Les travaux de la Conférence internationale de haut niveau, co-organisée par le Conseil supérieur du pouvoir judiciaire du Maroc et le Conseil de l’Europe — notamment la Commission européenne pour l’efficacité de la justice (CEPEJ) et le Service de lutte contre la violence à l’égard des femmes — se sont ouverts ce mercredi 29 avril 2026 à Rabat, sur le thème : « Parcours des femmes juges : 65 ans d’expérience marocaine et regards croisés».
Des magistrates marocaines, européennes et africaines ont pu partager leurs expériences professionnelles et identifier les facteurs susceptibles de faciliter l’accès des femmes juges aux postes de responsabilité. Ces parcours individuels ont permis de rendre hommage à la détermination des pionnières marocaines et internationales, mais aussi d’identifier les mécanismes institutionnels et les politiques publiques pouvant agir comme leviers pour favoriser la progression des magistrates vers des fonctions judiciaires plus élevées.
Si une progression vers la féminisation de la justice est une réalité en Europe et ailleurs, l’accès des femmes aux postes à responsabilité reste encore limité. « Comment briser le plafond de verre ? », telle a été la question centrale pour les magistrates présentes à la Conférence, venant du Maroc, du Cameroun, de la France, du Portugal, de la Suisse et du Togo.
Les débats de la première journée ont permis de constater que la simple présence des femmes dans les juridictions permettait certes de renforcer la légitimité du système judiciaire et de rendre la justice plus accessible aux citoyens, mais que des politiques actives en matière de parité restaient nécessaires. Comme l’a rappelé la procureure et ancienne Ministre de la Justice du Portugal, Mme Francisca Van Dunem, ces politiques doivent « garantir la possibilité de concilier les conditions particulières de leur travail avec la vie personnelle, assurer une maternité sans culpabilité, qui leur permettent de continuer à se soucier d’elles et des leurs ».
À l’issue de la séance inaugurale, un hommage a été rendu aux femmes ayant marqué, par leurs parcours, l’histoire de la justice marocaine.
Cette rencontre, ouverte par M. M’hammed Abdennabaoui, Président délégué du Conseil supérieur du pouvoir judiciaire, M. Hicham Ballaoui, Procureur général du Roi près la Cour de cassation et Président du Ministère public, Mme Zineb Adaoui, Premier président de la Cour des comptes, M. Dimiter Tzantchev, Ambassadeur de l’Union européenne, ainsi que Mme Marja Ruotanen, Directrice générale de la démocratie et de la dignité humaine, et Mme Clare Ovey, Directrice des droits humains, a été organisée dans le cadre du Programme MA‑JUST, cofinancé par l’Union européenne et le Conseil de l’Europe et mis en œuvre par ce dernier.


