Le 7 octobre, le Comité des Ministres a mis fin à sa surveillance de l'exécution de l'arrêt Lăcătuș c. Suisse, concernant l'ingérence disproportionnée dans la vie privée d'une personne rom vulnérable (violation de l'article 8). En 2014, la requérante avait été condamnée à une amende pour mendicité inoffensive, puis emprisonné pendant cinq jours pour non-paiement de cette amende. La Cour européenne a critiqué la sanction grave, automatique et presque inévitable prévue par la loi cantonale, qui portait atteinte à la dignité humaine d'une personne extrêmement vulnérable.
À la suite de cet arrêt, le canton de Genève a cessé d'appliquer son interdiction absolue de la mendicité et plus de 18 200 affaires en cours ont été classées sans suite. Des réformes législatives ont ensuite suivi : en décembre 2021, Genève a modifié son Code pénal afin de supprimer l'interdiction absolue et de n'interdire que la mendicité organisée, abusive ou liée à des lieux spécifiques (en vigueur depuis février 2022). Dans le canton de Vaud, un amendement de 2024 a limité les sanctions pour les formes de mendicité agressives, intrusives ou trompeuses, et prévoit des avertissements préalables avant de sanctionner la mendicité passive dans les zones sensibles. À Bâle-Ville, une interdiction partielle adoptée en 2021 a interdit la mendicité dans plusieurs espaces publics, notamment les parcs et à proximité des écoles ; cette loi a fait l'objet d'un recours devant le Tribunal fédéral, qui a jugé en mars 2023 que l'interdiction de la mendicité dans les parcs publics était disproportionnée. D'autres cantons ont introduit ou maintenu des réformes ciblées similaires. Aucune affaire comparable n'a depuis été portée devant les juridictions nationales.
