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Le Comité anti torture se félicite des améliorations constatées en Irlande du Nord et encourage les autorités à poursuivre dans cette voie

le Comité pour la prévention de la torture du Conseil de l’Europe (CPT) salue les récentes améliorations constatées dans divers lieux de détention en Irlande du Nord, tout en soulignant que des progrès sont encore nécessaires à certains égards.
06/12/2018
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Le Comité anti torture se félicite des améliorations constatées en Irlande du Nord et encourage les autorités à poursuivre dans cette voie

Dans un rapport publié aujourd’hui, le comité insiste sur le « changement de culture considérable » qui s’est opéré au sein du service de police d’Irlande du Nord depuis les années 1990. Il indique que les garanties contre les mauvais traitements sont appliquées de façon satisfaisante et que la manière dont elles sont mises en œuvre dans plusieurs commissariats pourrait être qualifiée de bonne pratique.

Le CPT constate en outre que le système pénitentiaire du pays a fait l’objet d’une réforme de grande ampleur ces dernières années et que le nombre de détenus est en baisse. Néanmoins, le comité encourage les autorités à recourir davantage aux solutions alternatives à la détention.

En ce qui concerne la prison de Maghaberry, le CPT note que le nombre d’allégations de mauvais traitements physiques a considérablement diminué et que la plupart des détenus déclarent se sentir en sécurité. Cependant, malgré le large éventail d’activités proposées, le nombre de détenus qui restent en réalité confinés dans leur cellule plus de 23 heures par jour est bien trop important.

De plus, certains détenus sont maintenus en isolement pendant de longues périodes ; le CPT recommande qu’un système de soutien psychosocial soit mis en place pour faciliter leur réinsertion au sein de la population carcérale générale. Le rapport fait par ailleurs état de progrès significatifs dans l’administration de soins de santé dans la prison depuis la précédente visite du CPT en 2008, mais invite les autorités à mettre en place un programme stratégique antidrogue plus complet et à améliorer les soins psychiatriques qui sont dispensés.

D’après le rapport, la pénurie de personnel menace la sécurité des femmes détenues dans le centre pénitentiaire de Ash House et a des répercussions sur le temps passé par certaines d’entre elles en dehors de leur cellule. Il conviendrait aussi de renforcer le processus d’admission pour qu’il permette de déceler les abus sexuels et d’autres formes de violence fondée sur le genre.

Le rapport appelle également les autorités d’Irlande du Nord à améliorer les procédures et la coopération entre les divers services juridiques et sanitaires pour veiller à ce que les femmes vulnérables soient accueillies dans un environnement adapté où elles puissent être correctement prises en charge, au lieu d’être mises en prison.

Enfin, la délégation du CPT a précisé que l’unité psychiatrique de la clinique Shannon lui a laissé une impression très positive. Ainsi, cette structure se distingue par le calme, la bienveillance et l’humanité qui y règnent ; son personnel est très investi et les conditions matérielles y sont excellentes. Néanmoins, il est nécessaire de renforcer le soutien psychologique et d’accorder une plus grande attention à la prise en charge des patients souffrant de troubles liés à la toxicomanie.

Le rapport publié aujourd’hui, conjointement avec la réponse des autorités du Royaume-Uni, fait suite à une visite menée en 2018 en Irlande du Nord par une délégation du CPT.


Combattre la torture en Europe
www.cpt.coe.int

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