Retour Accroître la participation aux élections locales de 2018

Objectif : Améliorer les connaissances des personnes migrantes sur leur droit de vote et, par conséquent, accroître leur participation aux élections ; Produire des informations accessibles sur les élections, dans un langage clair et simple ; Informer les personnes migrantes sur le processus électoral.

Point de départ : Fin 2017, la ville de Reykjavik a chargé un groupe de travail de réfléchir aux moyens d’améliorer la participation aux élections locales. Les statistiques montrent que certains groupes de population votent moins que les autres, notamment les jeunes, les personnes en situation de handicap, les femmes âgées de plus de 75 ans et les personnes migrantes.

La participation des personnes migrantes est particulièrement faible puisque, selon les chiffres communiqués par Statistics Iceland, en 2006, sur les 40,4 % d’électeur·rices ayant voté aux élections municipales, 62,5 % étaient originaires de pays nordiques et 34,4 % d’autres pays, tandis qu’en 2014, sur les 21 % seulement d’électeur·rices ayant voté aux élections municipales, 56,7 % étaient originaires de pays nordiques et 17 % d’autres pays.

Processus : Après avoir consulté des représentant·es de tous les groupes ci-dessus (représentant·es des mouvements locaux), le groupe de travail a proposé des actions que le conseil municipal de Reykjavik a acceptées et financées

Le principal obstacle à la participation de ces groupes aux scrutins serait le manque d’informations accessibles sur les élections. Les informations doivent donc être fournies dans un langage beaucoup plus clair et facile à comprendre, et diffusées dans des lieux ouverts et accessibles à toutes et tous. Il s’est avéré par ailleurs que certaines personnes avaient encore du mal à comprendre la différence entre élections municipales et élections nationales, et à savoir où et comment voter. Par conséquent, les actions ont visé avant tout à bien les informer sur le processus électoral

La ville de Reykjavik a décidé de mettre en place des actions ciblant les personnes migrantes. Dans un premier temps, les informations seront rassemblées et rédigées dans un langage simple et facile à comprendre, en islandais et dans deux autres langues au minimum (islandais, anglais et polonais). Elles seront ensuite publiées sur la page Web www.egkys.is. Une campagne d’information destinée à des groupes spécifiques sera lancée sur les réseaux sociaux et affichée sur les panneaux municipaux, les arrêts de bus, les centres commerciaux et les entreprises employant des personnes migrantes. Un courrier officiel sera en outre adressé aux personnes migrantes qui ont le droit de voter pour la première fois afin de les informer de leurs droits et de leur indiquer leur bureau de vote. Des ONG et des associations de la société civile seront mobilisées pour cette campagne d’information. Enfin, la ville prévoira des dispositifs exceptionnels pour faciliter la participation des personnes migrantes, notamment une permanence téléphonique qui les informera dans d’autres langues que l’islandais et, le jour du scrutin, des personnes parlant d’autres langues que l’islandais seront présentes dans les bureaux de vote. La ville souhaite également que des données sur la participation des personnes migrantes aux scrutins soient collectées à chaque élection.

En outre, le Conseil des droits humains de Reykjavik a accordé une subvention au projet « Cours de politique pour les femmes migrantes » de l’Association islandaise pour les droits des femmes. Ce projet était conforme aux objectifs de la politique de la ville en matière de droits humains, contribuait à la lutte contre les inégalités entre les femmes et les hommes et soutenait la stratégie interculturelle de Reykjavik. Les cours de politique destinés aux femmes migrantes, mis en place en 2017, se sont étalés sur sept semaines. Le programme prévoyait plusieurs modules : une introduction au système politique islandais (municipal et national), un cours sur les règles « non écrites » de la politique, un cours d’expression orale et plusieurs modules de formation (autonomisation des femmes, relations avec les médias et aptitudes aux entretiens d’embauche). Les participantes ont eu l’occasion de rencontrer des représentant·es de toutes les formations politiques siégeant au Parlement islandais et de visiter l’Alþingi en compagnie de député·es. Les cours ont été annoncés sur les réseaux sociaux et sur les sites Internet des associations de personnes migrantes. Ils ont été assurés par Sabine Leskopf, membre suppléante du conseil municipal de Reykjavik, qui incarne elle-même le rôle que peuvent jouer les femmes étrangères dans la vie politique.

Ce projet a été mis en œuvre dans le cadre d’une coopération entre l’Association pour les droits des femmes, l’association W.O.M.E.N. (association islandaise des femmes d’origine étrangère) et le Conseil des droits humains de Reykjavik.

Impact : Le rapport du groupe de travail a suscité un débat au sein du conseil municipal et incité ses membres à reconsidérer leur approche de l’électorat. Le plan d’action a attiré l’attention des médias et suscité un débat public sur les changements sociétaux et la nécessité pour les partis politiques de revoir la conception de leurs campagnes. La municipalité n’a pas jugé utile d’organiser la campagne électorale. Cependant, toutes les règles d’impartialité ont été respectées et l’accent a été mis sur la participation au scrutin. La coalition au pouvoir a été soupçonnée de chercher à influencer les électeurs et électrices en sa faveur. Les différentes activités n’ont pas eu d’incidence notable sur l’augmentation de la participation aux élections locales, mais elles ont assurément suscité un débat et changé la manière de considérer les différents groupes d’électeurs et d’électrices de la ville.

Vingt femmes originaires de différents pays ont suivi la formation. L’Association pour les droits des femmes a présenté son rapport final et son évaluation au Conseil des droits humains.

Principal document de référence : 

Terminé en 2018
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