La ville interculturelle construit ses politiques et son identité sur la reconnaissance explicite que la diversité peut représenter une ressource pour le développement de la société.

La première étape est donc l’adoption (et mise en œuvre) de stratégies visant à faciliter les rencontres et les échanges interculturels positifs, et promouvoir la participation active des résidents et des communautés dans le développement de la ville, en répondant aux besoins d’une population diverse. Le modèle politique d’ « intégration interculturelle » est étayé par de très nombreuses données issues de la recherche, des instruments juridiques internationaux variés, et de l’ensemble des contributions des villes membres du programme des Cités interculturelles, qui partagent leurs exemples de bonnes pratiques sur la gestion de la diversité, la résolution des conflits éventuels, et les bénéfices de l’avantage de la diversité.

Cette section offre des exemples d'approches interculturelles tendant à faciliter l'élaboration et mise en œuvre de stratégies interculturelles.

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Un pique-nique géant anti-rumeur

À Erlangen, 1000 habitants se réunissent autour d’un bon repas pour contrer les rumeurs

Pour lancer la campagne C4i Communication für Vielfalt (communication pour la diversité), la municipalité d’Erlangen a construit une table de banquet de plus de 180 mètres de long afin d’accueillir un pique-nique géant dans la rue principale. À cette occasion, quelque 1000 habitants et demandeurs d’asile ont pu communiquer et échanger directement entre eux, et sont repartis avec des informations sur les rumeurs et sur la manière d’y parer. Dans sa campagne C4i, Erlangen met l’accent sur les demandeurs d’asile, car les préjugés à leur égard sont en recrudescence depuis que le gouvernement a demandé l’hébergement de 300 nouveaux demandeurs d’asile.

Outre l’immense table de banquet et son pique-nique géant, une « bibliothèque vivante » a lancé des conversations ouvertes avec des demandeurs d’asile, non seulement pour encourager de véritables échanges mais aussi pour que l’événement ne se limite pas à une rencontre symbolique. Ainsi, les participants ont été explicitement invités à interroger dix demandeurs d’asile – ou « livres vivants » – sur leur vie, leurs talents, leurs capacités, leurs expériences et leurs rêves. Le but était de poser des questions que l’on n’ose pas aborder habituellement et, ainsi, de reconsidérer les idées préconçues et les rumeurs qui circulent. Les participants ont rencontré des personnes aux histoires extraordinaires, découvert des talents inattendus chez leurs voisins – les demandeurs d’asile d’Erlangen.  

Pour stimuler les échanges, des idées préconçues et des rumeurs ont été présentées sur des sets en papier. Distribués tout au long du banquet, ces sets de table avaient pour but de déclencher les conversations et d’inciter à la réflexion. En outre, au dos des sets étaient imprimés des directives et conseils* sur la façon de couper court aux rumeurs.         

L’ambiance conviviale – musique, bouquets de fleurs, nappes blanches et lâcher de 400 ballons dans un geste symbolique célébrant la diversité et le « vivre ensemble » – a non seulement favorisé un climat de bienveillance, mais aussi montré que les réfugiés, loin d’être une « menace », peuvent être une source d’enrichissement pour la ville. Cette action interdépartementale d’envergure a mis à contribution diverses institutions publiques – bibliothèque municipale (pour la « bibliothèque vivante »), service de sécurité (pour la grande manifestation), service de collecte des ordures, presse et département des relations publiques, mairie, etc.        

La couverture médiatique, massive et systématique, a été assurée par les médias traditionnels (radio, télévision, journaux et magazines locaux) et par des médias sociaux tels que Facebook. À noter que, contre toute attente, cette couverture a été totalement positive, présentant Erlangen comme un modèle d’engagement dans le débat sur les réfugiés – à une période où l’arrivée massive de réfugiés dans les villes allemandes était largement décrite comme un phénomène négatif et « problématique » plutôt que comme un « atout ».


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