Cette activité traite de la sécurité des jeunes LGBT+ dans différents contextes du quotidien. Les participants doivent se positionner le long d’un mur, selon qu’ils estiment chacune des situations évoquées plus ou moins risquée pour des personnes LGBT+ qui ne dissimulent pas leur orientation sexuelle.
Complexité : Niveau 2 | Durée : 40 à 60 minutes | Taille du groupe : 10 à 30
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Complexité : Niveau 2


Durée : 40 à 60 minutes


Taille du groupe : 10 à 30


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« La sécurité du peuple est la loi suprême. »
Marcus Tullius Cicero

Objectifs

  • Sensibiliser les participants au fait que les jeunes ouvertement LGBT+ peuvent ne pas se sentir en sécurité dans certains lieux (publics)
  • Réfléchir à ce que signifie être en sécurité lorsque son identité de genre ou son orientation sexuelle n’est pas acceptée par la société
  • Discuter des menaces qui pèsent sur les droits fondamentaux des personnes LBGT+

Matériels

  • Une pièce vide, suffisamment grande pour que les participants puissent se déplacer
  • Trois grandes feuilles de papier portant les titres : « EN SÉCURITÉ », « EN DANGER » et « JE NE SAIS PAS ».

Préparation

Préparez trois grandes feuilles de papier portant les inscriptions « EN SÉCURITÉ », « EN DANGER » et « JE NE SAIS PAS ». Accrochez les deux premières affiches en les espaçant suffisamment sur un grand mur le long duquel les participants pourront se déplacer. 

L’affiche portant l’inscription « JE NE SAIS PAS » doit être placée dans un coin ou sur un autre mur, face aux deux autres affiches.


Instructions

1) Demandez aux participants d’imaginer que le mur est une « échelle d’opinion » géante matérialisée par les deux affiches « EN SÉCURITÉ » et « EN DANGER ». Présentez les affiches sur le mur et précisez que ceux qui n’ont aucune idée de la façon de répondre peuvent choisir l’option « JE NE SAIS PAS ».

2) Expliquez aux participants qu’ils vont devoir imaginer les niveaux de sécurité de personnes ouvertement LGBT+ lors de divers événements ou en divers lieux, et se positionner sur l’échelle en conséquence.
Lisez à haute voix chacun des événements ou des lieux ci-dessous, en laissant aux participants le temps de se positionner en silence entre chaque lecture :

  • dans un bar accueillant les gays ou les lesbiennes
  • durant une discussion en classe
  • dans un festival de musique
  • lors d’une discussion en classe durant laquelle sont formulées des remarques racistes, homophobes et xénophobes
  • dans une librairie pour gays et lesbiennes
  • sur le lieu de travail
  • dans un club de jeunes local d’une zone urbaine culturellement très diversifiée
  • lors de l’achat de préservatifs à la pharmacie d’un village
  • lors d’un match de football
  • lors d’une conférence ou d’une session de formation où certains participants font des remarques homophobes.

3) Après la lecture de chaque énoncé, demandez aux participants de justifier leur position : à chacun d’expliquer pourquoi il pense qu’il est sûr ou risqué pour les personnes LGBT+ d’afficher leur orientation sexuelle dans ce cas. Encouragez les participants à discuter avec les détenteurs de points de vue différents, mais veillez à ce qu’ils parlent en connaissance de cause ou fournissent des arguments pertinents et concrets. L’objectif est que chacun parle en son nom plutôt que d’expliquer pourquoi les autres ont tort – même si faire référence aux arguments des autres est tout à fait acceptable.
N’oubliez pas d’inviter aussi les participants qui ont opté pour « Je ne sais pas » à exprimer ce qu’ils veulent partager ou à vérifier s’ils sont dorénavant mieux informés et pourraient ainsi se situer sur l’échelle d’opinion. Répétez cette procédure pour certains ou tous les cas de la liste. Décidez à l’avance combien de temps vous aimeriez consacrer à la discussion de chaque cas (5 à 10 minutes, recommandé). Cela vous donnera une idée du temps dont vous avez besoin pour l’ensemble de l’activité.

4) Invitez les participants à passer au débriefing.

Débriefing et évaluation

Commencez par inviter les participants à partager ce qu’ils ressentent après l’activité.

  • Ont-ils été surpris par certaines positions adoptées ou certains arguments avancés ?
  • Pourquoi y avait-il des différences dans la perception de la sécurité de ces contextes pour les personnes ouvertement LGBT+ ?
  • D’après l’activité, quelles sont certaines des caractéristiques des contextes considérés comme « dangereux » pour les personnes LGBT+ ?
  • Quelles sont certaines des caractéristiques des contextes considérés comme « sûrs » pour les personnes LGBT+ ?
  • Pouvez-vous identifier, à partir de votre contexte local, les situations qui sont « sûres » ou « dangereuses » ?
  • Quels sont certains des dangers auxquels sont confrontés les jeunes ouvertement LGBT+ dans votre contexte local ?
  • Y a-t-il d’autres aspects de l’identité, autres que l’appartenance à la catégorie des personnes LGBT+, qui pourraient amener quelqu’un à se sentir en danger dans votre contexte local ?
  • Selon vous, que peuvent faire les personnes dans ces contextes pour aider les personnes ouvertement LGBT+ à se sentir en sécurité ? Donner des exemples des différents contextes.
  • Quelles précautions les jeunes LGBT+ peuvent-ils prendre pour améliorer leur propre sécurité ?
  • Pourquoi certaines personnes ont-elles des difficultés à imaginer le niveau de sécurité de certains lieux (les positions « Je ne sais pas ») ?
  • Quelles menaces pèsent sur les droits fondamentaux des personnes LGBT+ dans votre communauté / pays ? Peut-on les écarter ? Comment ?

