Retour Les jeunes explorent l’IA, la paix et la sécurité numérique lors de la 25e Université sur la jeunesse et le développement

Les jeunes explorent l’IA, la paix et la sécurité numérique lors de la 25e Université sur la jeunesse et le développement

Les journées centrales de la 25e Université sur la jeunesse et le développement (UYD) ont permis aux participant·es d’explorer concrètement la thématique de cette année à travers une série d’ateliers interactifs fondés sur les méthodologies de l’éducation non formelle. Organisées dans le cadre du Programme conjoint mis en œuvre par le Centre Nord-Sud du Conseil de l’Europe, cinq sessions réparties entre deux parcours d’apprentissage ont permis aux jeunes de dialoguer directement avec des expert·es, de travailler sur des situations concrètes et d’échanger leurs points de vue avec leurs pairs.

La première session s’est intéressée aux évolutions de l’environnement numérique et à la manière dont les organisations de jeunesse peuvent y évoluer. À l’occasion de la première présentation publique de la Stratégie numérique de l’Agence nationale espagnole pour Erasmus+ Jeunesse et Sport et le Corps européen de solidarité, Ana Cuevas, cheffe du domaine des programmes européens à l’INJUVE, a présenté ses principaux objectifs, ses différentes phases de mise en œuvre et son impact attendu sur les organisations de jeunesse et les organisations éducatives. Elle a également expliqué comment l’intelligence artificielle est déjà utilisée dans le cadre des programmes Erasmus+ et du Corps européen de solidarité, tout en invitant les organisations à réfléchir aux critères à prendre en compte avant d’intégrer l’IA à leurs propres projets.

Comprendre les possibilités offertes par les technologies implique également d’être en mesure d’en identifier les risques. Lors d’un atelier consacré à la lutte contre la cybercriminalité et les préjudices numériques, le commissaire adjoint Jose Martinez Marin, du département de la police locale de Murcie, a invité les participant·es à travailler sur six scénarios inspirés de cas réels : hameçonnage, images générées par l’IA ciblant des établissements scolaires, deepfakes audio et vidéo utilisés dans le cadre de crimes de haine et attaques par rançongiciel. Réparti·es en six groupes, les participant·es ont apporté à la discussion des expériences et des perspectives issues de différents systèmes juridiques et contextes numériques. Les échanges ont néanmoins montré leur capacité à aborder des situations complexes et à travailler ensemble pour identifier des réponses adaptées.

Les participant·es ont ensuite été invité·es à approfondir leur compréhension de la technologie elle-même. À partir du manuel AUTOMA, Beatriz Melo, du Service de la jeunesse du Conseil de l’Europe, a présenté une ressource destinée aux professionnel·les de l’éducation. Le manuel vise à développer les connaissances, compétences, attitudes et valeurs dont les jeunes ont besoin pour comprendre les systèmes d’intelligence artificielle et interagir avec eux de manière critique. Les participant·es ont pu découvrir l’outil et l’expérimenter directement, dans une approche combinant éducation non formelle et éducation aux droits humains. L’objectif est de proposer aux professionnel·les de l’éducation une ressource flexible, associant activités pédagogiques et compréhension de la dimension technologique de l’IA, afin de contribuer au développement de la culture de l’IA chez les jeunes.

Les discussions ont également dépassé la seule question des technologies pour explorer la paix et la manière dont elle peut être construite au quotidien. En plein air, Tobias Drilling, du Conseil consultatif sur la jeunesse du Conseil de l’Europe, a animé une session consacrée à la Recommandation du Conseil de l’Europe sur l’éducation à la paix. Les participant·es ont été invité·es à traduire le langage des politiques publiques en créations artistiques réalisées de leurs propres mains, ouvrant une réflexion sur la place de la consolidation de la paix dans la vie quotidienne, aussi bien dans les espaces physiques que numériques. « Cela n’a pas vraiment d’importance que nous soyons dans l’espace numérique ou dans l’espace physique », a expliqué Tobias Drilling. Une participante a donné une forme concrète à cette réflexion en fabriquant un cœur brisé en carton, qu’elle a ensuite recousu à l’aide d’un morceau de corde. « J’ai fait cela parce que je crois que les politiques peuvent recoudre les cœurs brisés », a-t-elle expliqué.

Aujourd’hui, les participant·es ont été invité·es à réunir ces différentes dimensions autour d’une question centrale : comment devenir des acteur·rices d’une utilisation responsable de l’intelligence artificielle ? Lors de l’atelier « Understand, Detect, Govern, Act: Youth Leadership for Responsible AI », Maria Amparo Alonso Escobar, d’Ethical Artificial Intelligence for Human Development (EAiD), a invité les participant·es à examiner les indices visuels permettant d’identifier les contenus numériques manipulés. La discussion a fait écho à leurs expériences quotidiennes en ligne.

Les participant·es ont également apporté des exemples issus de leurs propres contextes nationaux. Une personne participante du Nigeria a évoqué les deepfakes qui avaient circulé lors des élections de 2022 et avaient été pris pour des images authentiques, suscitant une discussion sur la responsabilité des plateformes à l’égard des contenus qu’elles hébergent. Une personne participante de Moldova a souligné les efforts déployés par des plateformes telles que YouTube et Instagram pour détecter et signaler les contenus générés par l’IA. Une personne participante de Grèce a, pour sa part, insisté sur l’importance de vérifier les sources et de questionner les informations diffusées sans attribution claire.

Au fil des ateliers, un même fil conducteur s’est progressivement dégagé : être informé·e ne suffit pas ; l’information doit être transformée en connaissances, puis les connaissances en capacité d’agir. « J’ai hâte de raconter tout cela à mes parents », ont ainsi déclaré plusieurs participant·es à l’issue de la session. Leur réaction illustre l’un des objectifs de ces espaces d’apprentissage : permettre aux jeunes de mieux comprendre les technologies qui façonnent leur quotidien, d’en identifier les risques et les possibilités, et de se considérer comme des acteur·rices capables de contribuer à des environnements numériques plus responsables et à des sociétés plus pacifiques.


Organisée dans le cadre d’iLEGEND III (Intercultural Learning Exchange through Global Education, Networking and Dialogue), troisième cycle d’un projet conjoint de l’Union européenne et du Conseil de l’Europe, cofinancé par l’Union européenne et le Conseil de l’Europe, l’UYD est mise en œuvre par le Centre Nord-Sud du Conseil de l’Europe, avec le soutien de l’Institut espagnol de la jeunesse (INJUVE) et du Centre euro-latino-américain de la jeunesse (CEULAJ).


 

 

Mollina, Espagne 16/09/2026
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