Un colloque international intitulé « Les juridictions constitutionnelles : Ponts du droit et dynamiques de dialogue » s’est tenu les 29 et 30 juin 2026 à Tétouan, au Maroc, réunissant des experts de renom, des membres de cours constitutionnelles, des universitaires et des magistrats venant du Maroc, de France, d’Italie, d’Espagne, de Tunisie et d’Égypte. L’événement, co-organisé par la Faculté des sciences juridiques, économiques et sociales de l’Université Abdelmalek Essaâdi et la Commission de Venise du Conseil de l’Europe, a porté sur le rôle évolutif de la justice constitutionnelle face aux transformations mondiales.
Le colloque a débuté par une conférence inaugurale de la Professeure Nadia Bernoussi, membre de la Commission de Venise au titre du Maroc, sur les défis auxquels font face les cours constitutionnelles : « Le juge des lois entre le marteau et l’enclume : l’indépendance de la justice à l’épreuve de la politique ». Ses propos stimulants ont mis en lumière l’équilibre quotidien et délicat entre fidélité au droit et pressions politiques, soulignant que l’indépendance judiciaire n’est jamais définitivement acquise.
Parmi les intervenants principaux figuraient Claire Bazy-Malaurie, ancienne membre du Conseil constitutionnel français et ancienne Présidente de la Commission de Venise, et Cesare Pinelli, membre suppléant de la Commission de Venise au titre de l’Italie. Bazy-Malaurie a évoqué la liste actualisée des critères de l’État de droit, élaborés par la Commission de Venise, en insistant sur leur importance en tant que références internationales pour évaluer les systèmes constitutionnels. Pinelli, pour sa part, a abordé l’importance croissante des réseaux transnationaux et du dialogue constitutionnel, et leur impact sur la circulation et l’évolution des normes juridiques.
Les débats ont exploré la responsabilité grandissante des cours constitutionnelles, non seulement dans le contrôle des normes, mais aussi dans la préservation de la stabilité institutionnelle, la protection des libertés et le renforcement de la démocratie. D’autres experts se sont référés au contrôle constitutionnel comme garantie essentielle permettant à la majorité d’exercer son pouvoir dans le cadre des limites constitutionnelles et ont examiné les fondements de l’État de droit et les diverses expériences de dialogue judiciaire entre pays, le rôle et la visibilité publique des juges constitutionnels et l’équilibre entre discrétion et transparence ou encore les valeurs universelles et les droits protégés par la justice constitutionnelle.
Un moment fort du Colloque a été la présentation de la liste actualisée des critères de l’État de droit en arabe, et le lancement de l’exposition itinérante sur l’État de droit à l’Université de Tétouan — marquant deux étapes importantes dans la promotion des valeurs constitutionnelles à travers les langues et les régions.
En reflétant la richesse des échanges intellectuels, le Colloque a réaffirmé une ambition commune : renforcer l’État de droit, protéger les droits humains, consolider la démocratie constitutionnelle et préserver l’indépendance des juges.

