Comment le sport peut-il contribuer à la santé et au développement des enfants tout en garantissant leur sécurité ? Cette question était au cœur de la 19e Conférence du Conseil de l’Europe des ministres responsables du sport, qui s’est tenue à Monaco sous le thème « Un sport plus sûr et plus sain pour tous les enfants ». Quelque 300 personnes, dont 25 ministres et secrétaires d’État, y ont participé.
La Conférence a porté sur deux priorités : prévenir les violences et les abus dans le sport et y répondre, ainsi que promouvoir le bien-être physique et mental des enfants. Les échanges ont mis en avant des mesures concrètes de protection, telles que des codes de conduite, des procédures de recrutement plus sûres, la formation et la participation des enfants aux décisions qui les concernent.
Les allocutions d’ouverture ont été prononcées par le prince Albert II de Monaco, Alain Berset, Secrétaire Général du Conseil de l’Europe, et Leila Marques Mota, première vice-présidente du Comité international paralympique. La session I, « Promouvoir un engagement commun en faveur d’un sport plus sûr et plus sain », a examiné les défis abordés dans le projet de résolution. Les intervenants comprenaient Charlie McConalogue, Gloria Viseras et Emily Karakoleva. Les chefs de délégation ont ensuite pris la parole.
Lionel Beffre, ministre de l’Intérieur de la Principauté de Monaco, a souligné que le sport ne bénéficie aux enfants que s’ils peuvent le pratiquer dans un environnement sûr, respectueux et inclusif. Les mesures évoquées comprenaient la définition claire des responsabilités en matière de protection, la formation des adultes, des codes de conduite, la vérification des antécédents et des exigences de protection liées aux financements publics.
Les participants ont également insisté sur la nécessité de mettre en place des voies de signalement accessibles et d’apporter un soutien fiable. La protection des enfants suppose de préserver leur santé physique et mentale, de prévenir les blessures et le surentraînement, de lutter contre le dopage et d’éviter toute pression excessive liée à la performance.
Les délégations ont mis en évidence plusieurs obstacles à la pratique sportive, notamment la pauvreté, le handicap et l’éloignement géographique. Parmi les initiatives évoquées figuraient des activités mobiles et gratuites, des aides financières aux familles et le projet « Let’s Volley ». Les interventions ont également porté sur les conséquences de la guerre en Ukraine sur l’accès des enfants au sport et sur les efforts déployés pour maintenir les écoles de sport en activité.
La session de l’après-midi, « De l’engagement à l’action : pour un sport plus sûr et plus sain », était consacrée à la mise en œuvre des engagements. Les échanges ont souligné la nécessité d’une coopération durable entre les gouvernements, les organisations sportives et les spécialistes de la protection de l’enfance, de l’éducation et de la santé. Ils ont également mis en avant des mesures concrètes de protection, l’évaluation des risques, des voies de signalement accessibles et des réponses rapides et indépendantes en cas de signalement.
La session a aussi abordé le bien-être physique et mental des enfants, notamment la prévention des commotions cérébrales et des blessures, la santé mentale, le surentraînement, le dopage et les pressions excessives liées à la performance. Les participants ont souligné que l’accès au sport ne devrait pas être limité par des obstacles financiers ou liés au handicap. Ils ont également estimé que les progrès devraient être évalués à l’aide de données fiables, d’indicateurs communs et des retours des enfants eux-mêmes.
La Conférence s’est achevée par l’adoption d’une résolution. Les échanges ont appelé à concrétiser les engagements en matière de protection dans les organisations sportives et les structures locales, avec le soutien du Conseil de l’Europe et de l’APES pour favoriser le partage d’expériences et promouvoir une approche fondée sur les droits de l’enfant.
Le 3 novembre, un événement organisé en marge de la Conférence a marqué le 10e anniversaire de la Convention de Saint-Denis. Des représentants des autorités publiques, du monde sportif et de la société civile ont échangé sur les réalisations de la Convention et les défis à venir. Andorre et Saint-Marin ont signé la Convention lors d’une cérémonie à laquelle assistait Alain Berset.

