Le Groupe d’experts du Conseil de l’Europe sur la lutte contre la traite des êtres humains (GRETA) publie aujourd’hui son quatrième rapport d’évaluation sur la Norvège, qui examine les vulnérabilités à la traite des êtres humains. Une attention particulière est accordée à l’utilisation des technologies de l’information et de la communication pour commettre des infractions de traite.
Ce rapport, qui couvre la période allant de 2022 à mars 2026, examine aussi les éléments nouveaux survenus depuis la publication du troisième rapport d’évaluation du GRETA sur la mise en œuvre par la Norvège de la Convention du Conseil de l’Europe sur la lutte contre la traite des êtres humains.
Les autorités norvégiennes ont continué à développer le cadre législatif, institutionnel et stratégique de la lutte contre la traite en introduisant de nouvelles infractions relatives au vol de salaire dans le Code pénal et en apportant des modifications à la loi sur l’environnement de travail et à la loi sur la protection de l’enfance. Le GRETA salue aussi l’adoption de la nouvelle stratégie nationale de lutte contre la traite des êtres humains pour la période 2025-2030.
Cependant, la Norvège ne dispose toujours pas de processus officiel et systématique de collecte de données sur les victimes de la traite identifiées. D’après les estimations de l’Unité nationale de coordination de la lutte contre la traite (KOM), une centaine de personnes adultes ont été recensées chaque année comme de nouvelles victimes sur la période 2022-2024. La majorité d’entre elles avaient fait l’objet d’exploitation sexuelle ; la deuxième forme d’exploitation la plus répandue était le travail ou les services forcés. Les victimes étaient principalement originaires de pays d’Amérique latine, d’Afrique, d’Europe orientale et d’Asie. Le nombre de victimes norvégiennes identifiées, y compris des enfants ayant subi des abus sexuels via une plateforme numérique, a également augmenté.
Le rapport met en lumière les vulnérabilités à la traite des femmes étrangères en situation de prostitution, ainsi que la nécessité de mieux faire connaître les services de soutien destinés aux victimes et de mettre en place des programmes pour les personnes qui souhaitent sortir de la prostitution.
Les travailleuses et travailleurs migrants constituent un autre groupe vulnérable à la traite des êtres humains. Sont particulièrement touchées les personnes travaillant dans l’agriculture, le bâtiment, la pêche, le nettoyage, l’hôtellerie et les transports. Bien que les autorités norvégiennes aient pris plusieurs dispositions pour prévenir leur exploitation, le GRETA considère qu’elles devraient fournir de manière proactive à ces personnes des informations sur leurs droits et les conditions de travail, les services de soutien, les mécanismes de réclamation et l’accès aux voies de recours. Outre ces mesures, il faudrait notamment inscrire dans la loi l’interdiction des frais de recrutement, veiller à ce que les salaires soient versés chaque mois et instaurer des contrôles plus fréquents et des sanctions plus lourdes pour les employeurs qui imposent des accords, des conditions ou des contrats illégaux.
Le GRETA souligne que les personnes demandant l’asile ou réfugiées sont particulièrement vulnérables à la traite et demande aux autorités de mettre en place des mesures de renforcement des capacités de la police aux frontières pour permettre un meilleur repérage des victimes de la traite. Les autorités devraient aussi faciliter l’accès des demandeurs et demandeuses d’asile au marché du travail, à la formation professionnelle et à des cours de norvégien.

