Retour « Construire un quartier ». Révision de la stratégie de lutte contre les rumeurs basée sur la participation

But : Revitalisation des quartiers de la ville ayant la plus forte population étrangère, comme première étape vers la réactivation de la Stratégie Anti-Rumeurs de Saragosse.

Point de départ : Cette action s’inscrit dans le cadre du projet européen DiverCities (Villes européennes pour la diversité et la participation), promu par une collaboration transnationale de municipalités et d’organisations de la société civile qui ont travaillé à créer les conditions idéales pour la formulation de politiques interculturelles locales. L’action a directement impliqué quatre pays de l’Union européenne et huit villes. Trois de ces villes, Castelló de la Plana, Logroño et Saragosse, font partie du Réseau des Villes Interculturelles (RECI). Le projet est également complété par ICEI (Italie), Diversit-ACI (Espagne) et RPCI (Portugal).

Le projet visait, d’une part, à renforcer les compétences et les méthodologies dans la mise en œuvre de processus démocratiques efficaces ascendants, en coopération avec les parties prenantes locales. D’autre part, il visait à accroître la contribution des citoyens dans la prise de décision et la sensibilisation dans le domaine de l’interculturalisme et de la promotion de la diversité. À cette fin, les villes ont organisé des Assemblées Interculturelles. Dans le cas de Saragosse, ces Assemblées se sont concentrées sur les préjugés et les stéréotypes des citoyens envers les migrants et/ou les personnes appartenant à d’autres cultures. Ces assemblées ont réuni du personnel de différents services municipaux ainsi que des professionnels d’entités sociales, d’associations du tiers secteur, des médias, des bénévoles, etc.

Stratégiquement, Saragosse a décidé de réactiver la Stratégie Anti-rumeurs, qui était en pause depuis 2019 et avait perdu en force et en engagement depuis la pandémie, en utilisant cette méthodologie et ce cadre offerts par le projet.

Processus : Tout d’abord, un groupe central a été créé, composé de trois employés municipaux de la Casa de las Culturas et également d’employés des trois organisations sociales chargées de mener la modération dans les assemblées. Il a été décidé dès le départ d’agir dans les quartiers ayant le plus fort pourcentage de population étrangère de la ville : Delicias, Las Fuentes et Casco Histórico. Dans chacun de ces quartiers, les assemblées ont été dynamisées par l’organisation sociale travaillant dans ces quartiers, qui connaissait bien le territoire et les dynamiques sociales de chaque district.

Trois assemblées ont eu lieu en février et trois autres en mars (deux par quartier), avec des méthodologies différentes dans chaque cas. Les trois assemblées de février se sont concentrées sur la dynamisation des professionnels des institutions publiques, des entités sociales et des leaders communautaires pour faire face aux récits qui entravent la coexistence dans leurs propres quartiers liés aux stéréotypes, préjugés et rumeurs. Y ont participé des personnes d’associations de quartier, de commerçants, d’entités sociales, d’instituts et d’écoles, du Gouvernement d’Aragon, de centres de santé, de syndicats, etc.

Agenda :

  1. Présentation du projet « Construyendo barrio » (Mairie de Saragosse). Un aperçu de l’évolution de la stratégie de lutte contre les rumeurs de la ville de Saragosse a été présenté et l’objectif de la revitaliser de manière participative a été mis en avant.
  2. Atelier de formation sur les outils pour la coexistence interculturelle, abordant spécifiquement les stéréotypes, les préjugés, les rumeurs et les crimes de haine.
  3. Intervention d’une entité représentative du quartier.

Les trois assemblées de mars étaient orientées vers la population générale des trois quartiers travaillés, et ont réalisé une cartographie émotionnelle des points de conflit et des points de rencontre dans le quartier, comme première étape dans la réactivation de la Stratégie Anti-rumeurs. L’accent a été mis sur une approche participative et collaborative. Dans ce cas, l’objectif était d’avoir une base à partir de laquelle réactiver la Stratégie Anti-rumeurs, en connaissant la réalité de chaque territoire. Ce sont les participants des premières assemblées qui ont mobilisé les individus souhaitant collaborer activement à la stratégie.

Enfin, l’Assemblée finale a été convoquée et tenue pendant la « Semaine contre la discrimination raciale » organisée à la Casa de las Culturas afin de faire un retour aux citoyens. Lors de cette assemblée, les entités sociales de chaque quartier ont présenté les conclusions finales et ce à quoi s’attendre dans l’avenir pour chacun des territoires, ainsi que la manière dont cela pourrait être connecté à la future Stratégie. L’objectif serait par exemple de créer un réseau d’agents anti-rumeurs.

Impact : Un haut niveau de participation a été atteint, touchant plus de 200 personnes dans les sept assemblées tenues. La mobilisation du tissu social et des leaders communautaires dans les quartiers a été stimulée, en vue de construire la nouvelle Stratégie Anti-Rumeurs au cours des prochains mois à la suite de ces assemblées de réflexion et de propositions. Grâce aux actions menées, nous estimons que l’engagement au niveau municipal a été renforcé. En effet, le succès de ces rencontres a été démontré et les résultats ont été très satisfaisants et enrichissants. Ils servent désormais de base au développement de la nouvelle stratégie, une fois la population cible mobilisée.

Concernant la transversalité des actions, différents services municipaux ont été invités aux assemblées pour s’impliquer et faire de la coexistence interculturelle un facteur stratégique au niveau de la ville. Des employés du département de l’éducation, des services sociaux communautaires et des services sociaux spécialisés y ont assisté et ont pu profiter d’une formation sur les outils pour la coexistence interculturelle qu’ils pourront ensuite mettre en œuvre dans leur travail avec les citoyens.

En plus de ce qui a été réalisé lors des assemblées elles-mêmes et de la mobilisation dans les quartiers, une grande réponse est attendue au niveau de la ville à l’issue de la dernière assemblée organisée dans le cadre de la Semaine contre la discrimination raciale. Le travail est en cours pour poursuivre les actions dans les mois à venir.

Principaux documents de référence :

 

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