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Le GRETA publie son quatrième rapport sur la Bosnie-Herzégovine

Dans son rapport du quatrième cycle d’évaluation publié aujourd’hui, le Groupe d’experts sur la lutte contre la traite des êtres humains (GRETA) du Conseil de l’Europe se félicite des mesures prises par la Bosnie-Herzégovine pour renforcer son action contre la traite, tout en soulignant la nécessité de progresser davantage en matière de prévention, d’identification des victimes, d’aide aux victimes, d’assistance juridique et d’indemnisation.

Le GRETA constate un certain nombre d’évolutions positives depuis sa précédente évaluation, notamment l’adoption d’une nouvelle stratégie de lutte contre la traite pour la période 2024-2027, la modification du code pénal du District de Brčko en vue de renforcer le cadre juridique de lutte contre la traite, le travail proactif des équipes mobiles d’identification, la mise en place d’une formation spécialisée destinée aux professionnel·les et l’augmentation significative du nombre de condamnations pour des infractions de traite des êtres humains.

Le rapport indique que la Bosnie-Herzégovine reste un pays d’origine, de transit et de destination des victimes de la traite. Entre 2022 et 2025, 177 victimes ont été identifiées, dont environ les trois quarts étaient des enfants. La forme d’exploitation la plus fréquente reste la mendicité forcée, suivie de l’exploitation par le travail et de l’exploitation sexuelle. Le GRETA relève aussi une utilisation accrue des technologies de l’information et de la communication par les trafiquants pour recruter, exploiter et contrôler les victimes de la traite.

Le rapport insiste sur la vulnérabilité à la traite des êtres humains des enfants roms, des personnes demandeuses d’asile et des travailleuses et travailleurs migrants. Le GRETA préconise des mesures plus strictes pour prévenir la traite des enfants et les mariages d’enfants, améliorer la détection des cas d’exploitation par le travail, renforcer les procédures de repérage des victimes parmi les personnes migrantes ou demandeuses d’asile et apporter aux enfants migrants non accompagnés un soutien et une protection adéquats.

Le GRETA note en outre que les services d’assistance aux victimes restent fortement tributaires des financements provenant de donateurs internationaux et que la fermeture, en 2024, du plus grand centre d’accueil des victimes de la traite du pays a réduit les capacités d’hébergement, en particulier pour les enfants victimes. Le rapport appelle les autorités à assurer un financement pérenne des services de soutien aux victimes et à créer des foyers protégés spécialisés pour les enfants victimes.

Tout en saluant les progrès accomplis dans la réponse de la justice pénale à la traite, le GRETA réitère son appel pour que les autorités mettent en place un mécanisme d’indemnisation par l’Etat des victimes de la traite et qu’elles redoublent d’efforts pour veiller à ce que les infractions de traite fassent effectivement l’objet de poursuites pour traite des êtres humains. Les autorités sont par ailleurs encouragées à investir davantage dans des outils numériques et des capacités spécialisées afin de lutter contre la traite facilitée par les technologies et d’améliorer la conduite des enquêtes sur les cas d’exploitation en ligne.

 Le GRETA et la Bosnie-Herzégovine

 

Monitoring Strasbourg, France 18 juin 2026
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