'appuyant sur cet élan, les discussions d'aujourd'hui ont exploré les moyens de traduire les deux déclarations politiques en pratique, afin d'accroître la synergie entre les droits inscrits dans la Charte sociale européenne et les actions et politiques du socle européen des droits sociaux.
L'événement a réuni des représentants des gouvernements, des partenaires sociaux, de la société civile, etc. L'Union européenne était entre autres représentée par Denis Genton, directeur du "Socle européen des droits sociaux, stratégie, DG EMPL" et Oliver Röpke, président du Comité économique et social européen. Le Conseil de l'Europe était représenté par le Comité européen des droits sociaux, le Service des droits sociaux et le Bureau du Conseil de l'Europe à Bruxelles.
Le président du Comité économique et social européen (CESE), M. Oliver Röpke, a donné le ton de l'événement en déclarant : "En tant que président du CESE, je suis fier de réaffirmer notre engagement à promouvoir les droits sociaux en tant que droits humains fondamentaux. La table ronde d'aujourd'hui a mis en lumière le rôle essentiel de la Charte sociale européenne et du socle social de l'UE dans la lutte contre la pauvreté, l'exclusion et la promotion de la justice. En rapprochant ces cadres, nous renforçons les fondements d'une Europe véritablement sociale. Ensemble, nous devons continuer à défendre le dialogue social, l'équité et la solidarité, en veillant à ce que personne ne soit laissé pour compte. Ce travail n'est pas seulement une politique, c'est un engagement envers les valeurs qui nous unissent et nous définissent en tant qu'Européens.
Les discours principaux ont été prononcés par Julie Gomis, représentante du gouvernement français et vice-présidente du Comité gouvernemental, qui a parlé de l'engagement inégal des États membres de l'UE envers la Charte, et par Olivier de Schutter, rapporteur spécial des Nations unies pour l'extrême pauvreté et les droits de l'homme, qui a discuté des moyens d'intégrer la Charte dans la législation et la politique de l'UE.
Aoife Nolan, présidente du Comité européen des droits sociaux, a souligné que "le renforcement de la collaboration entre l'UE et le CdE pour faire progresser les droits sociaux n'a jamais été aussi important. La baisse du niveau de vie, les menaces croissantes que le populisme autoritaire fait peser sur la démocratie et la crise climatique de plus en plus évidente montrent clairement que ce travail ne peut être retardé".
Les débats ont également porté sur des solutions pratiques visant à renforcer l'intégration de la Charte dans les objectifs de l'UE et à relever les défis contemporains, notamment la montée des inégalités et le rétrécissement de l'espace de la société civile. Face aux crises mondiales telles que le coût de la vie, le changement climatique et les conflits en cours qui aggravent l'exclusion sociale et la pauvreté, les discussions d'aujourd'hui visaient à tracer la voie vers une Europe plus inclusive et plus équitable.
L'événement s'est conclu par un appel à l'action lancé aux parties prenantes pour qu'elles unissent leurs efforts dans la préparation des travaux de la conférence de haut niveau du Conseil de l'Europe sur la Charte sociale européenne, qui sera accueillie par la République de Moldavie en 2026, et du sommet européen de Porto en 2025, ainsi que pour qu'elles apportent une contribution commune au document final du deuxième sommet mondial pour le développement social, qui se tiendra à Doha en 2025.

