Retour

Les experts européens de la lutte contre la traite sonnent l’alarme contre l’exploitation par le travail

Strasbourg 03/04/2018
  • Diminuer la taille du texte
  • Augmenter la taille du texte
  • Imprimer la page
  • Imprimer en PDF
Les experts européens de la lutte contre la traite sonnent l’alarme contre l’exploitation par le travail

La traite à des fins d’exploitation par le travail s’aggrave en Europe. Dans plusieurs pays, c’est la première forme de traite des êtres humains, devant l’exploitation sexuelle. Les chiffres officiels sous-estiment l’échelle véritable du problème, alors que les poursuites donnent peu de résultats et que les condamnations sont rares.

Telles sont les principales conclusions du dernier rapport annuel en date publié aujourd’hui par le Groupe d’experts du Conseil de l’Europe sur la lutte contre la traite des êtres humains (GRETA).

Dans le rapport, qui se fonde sur un travail de suivi pays par pays, le GRETA souligne que l’exploitation par le travail est devenue la forme prédominante de traite dans plusieurs pays européens, notamment la Belgique, Chypre, la Géorgie, le Portugal, la Serbie et le Royaume-Uni.

Cependant, l’ensemble des pays qui ont été évalués à deux reprises jusqu’ici par le GRETA ont indiqué que la traite à des fins d’exploitation par le travail tend à s’aggraver ces dernières années.

Le rapport indique que la plupart des victimes identifiées sont des hommes, bien que les femmes et les enfants soient aussi touchés.

Les hommes sont souvent exploités dans des secteurs d’activité comme l’agriculture, le BTP et la pêche, alors que les femmes tendent à être exploitées dans des cadres plus isolés comme le travail à domicile et la prise en charge de personnes, où elles sont parfois victimes à la fois d’exploitation sexuelle et d’exploitation par le travail.

« Notre suivi montre que de plus en plus de personnes font l’objet de la traite à des fins de travail dans des conditions révoltantes en Europe, à la fois au sein des frontières nationales et au-delà », a déclaré la Présidente du GRETA, Siobhán Mullally.

« Les victimes hésitent souvent à se faire entendre, car elles peuvent craindre d’être expulsées, ou de subir des représailles de la part de réseaux de traite criminels. Les poursuites et la condamnation des auteurs de tels actes restent très rares.

Certains pays ont déjà pris des mesures déterminantes dans ce domaine, mais beaucoup doivent encore améliorer leur politique et leurs pratiques. Les États de toute l’Europe devraient coopérer avec les ONG, les syndicats et le secteur privé pour contribuer à mettre fin à cette forme odieuse d’exploitation et de mauvais traitements ».

télécharger le rapport ici