Retour Le Comité anti-torture du Conseil de l'Europe (CPT) se rend à nouveau en Grèce pour des entretiens à haut niveau sur la réforme pénitentiaire

Le Comité européen pour la prévention de la torture et des peines ou traitements inhumains ou dégradants (CPT) du Conseil de l'Europe, conduit par son président, Alan Mitchell, s'est entretenu avec des membres du gouvernement à Athènes le 19 juin 2025.
Le Comité anti-torture du Conseil de l'Europe (CPT) se rend à nouveau en Grèce pour des entretiens à haut niveau sur la réforme pénitentiaire

La réunion, qui s'est tenue au bureau du Premier ministre (Megaro Maximou), s'est concentrée sur les mesures nécessaires pour lutter contre la crise chronique dans les prisons et pour réformer le système pénitentiaire. Les discussions ont fait suite aux conclusions des visites du Comité en 2021 et en janvier 2025, ainsi qu'aux précédents entretiens à haut niveau sur la réforme pénitentiaire en 2022 et 2023. Dans ce contexte, la délégation était désireuse de connaître les mesures prises par le gouvernement pour s'attaquer aux problèmes systémiques de surpopulation et de sous-effectifs dans les prisons ainsi que pour mettre en œuvre les recommandations du CPT.

Les entretiens, menés dans un esprit d'ouverture, ont été constructifs et toutes les parties ont exprimé leur volonté claire d’améliorer la situation désastreuse des personnes incarcérées dans les prisons grecques. Reconnaissant les problèmes structurels de longue date identifiés par le CPT et le rôle clé du Comité dans le processus de réforme, les autorités grecques ont fait part de leur ambition de développer un système pénitentiaire moderne. En particulier, elles ont présenté un programme de réforme multisectoriel sur cinq ans, entièrement chiffré, sous la coordination et la supervision du cabinet du Premier ministre, pour le redressement du système pénitentiaire.

Le nouveau plan d'action 2025 - 2030 prévoit notamment des mesures ciblées concernant la gestion de la surpopulation, l'amélioration des conditions de vie et du fonctionnement des prisons, la lutte contre le manque d'effectifs et la formation du personnel, l'amélioration des services de santé ainsi que le renforcement de la réinsertion sociale des personnes incarcérées. Le plan prévoit également des interventions ciblées à court terme, notamment l'entretien régulier des prisons existantes ainsi que la promotion et l'utilisation d'alternatives à l'emprisonnement, et des mesures à long terme, y compris un programme de 268 millions d'euros pour la construction de huit nouvelles prisons, augmentant la capacité globale du parc pénitentiaire de près de 4 000 places d'ici à 2030. Un calendrier précis de mise en œuvre a été annoncé. Le plan présente également des propositions claires concernant les coûts estimés et le financement prévu, ainsi que des contrôles et des examens annuels réguliers des progrès accomplis. En outre, des actions ciblées ont déjà été initiées pour améliorer l'offre de soins de santé et réformer les soins de santé mentale pour les personnes incarcérées.

La réunion était présidée par Akis Skertsos, ministre d'État au cabinet du Premier ministre, chargé de la coordination des politiques gouvernementales, qui a souligné l'importance de la réforme pénitentiaire comme une priorité pour l'ensemble du gouvernement, compte tenu de son rôle crucial dans l'efficacité du système de justice pénale. Le nouveau plan d'action a été présenté par le secrétaire général chargé de la politique de lutte contre la criminalité, Aristos Perris, et introduit par Michalis Chrysochoidis, ministre de la Protection des citoyens, et Giannis Lampropoulos, vice-ministre.

Par ailleurs, les différentes actions entreprises pour améliorer les soins de santé dans les prisons ont été présentées par Irini Agapidaki, ministre suppléante de la Santé, Dimitris Vartzopoulos, ministre adjoint de la Santé, et le professeur Giorgos Ar. Alevizopoulos, chef du département de psychiatrie de l'hôpital « Agioi Anargyroi ». Stelios Koutnatzis, secrétaire général du Premier ministre, a fourni des informations sur les efforts en cours pour garantir l'efficacité du recours interne pour les personnes détenues contestant leurs conditions de détention. L'ambassadeur Nicolas Sigalas, représentant permanent de la Grèce auprès du Conseil de l'Europe, et d'autres hauts fonctionnaires ont également participé à la réunion.

Le CPT était représenté par son président, Alan Mitchell, et Karin Rowhani-Wimmer, avec le soutien de Hugh Chetwynd, secrétaire exécutif, et Sebastian Rietz du secrétariat du CPT.

21/06/2025
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