Ce court jeu de rôle traite de la difficulté à identifier la violence et les auteurs de violence à partir de signes avant-coureurs. Elle apporte des bases intéressantes de discussion sur la façon dont la société romance des relations qui peuvent impliquer de la violence et de l’oppression.
Complexité : Niveau 3 | Durée : 60 minutes | Taille du groupe : 10 à 20
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« Si vous pensez que la taille est déterminante pour avoir une quelconque influence, essayez donc de dormir avec un moustique dans votre chambre.»
Anita Roddick

Objectifs

  • Discuter des limites d’une relation sûre et égalitaire
  • Apprendre à reconnaître les signes avant-coureurs d’une relation abusive
  • Discuter du rôle de l’éducation et/ou du travail de jeunesse dans la prévention de la violence dans les relations intimes

Matériels

  • Copies de l’histoire du Chevalier servant pour Susie, le narrateur et le chevalier

Préparation

Avant de démarrer, familiarisez-vous avec la question de la violence dans les relations. La section La violence fondée sur le genre de de site web permet d’identifier les différentes formes d’expressions de la violence fondée sur le genre, et notamment la violence domestique et dans les relations intimes ainsi que les problèmes potentiels qui se posent du point de vue des droits humains.

Choisissez deux participants ou membres de votre équipe pour vous aider à coanimer cette activité. Informez-les à l’avance de ce qui va se passer. Donnez à chacun un exemplaire de l’histoire du Chevalier servant. Si possible, la personne qui joue Susie (et qui est courtisée) devra être une femme. Si aucun participant ne vous semble convenir pour ce rôle, confiez-le à un membre féminin de votre équipe. L’autre participant ou membre d’équipe sera le narrateur. Vous (l’animateur) jouerez le rôle du Chevalier servant. 

Préparez l’espace de travail afin que tous les participants puissent s’asseoir face aux acteurs dans les meilleures conditions d’observation.


Instructions

1) Expliquez aux participants qu’ils vont écouter une brève histoire, celle du « Chevalier servant », et qu’ensuite se déroulera une discussion sur les problèmes soulevés et les sentiments éveillés par le scénario. 

2) Les acteurs se déplacent au centre de la salle. Vous (l’animateur) êtes le Chevalier servant. Vous devez vous agenouiller devant Susie ou vous asseoir à côté d’elle, et lui prendre la main. Il est préférable que vous puissiez lui faire la cour sans lire le texte. Si possible, donc, apprenez le dialogue par coeur. Le narrateur se tient sur le côté de la scène et conduit le récit. 

3) Après « la scène de la cour », et lorsque l’histoire est terminée, observez le visage des participants pour y lire leurs réactions et leurs émotions. S’ils vous paraissent un peu choqués ou bouleversés, accordez-leur une courte pause pour qu’ils prennent acte de leurs impressions et y réfléchissent.

Débriefing et évaluation

Débutez le débriefing en demandant à la personne qui a le joué le rôle de Susie de faire part de ses impressions et sentiments au sujet de son personnage.

Poursuivez en posant au groupe les questions ci-après :

  • Qu’avez-vous ressenti à la lecture de cette histoire ? Pourquoi ?
  • Que pensez-vous de cette relation ?
  • Selon vous, à quel moment Susie aurait-elle dû se rendre compte que cette relation était dangereuse ?
  • Quels signes indiquent que la relation devient violente ?
  • Que nous apprend cette histoire au sujet des relations amoureuses ?
  • Où se termine une relation véritablement égalitaire et où commence une relation violente ?
  • D’où nous viennent nos connaissances concernant ce que doit être une relation ? Ces sources de connaissances sont-elles fiables ?
  • Quels sont les droits humains violés dans les cas de violence domestique ? 
  • Comment les conceptions romantiques des relations affectent-elles les jeunes ?
  • Que pouvez-vous faire pour sensibiliser les jeunes à l’égalité entre les femmes et les hommes ?

Conseils pour l’animation

Cette activité peut générer de fortes émotions chez certains participants. Elle doit donc se dérouler dans un environnement sécurisant. Elle ne convient pas à un groupe dont les membres viennent juste de se rencontrer. Si les participants sont venus pour une unique session de formation résidentielle, nous vous suggérons de ne pas leur proposer cette activité avant qu’ils n’aient travaillé ensemble quelques jours. La confiance mutuelle entre les participants, et en l’animateur, est essentielle au succès de l’activité.

N’oubliez pas que vous ne savez pas nécessairement « qui est dans la salle ». Certaines personnes peuvent vivre ou avoir vécu une relation violente. Vous devez donc éviter de mettre ces personnes sous pression en les obligeant à révéler une expérience. Lors du débriefing, essayez de formuler les questions d’une manière générale pour que les participants n’aient pas à y répondre de façon personnelle. 

Sachez également qu’une telle expérience peut laisser chez les participants un souvenir pénible et que, en tant qu’animateur, il vous incombe d’en gérer les conséquences psychologiques. Si un participant est ému ou se met à pleurer, vous devez être préparé à gérer la situation avec lui et avec l’ensemble du groupe.


Suggestions de suivi

Essayez l’activité « L’histoire de Kati » avec le même groupe pour explorer plus avant le thème de la violence domestique et dans les relations intimes. Vous pouvez vous référer à la section La violence fondée sur le genre pour obtenir de plus amples renseignements sur la violence domestique. Vous pouvez également utiliser la section Agir pour examiner avec les participants les moyens d’agir contre la violence fondée sur le genre, y compris la violence domestique. 


Idées d’action

Les participants pourraient se mettre en contact avec une ligne d’aide locale ou un foyer pour les femmes victimes de violence domestique, afin de mieux appréhender l’ampleur du problème dans leur communauté. Vous pourriez également organiser une rencontre avec des personnes travaillant dans les organisations concernées. Les participants pourraient effectuer des recherches en ligne, ou s’informer auprès de la police, afin d’identifier les mesures déployées pour lutter contre la violence familiale. Ils pourraient concevoir pour les jeunes un outil expliquant ce qu’est la violence familiale et indiquant les services de soutien à la disposition des victimes au plan local. Si de tels services n’existent pas, les participants pourraient concevoir une campagne pour qu’ils soient mis sur pied.