Une délégation du Groupe d'experts du Conseil de l'Europe sur la lutte contre la traite des êtres humains (GRETA) a effectué une visite d'évaluation en Espagne du 8 au 12 juin 2026, dans le cadre du quatrième cycle d'évaluation de la Convention sur la lutte contre la traite des êtres humains.
Ce nouveau cycle d’évaluation, qui vise à suivre la mise en œuvre de la Convention, met l’accent sur les vulnérabilités à la traite des êtres humains et sur les mesures prises par les États parties pour les prévenir, détecter et soutenir les victimes vulnérables, ainsi que pour punir les auteurs de ces infractions. Il accorde notamment une attention particulière à l’utilisation des technologies de l’information et de la communication (TIC), qui entraînent des changements structurels dans le mode opératoire des auteurs et exacerbent les vulnérabilités existantes.
Avant la visite, les autorités espagnoles ont fourni une réponse au questionnaire du GRETA pour le quatrième cycle d’évaluation. Outre ce nouvel axe thématique, le GRETA a examiné la manière dont les principales recommandations formulées dans son troisième rapport d’évaluation sur l’Espagne ont été mises en œuvre.
Au cours de la visite, la délégation du GRETA a tenu des réunions avec Mme María del Puy Zatón Osés, rapporteure nationale pour la traite des êtres humains (au sein du Secrétariat d’État à la Sécurité), ainsi qu’avec des responsables du ministère de l’Intérieur (notamment la Policía Nacional, la Guardia Civil et le Centre de renseignement contre le terrorisme et la criminalité organisée, CITCO), du ministère de l’Égalité, du ministère du Travail et de l’Économie sociale (y compris l’Inspection de la sécurité sociale), du ministère de l’Inclusion, de la Sécurité sociale et des Migrations, du ministère de la Jeunesse et de l’Enfance, du ministère des Affaires étrangères, du ministère des Droits sociaux, de la Consommation et de l’Agenda 2030, du ministère de la Présidence, de la Justice et des Relations avec le Parlement, du Parquet général et de l’Institut national de cybersécurité (INCIBE). Des réunions ont également eu lieu avec le Conseil général du pouvoir judiciaire et des juges de la Cour suprême et de la Cour nationale. En outre, des consultations ont eu lieu avec des membres du Bureau du Médiateur espagnol.
La délégation du GRETA a tenu des réunions séparées avec des représentant· es d’organisations non gouvernementales, du Conseil général des avocat· es espagnol· es, du Barreau de Madrid et d’avocat· es représentant des victimes de la traite et des personnes ayant vécu l’expérience de la traite des êtres humains. La délégation du GRETA a également rencontré des responsables du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) et de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).
Au cours de la visite, la délégation du GRETA s’est rendue dans les communautés autonomes de Catalogne et des îles Canaries, où elle a tenu des réunions avec des responsables concerné· es et des représentant· es de la société civile. À Barcelone, la visite a donné lieu à des rencontres avec le personnel chargé de l’identification des victimes présumées de la traite parmi les demandeurs d’asile à l’aéroport d’El Prat, le personnel de l’Institut de médecine légale et de sciences médico-légales, ainsi que des psychiatres du service de psychiatrie transculturelle de l’hôpital Vall d’Hebron.
Au cours de la visite, la délégation s’est rendue dans un foyer d’accueil pour femmes victimes d’exploitation sexuelle et dans un foyer d’accueil pour filles victimes de la traite à Madrid, dans un centre de jour pour femmes victimes de la traite des êtres humains à Barcelone, ainsi que dans un foyer d’accueil pour femmes victimes de la traite et leurs enfants et dans une unité mobile d’intervention à Tenerife. En outre, la délégation a visité le centre de rétention d’immigrant· es de Hoya Fría et le centre d’assistance temporaire pour migrant· es à Tenerife.
La visite a été effectuée par Mme Dorothea Czarnecki et M. David Mancini, membres du GRETA, qui étaient accompagnés de Mme Teresa Armengol de la Hoz et de Mme Parvine Ghadami du Secrétariat de la Convention.
À l’issue de la visite, le GRETA rédigera un projet de rapport, qui sera transmis aux autorités nationales pour commentaires. Le GRETA adoptera ensuite un rapport final qui sera rendu public dans le courant de l’année 2027.

