Selon le rapport 2024 de Reporters sans frontières, l'Arménie a amélioré son classement en matière de liberté de la presse et de conditions de travail des journalistes. Dans le classement de Reporters sans frontières, l'Arménie est passée de la 80e place en 2018 à la 43e en 2024, devenant ainsi le leader dans ce domaine parmi les pays de la région.
Malgré ces progrès, plusieurs problèmes complexes et persistants méritent une attention particulière :
Polarisation, discours de haine et désinformation
- Ces dernières années, la société arménienne a connu une polarisation croissante, largement alimentée par des événements politiques majeurs et d’importantes préoccupations en matière de sécurité nationale. Ces divisions politiques et idéologiques ont créé un climat de tension omniprésent, imprégnant divers aspects de la vie sociale et affectant profondément le paysage médiatique. En conséquence, les journalistes sont soumis à une pression accrue dans le cadre de leur travail. Cette pression se traduit parfois par des agressions à leur encontre, y compris de la part de collègues appartenant au camp adverse.
- Un autre problème urgent dans le paysage médiatique arménien actuel est la prolifération de la désinformation et des discours de haine. Le ciblage des femmes travaillant dans les médias est particulièrement préoccupant. Les femmes journalistes subissent souvent des formes supplémentaires de harcèlement, notamment des agressions physiques et verbales, tant en ligne que hors ligne.
Sécurité numérique
Avec la numérisation croissante des médias, les journalistes sont de plus en plus confrontés à des menaces pour leur sécurité numérique, notamment le piratage et la surveillance. Récemment, plusieurs journalistes et personnes associées à des organisations médiatiques en Arménie ont été la cible de programmes d’espionnage étrangers, ce qui a conduit à la compromission de leurs appareils électroniques.
La perception des journalistes dans la société et le manque de compréhension du rôle des médias
Au cours des discussions et des activités menées par le comité national, un manque significatif de compréhension du rôle vital que jouent les journalistes dans la société a été observé. Ce manque de compréhension s’étend à tous les niveaux de la société et, ce qui est inquiétant, même parmi certains représentants de l’État. Le manque de reconnaissance du rôle des médias en tant que pilier essentiel de la démocratie contribue à bon nombre des défis auxquels les journalistes sont confrontés, offrant un terrain fertile aux actions hostiles à leur encontre.
Mise à jour 2025
En 2025, les activités liées à la sécurité des journalistes se sont poursuivies dans le cadre institutionnel existant en Arménie, grâce à la coopération entre les journalistes, les organisations médiatiques, les acteurs de la société civile et les autorités publiques concernées. L’environnement médiatique arménien a également connu des évolutions positives au niveau international, le pays passant de la 43e à la 34e place dans le Classement mondial de la liberté de la presse 2025 publié par Reporters sans frontières.
L’Arménie a poursuivi ses efforts pour renforcer les garanties contre les poursuites abusives et aligner son cadre juridique sur les normes européennes en matière de lutte contre les poursuites stratégiques visant à entraver la participation publique (SLAPP). Des modifications apportées au Code de procédure civile ont introduit des mécanismes permettant aux tribunaux de rejeter à un stade précoce les demandes manifestement infondées et ont prévu des sanctions en cas d’abus des droits procéduraux. D’autres réformes procédurales ont été adoptées pour améliorer l’efficacité judiciaire et prévenir l’utilisation abusive des procédures judiciaires.
Parallèlement, l’Arménie a intensifié ses efforts pour renforcer l’autorégulation des médias grâce à des propositions d’amendements à la loi sur les médias visant à soutenir un journalisme responsable et des mécanismes d’autorégulation solides. Bien qu’aucune législation spécifique anti-SLAPP n’ait encore été adoptée, la combinaison de réformes procédurales, d’initiatives d’autorégulation et d’efforts de renforcement des capacités reflète l’engagement continu de l’Arménie à améliorer la protection de la liberté d’expression et du journalisme indépendant.
Les questions relatives à la sécurité des journalistes, notamment le harcèlement en ligne, les risques liés aux manifestations et la viabilité professionnelle, ont continué d’être abordées par le biais d’un dialogue avec les parties prenantes et d’une participation aux discussions internationales et régionales.