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Le GRETA publie son quatrième rapport sur la Croatie

Dans son dernier rapport d’évaluation sur la Croatie publié aujourd’hui, le Groupe d’experts du Conseil de l’Europe sur la lutte contre la traite des êtres humains (GRETA) félicite les autorités pour leurs avancées législatives et stratégiques, mais alerte sur les lacunes persistantes et non comblées concernant l’identification des victimes de la traite et l’assistance qui leur est apportée.

Le rapport, qui porte sur les évolutions intervenues depuis 2020, évalue les mesures prises par la Croatie pour prévenir les vulnérabilités à la traite des êtres humains, ainsi que les progrès accomplis dans certains domaines examinés par le GRETA lors des précédentes évaluations de la mise en œuvre de la Convention du Conseil de l’Europe sur la lutte contre la traite des êtres humains.

Le GRETA salue l’adoption par la Croatie du plan national de lutte contre la traite des êtres humains (2024-2030) qui contient des mesures visant à sensibiliser les groupes vulnérables à la traite et à prévenir la traite en ligne, ainsi qu’à améliorer l’identification des victimes et leur orientation vers une assistance.

Le rapport relève que le nombre de victimes formellement identifiées par la police a été divisé par deux par rapport à la précédente période d’évaluation (ce nombre est passé de 200 à 105). La majorité des victimes étaient des femmes ou des filles, et l’exploitation sexuelle reste la première forme d’exploitation, suivie de la criminalité forcée, de l’exploitation par le travail et du mariage forcé. La grande majorité des victimes étaient des ressortissants croates.

Le nombre de travailleurs migrants a considérablement augmenté en Croatie et ils sont exposés à des risques d’exploitation et de traite. Le GRETA salue les changements législatifs introduits pour renforcer la protection des travailleurs migrants, mais il considère qu’il convient d’augmenter les ressources humaines et financières de l’inspection d’État pour qu’elle puisse empêcher et détecter les cas de traite des êtres humains et d’intensifier la surveillance des agences de recrutement du secteur privé.

Les personnes en demande d’asile, en particulier les enfants non accompagnés, sont également vulnérables à la traite et leur nombre a augmenté ces dernières années. Le GRETA appelle les autorités croates à mettre en place des procédures permettant de détecter les vulnérabilités chez les personnes en demande d’asile, notamment aux points de passage des frontières, et à dispenser une formation plus développée aux agent·es de la police aux frontières et aux agent·es des services d’asile pour permettre une identification précoce des victimes de la traite et les protéger contre de nouveaux préjudices.

Dans son rapport, le GRETA s’inquiète de lacunes dans l’assistance aux victimes de la traite et du placement d’enfants victimes dans des institutions pour enfants ayant des problèmes de comportement. Le GRETA recommande notamment de garantir un nombre suffisant de places dans les foyers spécialisés pour les victimes de la traite et de veiller à ce que l’accès à ces centres soit assuré sans discrimination.

Le rapport indique également qu’aucune victime de la traite n’a obtenu d’indemnisation, que ce soit de la part de l’auteur de l’infraction ou de l’État. Le GRETA appelle les autorités à garantir aux victimes de la traite un accès effectif à une indemnisation, en faisant en sorte qu’elles aient accès à l’assistance juridique et à une aide juridictionnelle gratuite dès le début de la procédure et en revoyant les critères d’éligibilité à l’indemnisation par l’État.

 Le GRETA et la Croatie

Monitoring Strasbourg, France 19 juin 2025
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