Il faudrait des recherches approfondies pour que les parents puissent décider, en connaissance de cause, combien de temps leurs enfants doivent passer sur les réseaux sociaux. Et c’est urgent ! Il ne faut pas qu’on découvre dans 10 ou 20 ans les dégâts qu’ils ont faits sur nos enfants.

Un parent d'élève, France

La citoyenneté numérique ne peut exister qu’à certaines conditions : accès aux technologies numériques, aptitudes fonctionnelles et numériques de base, infrastructure technique sûre.


En 2017, 79,6 % des citoyens européens utilisaient internet. Cela signifie qu’un Européen sur cinq n’est pas encore en ligne, chiffre qui atteint plus de la moitié au niveau mondial. En effet, seuls 48 % des habitants de la planète utilisaient internet à la fin du premier trimestre 2017. Parmi les États membres du Conseil de l’Europe, presque 20 se trouvent sous la moyenne européenne. En 2014, seuls neuf États du Conseil de l’Europe membres de l’OCDE (2016) étaient considérés comme offrant un niveau d’accès équitable via leurs systèmes éducatifs.


LE MOT DES ENFANTS

Il faut transmettre aux enfants et aux jeunes les savoirs et les moyens dont ils ont besoin pour demander de l’aide et développer leur résilience.. 

Olivia, 15 ans , Danemark


Malgré l’absence de données plus récentes sur l’accès à internet en milieu scolaire, principal vecteur d’égalité des chances pour certains pans de la population, des données issues de la participation des jeunes suggèrent un niveau faible d’accès à internet. Eurostat affirme dans un rapport de mars 2015: « La grande majorité des jeunes utilise internet à la maison, environ la moitié au domicile d’autres personnes et quelque 40 % dans une structure d’enseignement ».
 


LE MOT DES ENSEIGNANTS

Les enseignants doivent être présents et actifs très tôt auprès des petits – des bébés aux jeunes enfants –, car des bases solides leur seront précieuses plus tard pour savoir se comporter en ligne et hors ligne.

Formateur en développement du jeune enfant,Riga


Concernant les aptitudes numériques, trop d’enfants, même en Europe, ne peuvent jouir ou jouir pleinement des enseignements de base du fait de leur pauvreté, de leur genre, de leur appartenance ethnique ou de l’endroit où ils vivent. L’OCDE estime par exemple qu’en France, en 2016, 168 000 élèves ne disposent pas à l’âge de 15 ans des acquis élémentaires nécessaires pour évoluer dans une société moderne, et seuls sept pays européens de l’OCDE se classent au-dessus de la moyenne pour les compétences des adultes en littératie.

Les obstacles culturels à un accès et une inclusion pour tous, et à l’acquisition des savoirs numériques de base sont aussi difficiles à surmonter que les obstacles sociaux, et ne dépendent pas toujours directement de la situation socio-économique. 

On constate aujourd’hui une nouvelle fracture numérique : certains enfants sont mis en danger par un manque de surveillance et/ou par un accès excessif aux technologies, souvent dès la petite enfance, au détriment des activités sociales et physiques adaptées à leur âge. Ils peuvent ainsi sauter des étapes importantes de leur développement, avec des répercussions durables sur leurs facultés d’apprentissage.
 

LE MOT DES PARENTS

Il y a beaucoup de points communs entre la citoyenneté « dans le monde réel » et en ligne. Certains se contentent de protester en ligne, avec la fausse impression que cela sert à quelque chose et ne se déplacent même pas pour les élections.

Association européenne des parents


À tout âge, l’équilibre entre activités en ligne et hors ligne est important pour le développement des capacités d’empathie, d’observation et d’écoute, et pour la mise en place de stratégies de coopération – compétences clés pour la citoyenneté numérique. Pour devenir un citoyen actif, il faut aussi se connaître et prendre du recul sur soi-même, ce qui suppose aujourd’hui de savoir quand et comment utiliser ou non les technologies, et de comprendre l’impact et la portée de nos paroles et de nos actes dans l’espace numérique.