Conseils pour l’animation

Vous devez réfléchir au moment adapté pour organiser cette activité avec votre groupe, en fonction du groupe lui-même et des objectifs spécifiques que vous visez. Vous choisirez peut-être de ne pas l’organiser au début d’une formation si les participants ne se connaissent pas encore et ne se sentent pas suffisamment en sécurité pour remettre en question les opinions des autres ou exposer leurs expériences personnelles. Vous devez vous assurer que les participants ont une compréhension basique de la terminologie et de ce qu’implique le fait de révéler son identité de genre (« coming out »). Vous trouverez plus d’informations sur ces questions au chapitre 4, dans la section sur les personnes LGBT+. 

Selon la composition de votre groupe et les expériences des participants, l’activité peut amener certains à partager des expériences personnelles de violence et d’insécurité. Vous devez être prêt à faire face à de telles expériences et aux émotions qu’elles pourraient susciter. Cependant, vous devez également indiquer clairement aux participants au début de l’activité qu’ils ne doivent pas se sentir obligés de partager quoi que ce soit de gênant pour eux.

Il peut être précieux de faire appel à un coanimateur, afin qu’il vous apporte son aide en prenant des notes ou en soutenant les participants qui auraient besoin d’une pause pendant l’activité.

Surtout si vous travaillez avec un groupe local, vous informer de tous les cas et situations où il y a eu de la violence contre des personnes LGBT+ vous aidera à guider la discussion entre les participants.

Si votre groupe a une connaissance et une expérience limitées des personnes LGBT+, vous risquez d’être confronté à la situation où « Je ne sais pas » est la réponse la plus courante. Pour éviter cela, vous pouvez retirer cette option et les inciter à faire un choix entre « EN SÉCURITÉ » et « EN DANGER ».
La liste des cas proposée n’est pas exhaustive. Vous pourriez la réviser pour l’adapter à la réalité de votre groupe. 

Pour le débriefing, il peut être utile que l’animateur ou un coanimateur ait pris note des résultats pour chaque situation et que ces résultats soient exposés aux participants, afin de les aider à se rappeler combien de personnes pensaient que le contexte n’était pas sûr ou sécuritaire, etc. Noter certains des arguments utilisés par les participants vous permettra de vous y référer plus tard au cours de la discussion. 

La question de la sécurité dans les espaces publics est également importante pour les femmes, ainsi que du point de vue de la discrimination intersectionnelle. Vous pourriez dresser une liste des rôles à jouer par les participants et leur demander de se positionner en fonction de leur niveau de sécurité perçu. Une telle liste pourrait inclure des rôles tels qu’être une jeune femme, une jeune personne LGBT+ d’une communauté ethnique, etc.


Suggestions de suivi

Vous pourriez essayer l’activité « Quelle est votre position ? », de Repères, en utilisant des énoncés adaptés aux thèmes du genre et de la violence fondée sur le genre.
L’activité pourrait également être suivie d’un examen des cas privés de violence fondée sur le genre - par exemple, en utilisant « L’histoire de Kati » ou « L'impact de la violence fondée sur le genre » de ce manuel.


Idées d’action

Vous pourriez poursuivre le travail avec les participants sur la question de la sécurité et de l’inclusion au sein de leurs organisations et groupes. Ils pourraient effectuer une « analyse de l’inclusivité » de votre groupe ou d’une autre organisation à laquelle ils appartiennent. Une telle analyse peut être effectuée en examinant les politiques et pratiques organisationnelles pour vérifier si elles sont sûres, accueillantes et ouvertes aux jeunes personnes LGBT. Sachez que ce type d’examen exige, de votre part et de la part des autres membres de votre organisation, une grande ouverture d’esprit à la critique. 

Vous pourriez également suggérer que les jeunes effectuent des recherches dans la communauté locale pour identifier les lieux où des violences ciblant des personnes LGBT+ se sont produites. Ils pourraient travailler à sensibiliser la communauté à ces questions en organisant une marche silencieuse pour mettre en évidence les cas de violence, ou créer des cartes en ligne qui illustrent l’ampleur du problème et donnent des indications sur les services de soutien disponibles dans la communauté.

Vous pouvez également inviter des représentants des forces de l’ordre à discuter avec votre groupe des mesures qu’ils adoptent (ou n’adoptent pas) pour prévenir et suivre les cas de violence contre les personnes LGBT+.