Objectif : Le projet de sensibilisation du public a été mis en œuvre par trois villes polonaises – Lublin, Cracovie et Wrocław – décidées à s’attaquer au problème épineux du discours de haine à l’encontre des minorités. Dans ce cadre, elles ont élaboré des contre-arguments communs et analysé les contextes locaux du phénomène. Leur objectif était aussi de sensibiliser les communautés d’accueil au problème du discours de haine et aux outils disponibles pour le prévenir et le combattre.
Point de départ : De nombreux travaux de recherche et études montrent clairement les effets négatifs du discours de haine sur la cohésion sociale. Cependant, éliminer le discours de haine n’est pas chose aisée en raison de plusieurs facteurs, notamment la définition ambiguë de ce type de discours et le manque de critères précis pour l’identifier. Pourtant, il est toujours possible de lutter contre le discours de haine en s’attaquant à ses causes profondes, par exemple en encourageant l’éducation aux droits humains et l’esprit critique et en favorisant l’acquisition d’une culture de la démocratie et de compétences en matière de dialogue interculturel. Les travaux visant à déconstruire les contenus haineux en utilisant un contre-discours fondé sur des messages positifs et inclusifs sont aussi efficaces.
Les trois villes polonaises membres du programme ICC, à savoir Lublin, Cracovie et Wrocław, étaient parvenues à la conclusion que le discours de haine était l’un des principaux obstacles à l’inclusion interculturelle. Elles ont donc demandé une subvention à l’ICC – qui leur a été accordée – pour lancer ensemble un projet de prévention du discours de haine et de lutte contre ce phénomène dans leurs villes.
Processus : Les trois villes ont décidé de mettre en œuvre le projet dans le cadre de processus participatifs et en mobilisant l’ensemble des acteur·rice·s concerné·e·s, y compris les nouveaux·elles arrivant·e·s, les habitant·e·s et les organisations locales de la société civile. Pour ce faire, elles·ils se sont associé·e·s à l’Institut de recherche sur l’avenir du Collegium Civitas (université de Varsovie) et à une agence privée.
Le projet conjoint a lancé au second semestre 2021. La première étape a consisté à analyser de manière approfondie le contexte local du discours de haine, afin d’établir un premier diagnostic de l’ampleur et des manifestations du phénomène en ligne et hors ligne dans les trois villes participantes. L’analyse du contexte local a été préparée sur la base de recherches documentaires, d’entretiens individuels avec des acteur·rice·s locaux·ales ou des expert·e·s (5 ou 6 par ville) et de discussions de groupe (auxquelles ont participé des ONG locales, des collectivités locales et des expert·e·s).
Les résultats de l’analyse du contexte local ont été présentés lors de réunions en ligne avec les villes. Il s’est avéré que, plutôt que de s’attaquer aux expressions concrètes du discours de haine et de les contester, il serait plus efficace et plus durable d’élaborer des contre-arguments et une campagne qui pourraient être utilisés sur le long terme pour construire une image positive des nouveaux arrivants et promouvoir les atouts d’une société diversifiée. La campagne pourrait être reproduite par la suite dans d’autres villes polonaises.
Ces conclusions, ainsi que trois propositions de campagnes, ont été présentées aux habitants des trois villes lors de réunions virtuelles. À l’issue d’un vote, c’est le slogan « A TO MY » (jeu de mots autour du mot polonais ATOMS / C’EST NOUS) qui a été choisi comme titre de la campagne.
Une agence privée a imaginé une campagne autour du slogan « A TO MY » et l’a présentée en ligne à la fin du projet, le 17 décembre 2021. L’événement a également servi de plateforme sonder l’intérêt d’autres villes polonaises et les inciter à participer à la campagne.
Le matériel de campagne est accompagné d’un manuel qui présente des méthodes permettant de détecter des problèmes concrets, ainsi que des outils et des actions pour lutter contre le discours de haine.
Impact : La conception de la campagne a suscité un débat public, non seulement parmi les élu·e·s locaux·ales, mais aussi parmi les communautés de nouveaux·elles arrivant·e·s et d’accueil, et a attiré l’attention des médias. La campagne et les matériels qui l’accompagnent ont été mis à la disposition du public et peuvent être utilisés à tout moment par n’importe quel acteur ou aucune actrice local·e ou n’importe quelle ville polonaise.
Surtout, le processus de création de la campagne et de ses outils a réuni pour la première fois les autorités et les acteur·rice·s locaux·ales des trois villes polonaises membres du réseau ICC. Grâce à ce projet commun, les villes ont établi une plateforme pour débattre du problème du discours de haine et, plus largement, des méthodes pour appliquer des approches interculturelles au quotidien.
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