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La Norvège est encouragée à prendre des mesures pour mieux protéger et promouvoir ses langues minoritaires

Le Comité d'experts du Conseil de l'Europe a publié aujourd'hui son rapport d'évaluation sur la mise en œuvre par la Norvège de la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires, en mettant l'accent sur les recommandations pour action immédiate formulées dans le huitième rapport d'évaluation en 2021. Les recommandations pour action immédiate comprennent la prise de mesures supplémentaires pour protéger et promouvoir le kvène, le same de Lule, le same du Nord, le same du Sud, le romanes et le romani en Norvège.

En ce qui concerne le kvène, le Comité s'est félicité de plusieurs mesures prises pour mettre en œuvre la recommandation visant à assurer une présence plus forte du kvène dans les médias, notamment en réintroduisant le kvène dans les émissions radiophoniques. Les autorités ont indiqué qu'elles avaient renforcé le rôle de la société publique de radiodiffusion (NRK) dans la promotion des langues minoritaires, y compris le kvène. Toutefois, le Comité a souligné que chaque langue minoritaire a ses propres besoins et que des plans individuels devraient être élaborés en coopération avec les locuteurs, au cas par cas, pour une approche plus ciblée et plus efficace.

Le Comité s'est félicité de l'allocation de fonds permanents à la langue kvène dans les jardins d'enfants, mais a souligné les risques liés au financement du kvène dans les jardins d'enfants par le biais de subventions, plutôt que par un financement structurel. Les experts ont également souligné la nécessité d'améliorer la situation du kvène dans l'enseignement primaire et secondaire et de veiller à ce que les élèves qui ont choisi le kvène comme deuxième langue poursuivent leurs études au niveau secondaire de deuxième cycle.

En ce qui concerne les recommandations relatives aux langues same de Lule, same du Nord et same du Sud, le Comité d'experts a salué les efforts déployés par les autorités pour augmenter le nombre d'interprètes disponibles et l'utilisation de la technologie pour faciliter la fourniture de services d'interprétation aux locuteurs de la langue same du Nord dans les situations où il n'y a pas d'interprètes disponibles en personne. Le Comité a encouragé les autorités à veiller à ce que des fonds suffisants soient disponibles pour mettre en place la formation d'interprètes en langues sames conformément à la nouvelle loi sur l'interprétation.

Les experts ont exhorté les autorités à s'abstenir de nouvelles réformes administratives qui laissent des zones traditionnellement sames en dehors des zones administratives sames et qui entravent l'accès à l'éducation en langue same. En outre, le Comité attend avec intérêt des informations sur les mesures prises pour renforcer les compétences des services de soins et des maisons de retraite pour les utilisateurs sames.

Les autorités ont mis en place plusieurs initiatives visant à promouvoir le romanes dans l'enseignement et dans la vie publique en général. La création d'une école maternelle norvégienne-romanes est d'une grande importance pour aider à préserver la langue et lui donner une visibilité au sein de la société norvégienne. De même, la présence de médiateurs parlant le romanes dans les écoles peut servir de pont entre les écoles, les enfants et leurs familles, faciliter la compréhension mutuelle et promouvoir l'utilisation de la langue dans la vie publique. Il existe également un projet pilote visant à inclure un programme d'étude et d'enseignement du romanes au niveau universitaire.

Cependant, le Comité d'experts a jugé inquiétant le manque d'interprètes certifiés en langue romanes lorsqu'il s'agit d'enfants pris en charge par le système d'aide sociale. Les enfants représentent un groupe nécessitant une protection spéciale et ils devraient pouvoir parler leur propre langue lorsqu'ils sont confrontés à des situations difficiles où ils sont séparés de leur famille. Il invite donc les autorités norvégiennes à étudier les possibilités de certification des interprètes de langue romanes afin de garantir la disponibilité d'une interprétation de qualité en cas de besoin, en particulier lorsqu'il s'agit d'enfants.

Dans le rapport, le Comité d'experts s'est inquiété de l'absence d'informations spécifiques sur les mesures actuellement envisagées pour promouvoir le romani dans la vie publique, en particulier dans l'éducation, et a encouragé les autorités à mettre en œuvre cette recommandation dans un avenir immédiat, en coopération avec les orateurs.

Le Comité d'experts a également encouragé les autorités à impliquer activement les locuteurs du romanes et du romani dans l'élaboration et la mise en œuvre du nouveau plan d'action contre le racisme et la discrimination.

La Charte européenne des langues régionales ou minoritaires est la Convention européenne pour la protection et la promotion des langues utilisées par les minorités traditionnelles. La Norvège a été le premier État à ratifier la Charte en 1993 et elle est entrée en vigueur dans le pays en 1998. Elle s'applique aux langues suivantes : kvène, romanes, romani, same de Lule, same du Nord et same du Sud.

24/03/2023
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