À l’approche de la Journée pour la protection des enfants contre l’exploitation et les abus sexuels, célébrée le 18 novembre, le Secrétaire Général du Conseil de l’Europe, Alain Berset, a souligné l’importance de collecter des données provenant de diverses sources, notamment des secteurs de l’éducation et de la santé, des lignes d’assistance téléphonique, des services de protection de l’enfance, des organisations de la société civile et des enfants eux-mêmes. Ces données sont essentielles pour élaborer de meilleures politiques, traduire les auteurs en justice et prévenir les abus sexuels.
« Pour être efficaces, les mesures que nous mettons en œuvre pour protéger les enfants et arrêter les agresseurs doivent être fondées sur des données probantes », a souligné le Secrétaire Général. « De nombreux États continuent de ne collecter que des données de base issues de la justice pénale, ou n’utilisent pas ces données de manière adéquate. Les faits et les chiffres contenus dans les rapports ne doivent pas rester sans effet : ils doivent être portés à la connaissance des responsables politiques et éclairer leurs décisions afin d’assurer la sécurité des enfants. La collecte de données est un premier pas dans la bonne direction, et un investissement qui en vaut la peine. »
Dans un récent rapport sur les mécanismes de collecte de données, le Comité de Lanzarote souligne l’importance de s’appuyer sur des sources de données autres que les statistiques pénales. En effet, bien souvent, les abus sexuels sur enfants ne sont pas signalés. Pour remédier à ce problème, de nombreux acteurs doivent être mis à contribution, notamment les services de protection de l’enfance, les structures multidisciplinaires pour les enfants victimes et témoins (telles que les Barnahus), les éducateurs et les professionnels de santé, qui peuvent recueillir de précieuses informations pour mieux comprendre la nature et les causes de l’exploitation et des abus sexuels concernant des enfants, et mettre au point des réponses efficaces.
Les enfants, qui sont les bénéficiaires finaux des politiques conçues pour les protéger, peuvent fournir des informations essentielles sur les risques auxquels ils sont exposés, les réalités de terrain et les approches qui fonctionnent ou qui ne fonctionnent pas. En outre, la collaboration avec les organisations de la société civile engagées dans la protection de l’enfance pourrait considérablement améliorer la qualité des données collectées, et la mise en place d’une plateforme centralisant les informations recueillies par les acteurs nationaux et locaux pourrait, quant à elle, améliorer la coordination des travaux. Cela suppose que tous les acteurs de la collecte de données s’accordent sur des méthodes standardisées de classification de leurs informations afin d’éviter les doublons et les incohérences.
La conférence de renforcement des capacités organisée à Chișinău le 18 novembre pour marquer la Journée pour la protection des enfants contre l’exploitation et les abus sexuels sera essentiellement axée sur le renforcement des mécanismes de collecte de données dans les États parties à la Convention de Lanzarote. Il s’agit du premier événement de grande envergure organisé sous la présidence moldave du Comité des Ministres du Conseil de l’Europe.
La Journée pour la protection des enfants contre l’exploitation et les abus sexuels, instituée par le Conseil de l’Europe en 2015, a pour objectifs de sensibiliser le public et de faciliter un débat ouvert sur l’exploitation et les abus sexuels concernant des enfants afin de mettre fin à la stigmatisation des victimes et des survivants.
Les mécanismes de collecte de données relatives à l’exploitation et aux abus sexuels concernant des enfants (le 3 juillet 2025)
Journée pour la protection des enfants contre l’exploitation et les abus sexuels
La Présidence moldave du Comité des Ministres du Conseil de l'Europe

