La directrice générale de la démocratie et de la dignité humaine du Conseil de l'Europe, Marja Ruotanen, a présenté les initiatives de l’organisation en matière de protection des enfants lors du Sommet de l’Alliance mondiale WeProtect à Abu Dhabi (4-5 décembre 2024). Cet événement historique a réuni plus de 600 intervenants multidisciplinaires du monde entier, en personne et en ligne, pour discuter et prendre des mesures préventives face aux tendances technologiques critiques qui auront un impact sur la sécurité des enfants en ligne au cours des prochaines années.
Lors de la session intitulée « Adapter la sécurité à l'échelle régionale », la directrice générale a souligné le rôle de premier plan du Conseil de l'Europe dans la protection des enfants contre l'exploitation et les abus sexuels. Cela comprend l’élaboration de normes juridiques, le suivi de leur mise en œuvre, la mise à disposition d’une plateforme de partage de bonnes pratiques et la fourniture d’une assistance technique par le biais de projets de coopération. Les travaux sont adaptés aux divers contextes juridiques, culturels et socio-économiques des 46 États membres du Conseil de l'Europe, ce qui rend les normes adaptables et attrayantes pour d'autres régions au-delà de l'Europe.
Un instrument clé en matière de protection des enfants est la Convention sur la protection des enfants contre l'exploitation et les abus sexuels (Convention de Lanzarote), qui est également ouverte à l'adhésion dans le monde entier. « La Convention de Lanzarote fournit un ensemble clair de lignes directrices, neutres sur le plan technologique, pour criminaliser toutes les formes d'exploitation sexuelle et d'abus sexuel sur des enfants, tant en ligne qu’hors ligne. Elle sert de modèle à tout pays qui élabore une législation et des politiques pour prévenir l'exploitation et les abus sexuels sur des enfants, protéger les victimes, poursuivre les auteurs d’infractions et promouvoir la coopération nationale et internationale », a noté Marja Ruotanen.
Elle a également souligné les avantages considérables que l’adhésion à la Convention de Lanzarote apporterait aux pays non européens, notamment une meilleure protection des victimes grâce au modèle pluridisciplinaire adapté aux enfants Barnahus (« Maison des enfants »), l’adhésion au Comité de Lanzarote pour l’évaluation par les pairs et le partage d’expériences, ainsi que l'accès à l’assistance technique et au renforcement des capacités du Conseil de l’Europe.
En conclusion, Marja Ruotanen a réaffirmé l’engagement du Conseil de l'Europe en faveur d’une collaboration mondiale dans la lutte contre les abus sexuels sur des enfants en ligne. « La lutte contre les abus sexuels sur des enfants en ligne est un problème mondial qui ne peut être résolu avec succès que par une coopération mondiale », a-t-elle conclu. « Nous avons hâte de poursuivre nos travaux avec toutes les parties prenantes et partenaires internationaux, notamment l’Alliance mondiale WeProtect, pour veiller à ce que les enfants du monde entier puissent explorer le monde numérique sans craindre les abus ou la violence. »

