Retour Actions de la ville de Reykjavik pour améliorer la participation aux élections locales

Objectif : La municipalité de Reykjavik a pris plusieurs mesures pour accroître la participation des personnes migrantes aux élections locales.

En octobre et novembre 2017, l’Association islandaise pour les droits des femmes a par exemple choisi d’organiser des cours de politique destinés aux femmes migrantes afin de promouvoir leur participation à la vie politique. Ce projet remplissait les objectifs de la politique de la Ville en matière de droits humains, contribuait à la lutte contre les inégalités entre les femmes et les hommes et soutenait la stratégie interculturelle de la municipalité.

De février à mai 2018, la ville de Reykjavik a adopté une autre pratique visant à favoriser la participation des jeunes, des personnes handicapées, des femmes de plus de 75 ans et des personnes migrantes aux élections municipales de 2018. Elle a également lancé une campagne d’information ciblant les personnes migrantes.

Point de départ : La participation des personnes migrantes est particulièrement faible puisque, selon les chiffres communiqués par Statistics Iceland – en 2006, sur les 40,4 % d’électeur·rices ayant voté aux élections municipales, 62,5 % étaient originaires de pays nordiques et 34,4 % d’autres pays, tandis qu’en 2014, sur les 21 % seulement d’électeur·rices ayant voté aux élections municipales, 56,7 % étaient originaires de pays nordiques et 17 % d’autres pays.

Fin 2017, la Ville de Reykjavik a chargé un groupe de travail de réfléchir aux moyens d’améliorer la participation aux élections locales. Les statistiques montrent que certains groupes de population votent moins que les autres, notamment les jeunes, les personnes en situation de handicap, les femmes âgées de plus de 75 ans et les personnes migrantes.

Processus : Les cours de politique à destination des femmes migrantes, mis en place en 2017, se sont étalés sur sept semaines. Le programme prévoyait plusieurs modules : une introduction au système politique islandais (municipal et national), un cours sur les règles « non écrites » de la politique, un cours d’expression orale et plusieurs modules de formation (autonomisation des femmes, relations avec les médias et aptitudes aux entretiens d’embauche). Les participantes ont eu l’occasion de rencontrer des représentant·es de toutes les formations politiques siégeant au Parlement islandais et de visiter l’Alþingi en compagnie de député·es. Les cours ont été annoncés sur les réseaux sociaux et sur les sites internet des associations de migrant·e·s. Ils ont été assurés par Sabine Leskopf, membre suppléante du conseil municipal de Reykjavik, qui constitue un parfait exemple du rôle que peuvent jouer les femmes étrangères dans la vie politique. Vingt femmes originaires de différents pays ont suivi la formation. L’Association pour les droits des femmes présentera son rapport final et son évaluation au Conseil des droits humains. Ce projet a été mis en œuvre dans le cadre d’une coopération entre l’Association pour les droits des femmes, l’association W.O.M.E.N. (association islandaise des femmes d’origine étrangère) et le Conseil des droits humains de Reykjavik.

En ce qui concerne la campagne d’information de 2018, le groupe de travail a consulté des représentants·es des jeunes, des personnes handicapées, des femmes de plus de 75 ans et des personnes migrantes avant de proposer des actions que le conseil municipal de Reykjavik a acceptées et financées. Le principal obstacle à la participation de ces groupes aux scrutins serait le manque d’informations accessibles sur les élections. Les informations doivent donc être fournies dans un langage beaucoup plus clair et facile à comprendre, et diffusées dans des lieux ouverts et accessibles à toutes et tous. Il est également apparu que certaines personnes avaient encore du mal à comprendre la différence entre élections municipales et élections nationales, et à savoir où et comment voter. Par conséquent, les actions ont visé avant tout à bien les informer sur le processus électoral. Les informations ont été rassemblées et présentées dans un langage simple et facile à comprendre, en islandais et dans au moins deux autres langues (l’anglais et le polonais). Elles ont été publiées sur la page Web www.egkys.is. Une campagne d’information destinée à des groupes spécifiques a été lancée sur les réseaux sociaux et affichée sur les panneaux municipaux, les arrêts de bus, les centres commerciaux et les entreprises employant des personnes migrantes. Un courrier officiel a en outre été adressé aux personnes migrantes qui avaient le droit de voter pour la première fois afin de leur indiquer leurs droits et leur bureau de vote. Des ONG et des associations de la société civile ont été mobilisées pour cette campagne d’information. Enfin, la ville a prévu des dispositifs exceptionnels pour faciliter la participation des personnes migrantes, notamment une permanence téléphonique chargée de leur fournir des informations dans d’autres langues que l’islandais et, le jour du scrutin, des personnes parlant d’autres langues que l’islandais étaient présentes dans les bureaux de vote. La ville souhaite également que des données sur la participation des personnes migrantes aux scrutins soient collectées à chaque élection.

Impact/résultats : Le résultat attendu est une augmentation du taux de participation des personnes migrantes aux élections locales.

Principal document de référence : Informations complémentaires (disponible en islandais uniquement)

 

2017 - 2018
  • Diminuer la taille du texte
  • Augmenter la taille du texte
  • Imprimer la page