À l’occasion de la Journée internationale de la fin de l’impunité pour les crimes commis contre les journalistes, nous souhaitons, au nom du groupe d’amis, rappeler une évidence : lorsqu’un journaliste est réduit au silence, c’est le droit de chacun à avoir accès à une information libre, fiable et pluraliste qui est compromis.
Les chiffres demeurent alarmants. Depuis le 1er janvier 2026, 25 journalistes dans le monde ont été tués et 466 journalistes et collaborateurs de médias sont détenus à ce jour selon les données de Reporters sans Frontières. En 2025, la Plateforme pour la sécurité des journalistes a enregistré 344 alertes relatives à des menaces graves contre la liberté des médias en Europe. Selon l’UNESCO, en 2024, 85% des meurtres de journalistes recensés dans le monde depuis 2006 demeuraient non élucidés.
Ces chiffres témoignent de l’urgence d’agir face aux menaces graves qui pèsent sur la sécurité des journalistes et de mettre fin à l’impunité des crimes commis à leur encontre. L’impunité prive les victimes et leurs proches de justice et fragilise la capacité des journalistes à enquêter librement. Nous appelons les États à garantir des enquêtes effectives, indépendantes et impartiales et de poursuivre les responsables de ces crimes.
Ces menaces ne se limitent pas aux violences physiques. Elles peuvent prendre la forme d’actes d’intimidation, de détentions arbitraires, de surveillance, de campagnes de harcèlement et de pressions politiques, économiques et juridiques, en particulier à travers des procédures-bâillons. Les violences en ligne qui touchent principalement les femmes journalistes, ne doivent pas non plus être minimisées.
Dans les zones de conflit, notamment en Ukraine, à Gaza et au Soudan, les journalistes et les professionnels des médias continuent de payer un lourd tribut. Les journalistes et les professionnels de médias intervenant dans des zones de conflit armé sont des civils et doivent être respectés et protégés en tant que tels.
Dans ce contexte, nous réaffirmons notre engagement en faveur de la protection de la liberté d’expression, de la protection des journalistes et de la lutte contre l’impunité. Les journalistes doivent pouvoir exercer leur profession sans crainte de représailles et les atteintes à leur sécurité ne doivent rester ni ignorées, ni impunies. La lutte contre l’impunité doit aller de pair avec des mesures de prévention et de protection, permettant à celles et ceux qui nous informent, d’exercer leur profession, avant qu’une menace ne se transforme en violence.
Nous saluons les travaux du Conseil de l’Europe en ce sens, notamment ceux de la Plateforme pour la sécurité des journalistes et la campagne « Les journalistes comptent », ainsi que l’adoption récente par l’Assemblée parlementaire d’une résolution sur les menaces croissantes pesant sur le pluralisme et l’indépendance des médias, qui met en lumière les fragilités dans ce secteur.
Le Groupe d’amis continuera de soutenir ces initiatives et de porter un message clair : Aucun journaliste ne devrait avoir à choisir entre informer ou se protéger.
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Cette déclaration est faite au nom du Groupe d’amis du Conseil de l’Europe pour la sécurité des journalistes et la liberté des médias, basé à Strasbourg, qui rassemble les États membres suivants : l’Autriche, la France, la Grèce, la Lettonie, le Liechtenstein, la Lituanie, le Luxembourg, les Pays-Bas, la Norvège, le Portugal, la Suède, la Suisse et le Royaume-Uni.
Les pays suivants soutiennent cette déclaration : Albanie, Belgique, Bosnie-Herzégovine, Croatie, Danemark, Espagne, Estonie, Finlande, Irlande, Islande, Luxembourg, Malte, Moldavie, Monténégro, Macédoine du Nord, Roumanie, Saint-Marin, Serbie, Slovaquie.

