Culture, patrimoine et diversité

 

Les cités interculturelles au Japon

 

En novembre 2009, une délégation de représentants du programme "Cités interculturelles" s’est rendue au Japon à l’invitation de la Japan Foundation. La délégation a visité plusieurs villes comptant une proportion relativement élevée de résidents étrangers – Kani, Minokamo et Kobe (jusqu’à 10 % de résidents étrangers, contre un taux global de 1,7 % dans l’ensemble du pays), ainsi que Tokyo – afin d’évaluer les expériences japonaises d’intégration au niveau local par rapport à l’approche du programme des "Cités interculturelles".

 

Le traitement des résidents étrangers au Japon a suivi jusqu’à présent le modèle du travailleur invité (pour un résumé de ce modèle et d’autres modèles pertinents, voir le document présentant le concept de cité interculturelle).

 

Certains des principaux défis que les villes japonaises doivent relever à cet égard concernent l’absence d’accès adéquat et cohérent aux droits sociaux (pension, santé), l’éducation (la scolarité n’est pas obligatoire pour les enfants non japonais) et la participation à la vie publique.

 

Le projet de promotion des communautés multiculturelles lancé en 2006 par le ministère de l’Intérieur et des Communications et une organisation rassemblant plus de 20 villes accueillant une population immigrée s’efforce de traiter certains de ces problèmes, en utilisant le concept de "symbiose multiculturelle" qui présente beaucoup d’éléments communs avec l’approche de l’intégration interculturelle.

 

La ville de Minokamo (qui compte environ 55 000 habitants, dont près de 11 % de résidents étrangers de 33 nationalités différentes) offre un exemple des efforts importants que certaines municipalités japonaises consentent pour transformer ce concept en réalité.

 

Une enquête effectuée par la ville a fait apparaître un taux relativement élevé de ségrégation ethnique (45 % des habitants n’ont jamais parlé à des résidents étrangers et près de 50 % s’inquiètent de la présence accrue de résidents étrangers dans la communauté), ainsi que de sérieux problèmes sociaux pour les familles immigrées, encore aggravés par la crise économique actuelle. Ces problèmes sont dus essentiellement à la barrière linguistique, car les travailleurs étrangers et leurs familles ont assez peu de possibilités d’apprendre le japonais, et sont encore moins incités à le faire en raison de la courte durée des contrats de travail.

 

La ville de Minokamo a élaboré un projet de développement multiculturel de la communauté pour traiter ces problèmes. Un des principaux atouts du projet est le partage des responsabilités entre les autorités municipales, la société civile et le monde des affaires.